Fils RSS
Accueil | Contacts | FAQs | Recherche | Plan du site | Politique en matière de divulgation de l’information
|
||
|
Désiré, qu'est-ce que la paix?
par Désiré Rakotovao (Madagascar), VNU Spécialiste en animation des jeunes, et Marie-Odile Emond (Belgique), Chargée de programme VNU
09 juin 1998 BONN: Répondre à cette question difficile que se posent de nombreux jeunes burundais est l’objectif du projet "Education à la Paix en faveur de la jeunesse déscolarisée et non scolarisée": amener ces jeunes (estimés à un million) à un processus d’acceptation mutuelle et de réconciliation ethnique à travers des activités choisies librement et la découverte de leurs poten-tialités par le biais d’activités socio-éducatives. Financé par le PNUD et le gouvernement japonais, le projet, qui a démarré en mai 1996, est exécuté par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, avec une équipe d’encadrement comprenant un expert et quatre Volontaires, un VNU international, Désiré Rakotovao (60 ans, plus de 30 ans d’expérience dans le domaine socio-éducatif) et trois VNU nationaux : Nadine Kaze, Abel Rukubangwanyi et Pierre-Claver Kinyoma. Concrètement, comment cela se passe-t-il? Désiré explique : « La plupart des jeunes non scolarisés, sans attache familiale, deviennent des proies faciles pour les factions politiques qui font perdurer la crise en injectant la haine entre les jeunes des différents milieux et en les payant pour commettre forfaits ou crimes. Aussi notre action vise-t-elle tout d’abord à arrêter l’évolution de cette spirale de la criminalité et de la balkanisation des quartiers et zones de Bujumbura, à éveiller chez ces jeunes le sens de la vie et le besoin d’être utile, à les aider à se mettre sur la voie du travail licite générateur de revenu. Notre approche est basée sur le principe que vivre la Paix est une action et pour cette action, nous utilisons les supports psycho-sociaux les plus aptes à rapprocher les jeunes burundais :
Nadine précise que "ce qu’on recherche, c’est l’esprit de volontariat chez les jeunes, le sentiment d’être utile. On a choisi de ne pas les payer pour leur participation aux activités, afin que leur intérêt soit réel, ce que nous avons dû expliquer à maintes reprises car d’autres associations donnent des per diem pour le même type d’activités ". Bien sûr, non sans difficulté. Ces jeunes désoeuvrés ne sont pas habitués à la discipline - il y a parfois presque eu des bagarres. Mais comme explique Désiré: "Peu à peu, on injecte des idées de tolérance, on leur rend confiance. Les jeunes eux-mêmes expriment leur volonté de ne pas se laisser entraîner dans des actes de banditisme et vous remercient des chances qui leur sont offertes". La preuve: leur confiance et leur patience malgré des retards dans le paiement et l’approvisionnement en matériaux pour la formation. Tous sont restés, ont continué. "Parfois aussi", continue Désiré, "c’est nous qui les avons bousculés un peu pour leur faire comprendre que ténacité et courage sont nécessaires pour mener à bien un projet et qu’il faut s’accrocher avant d’avoir des résultats. Ceux-ci nous ont donné entière satisfaction. La balkanisation des quartiers marginaux de Bujumbura semble appartenir à un temps révolu, les rapports entre jeunes sont devenus pacifiques et amicaux. Nous avons touché plus de 21 000 jeunes au lieu des 7 000 prévus en 12 mois par le plan initial. Et grâce à la prolongation du projet à 21 mois, 50 000 jeunes environ ont bénéficié de nos interventions. 130 d’entre eux ont pu trouver un emploi grâce au projet, dont 40 embauchés directement par les entreprises qui les ont formés et 90 regroupés en 18 Associations Coopératives de Production - ou ACP - qu’ils ont créées". Les jeunes constitués en ACP ont reçu une seconde formation en gestion de micro-initiatives génératrices de revenus et bénéficieront de fonds pour démarrer leurs activités, ainsi que du support de dix conseillers formateurs mis à disposition par le Ministère pour en assurer le suivi et le développement. Ils ont aussi créé une association mère: "Association pour la promotion des jeunes désoeuvrés", ou "APJD", dont le président, Jean-Baptiste Bizimana, qui a suivi les deux formations et créé avec quatre autres jeunes l’ACP « Restaurant de quartier » en zone de Musaga, explique : "Nous sommes impatients de mettre en application ce que nous avons appris. L’APJD nous permettra d’échanger nos expériences, de nous épauler dans la réalisation des projets mais aussi de créer d’autres micro-initiatives similaires". Jeffle (Garage des jeunes associés), Viola (Atelier de couture et broderie) ou Tite (Atelier de meubles en bambou) sont fiers d’avoir eu la chance de participer à la formation et la possibilité de monter leur idée en projet et ils sont impatients de commencer à faire des affaires. Mais tous sont aussi prêts à verser une cotisation à l’APDJ pour qu’elle vive et puisse aider d’autres jeunes désoeuvrés. Le fait de travailler en équipe mixte a été un atout essentiel pour le projet: les VNU nationaux, connaissant associations et groupements et pouvant les mobiliser rapidement, ont permis une communication très facile avec le groupe cible et un démarrage très rapide du projet. Désiré a apporté la compétence de ses longues années d’expérience dans le domaine pédagogique et a appris à l’équipe à établir des rapports structurés et à élaborer et mettre en oeuvre des projets. L’ouverture et l’énergie des quatre VNU ont été de réels moteurs pour le projet et leur stratégie, basée sur l’utilisation maximale des associations, ONGs locales et mouvements de jeunesse, a permis de créer un véritable réseau de partenaires pour mobiliser les jeunes. Le projet a pris fin sur une première Conférence nationale de la jeunesse rassemblant quelque 200 jeunes pendant trois jours. Après cinq ans aux Comores et deux au Burundi comme VNU, Désiré rentre chez lui heureux d’avoir vu ces jeunes redécouvrir la paix et retrouver confiance en eux-mêmes, leurs voisins et leur pays, en sachant aussi que ses collègues au Ministère, et en particulier les trois VNU nationaux, vont continuer à diffuser le message de réconciliation pour les jeunes à travers les collines verdoyantes du Burundi. En savoir plus : Jeunesse Paix et résolution de conflits Autres langues: in English Articles connexes |
||
| Accueil | Contacts | FAQs | Recherche | Plan du site | Politique en matière de divulgation de l’information | ||
| Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) | ||