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Ecologie contre pauvreté
par Fabienne Copin
05 août 2002 BONN: Pour Solange Sandouidi, Volontaire des Nations Unies, l'urgence est dans la préservation de l'environnement si on tient à éviter que la précarité ne dérape sous l'effet du climat sec et l'ignorance des problèmes liés à l'environnement. La jeune femme travaille au développement de la Komandjari, région située à l'est de son pays natal, le Burkina Faso. "Nous sommes proches du Sahel, dit-elle, la sécheresse tarit les points d'eau et le sol est appauvri par des pratiques agricoles qui affectent la fertilité des terres. La production agricole s'affaiblit. Comme les revenus baissent, les familles nombreuses en sont réduites à ne prendre qu'un seul repas par jour." La situation des plus démunis tourne au tragique: l'eau et la terre, ultimes sources où ils puisent encore une chance de survie, s'épuisent. Ici en Afrique occidentale, un habitant sur deux en milieu rural vit sous le seuil de pauvreté. Le désastre de l'environnement, ruiné par une surexploitation des terres, une dégradation permanente du sol et des points d'eau qui persistent à se raréfier, aggrave cet état. Les populations sont livrées à la dénutrition, aux maladies chroniques et à une mortalité infantile élevée. Solange Sandouidi travaille pour le Programme d'appui aux initiatives communautaires de base (PAICB). "Nous sommes une équipe de 11 VNU burkinabés en contact direct avec les villageois dans quatre provinces du pays. Nous rassemblons les petits exploitants agricoles en groupements ruraux", dit la VNU. Le projet, financé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a pour but de réduire la pauvreté. En trois ans d'un travail soutenu pour aider au développement des activités de production céréalière ou d'élevage en Komandjari, Solange défend les demandes de crédit adressées au PAICB par les ruraux. "Les groupes empruntent leur capital d'exploitation au PAICB, dit-elle; ils remboursent le prêt au fur et à mesure que leur affaire devient florissante." Une formation est dispensée aux paysans de sorte à gérer leur affaire de manière économiquement durable. Solange insiste sur l'orientation écologique donnée aux participants dans les sessions. "Le programme donne des règles de conduite élémentaires, dit-elle, comme éviter de déraciner les plantes ou arbrisseaux sous prétexte qu'ils pourraient gêner les cultures ou encore ne pas détruire les insectes vivant dans la terre." Haaba, à 50 kilomètres, est le village des céréaliers. Solange s'y rend régulièrement pour rencontrer les agriculteurs, parfois en compagnie d'experts agricoles. "Les paysans, dit-elle, vont dans les champs avec des techniciens agricoles qui donnent des conseils sur la rotation des cultures et le bienfait apporté à la terre par les fertilisants naturels comme le crottin de chèvres; les agents montrent comment labourer en couche superficielle pour conserver l'humidité de la terre et ne pas abîmer l'environnement floral et sa faune." Tâche n'est pas simple pour ces techniciens de persuader les paysans de cesser d'allumer des feux de brousse pour fertiliser les terres: ceux-ci ont pour effet d'empêcher la couche fertile du sol de se régénérer en profondeur; ou même d'encourager les éleveurs à poser des clôtures pour garder le bétail dans l'enclos: les ravages dans les champs de cultures sont causés par les bêtes qui divaguent. Avec les céréaliers de Haaba, la VNU dresse un plan d'activités pour la production de sésame et de maïs. "Nous établissons des prévisions, un cahier des charges, la liste du matériel agricole nécessaire au démarrage des activités. L'ensemble est soumis au PAICB avec le dossier de demande de prêt. Une fois le crédit accordé, les agents techniques de la Direction de l'agriculture viennent conseiller les agriculteurs pour le labourage et l'irrigation des terres de sorte à obtenir les meilleurs rendements." Les techniques pour conserver l'énergie vitale du sol sont simples et pourtant efficaces. Solange donne l'exemple du repiquage des plants de sorgho: "Il faut creuser le trou, placer le plant et prendre soin de refermer aussitôt. L'évaporation d'eau est limitée, l'humidité de la terre est conservée." Le dernier atelier de formation à Basseri a réuni 30 membres de 15 groupements pendant cinq journées consécutives. Les groupements réussissent à constituer des réserves pour la saison des pluies et Solange a constaté que les familles des ruraux vivent mieux grâce aux revenus réguliers. "Quelques-unes des familles envoient les enfants à l'école ou aménagent leurs foyers." La volontaire, pour qui la connaissance du milieu est un atout majeur, a rapidement gagné en confiance auprès des ruraux pour partager leur labeur au quotidien. Solange Sandouidi est aidée dans le travail par son collègue VNU burkinabé, Charlemagne Zougmore. Les villageois de Ouré-Niebe, Bartiebougou et Penkatougou ont bénéficié du travail des volontaires. "Nous avons organisé les groupes professionnels - céréaliers, fermiers, éleveurs de bétail ou maraîchers - au sein d'une structure économique qu'ils apprennent à gérer d'eux-mêmes", dit Charlemagne. Solange signale la fourniture du matériel agricole. "Les cultivateurs reçoivent du petit outillage pour tracer les sillons et planter les pousses de sorgho. On leur fournit des bêches pour ameublir la terre, creuser des rigoles et une charrette pour transporter la récolte." Riz, arachides, haricots, sorgho et maïs, l'ensemble est apporté au marché où les paysans gardent un oeil vigilant sur les prix qu'ils comparent: pour Solange, une bonne façon d'apprendre à reconnaître les commerçants sérieux et négocier de bons contrats! "Au Grand-Marché de Ouaga", dit-elle en désignant le marché de la capitale, "les comptoirs achètent même le haricot pour l'exporter au Togo et au Ghana!" |
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