08 septembre 2007
Bonn, Allemagne: L’alphabétisation est un droit humain fondamental. Il est essentiel pour un pays d’offrir une éducation publique gratuite de qualité à tous ses citoyens. Le progrès dépend de l’apprentissage et de la formation de compétences novatrices, comme l’explique Junko Taguchi dans une interview accordée à l’Unité de Communication du programme VNU.
Q :
Quelle est le niveau d’alphabétisation au Bhoutan ?
R :
Les taux d’alphabétisation sont liés aux tranches d’âge. Le pourcentage est de 74,4 chez les personnes âgées de 15 à 24 ans. Il est de 80 % pour les hommes et 68 % pour les femmes. Ces chiffres sont tirés de l’Enquête Nationale sur la Population réalisée en 2005 au Bouthan. La même enquête révèle un taux d’alphabétisation de 52,8 % chez les adultes : 65 % sont des hommes et 38,7 % des femmes.
Q :
Quelle est la situation de l’enseignement ?
R :
Des disparités considérables dans les inscriptions et autres indicateurs dans le domaine de l’éducation persistent entre les zones rurales et les zones urbaines et entre les différentes catégories de revenus. Cette situation est également le fait de l’isolement et des difficultés d’accès des divers établissements humains au Bhoutan. On peut aussi parler de la nécessité d’adopter une approche plus inclusive pour améliorer l’accès à l’éducation et les besoins spécifiques des enfants handicapés. La nécessité d’élargir l’éducation secondaire grandit en même temps qu’augmente le nombre d’enfants qui terminent leur éducation primaire. Il est également nécessaire d’améliorer la qualité de l’éducation.
Q :
De quelle manière le programme VNU soutient-il la création d’environnements propices à l’alphabétisation au Bouthan?
R :
Il n’existe pas de programme ou projet qui soutienne directement l’alphabétisation à l’exception du projet de développement communautaire intégré pour la réduction de la pauvreté. Le projet est soutenu par le programme VNU et le Programme des Nations Unies pour le Développement. Sur le terrain il est exécuté par la Fondation Tarayana du Bouthan, une organisation à but non-lucratif. Des volontaires VNU ont aidé à la formation d’un comité villageois de volontaires (Tshokpa) pour assurer la mise en œuvre effective du projet. La construction de maisons fait partie de l’apprentissage. La formation de base en charpente et maçonnerie est organisée sur le tas, dans les villages – avec des hommes et des femmes construisant eux-mêmes leur maison, et qui ce faisant acquièrent des compétences qui, plus tard, leur permettront d’avoir un revenu régulier. Une formation à l’artisanat et en techniques agricoles améliorées sera également introduite afin de générer des revenus.
En attendant la fin de la construction de l’école primaire communautaire, les élèves sont accueillis au centre de formation communautaire. Les membres de la communauté, dont beaucoup ont participé à sa construction, y prennent des cours d’alphabétisation – occasion unique d’apprendre pour la plupart d’entre eux. Les adultes persévèrent pour parvenir à lire et à écrire leur langue, le dzongkha. Les formateurs et instructeurs organisent également des cours d’anglais, la langue de l’enseignement au Bhoutan et quelques enfants peuvent déjà réciter l’alphabet. La motivation est grande comme le sont les espoirs que l’éducation ouvre de meilleures perspectives d’avenir aux membres de la communauté, garçons et filles, hommes et femmes.
Q :
Quel soutien apporte le Gouvernement Royal pour assurer l’éducation primaire pour tous jusqu’en 2015?
R :
L’éducation gratuite pour tous a toujours été une priorité très importante pour le gouvernement du Bhoutan. En 2005, le pays était sur la voie de réaliser cet objectif, selon le Rapport d’avancement 2005 sur les OMD au Bhoutan. Tout en relevant plusieurs défis, le gouvernement met la priorité sur la qualité de l’éducation qui revêt une importance aussi grande dans la réalisation de cet objectif.