Les élections donnent signe de «calme»
par Mariam Asngar

«les élections présidentielles de 2010 se sont déroulées en général dans le calme et la transparence» dit Mariam Asngar, volontaire nationale VNU au Burundi (Programme VNU)«les élections présidentielles de 2010 se sont déroulées en général dans le calme et la transparence» dit Mariam Asngar, volontaire nationale VNU au Burundi (Programme VNU)
25 août 2010

Makamba, Burundi: Après 13 ans de guerre civile, les burundais se sont rendus très tôt ce matin (le 28 juin) aux bureaux de vote pour accomplir leur devoir civique en élisant le président de la république pour un mandat de cinq ans.

Aujourd’hui, aux petites heures du matin, mon chauffeur et moi ont quitté Makamba, mon lieu de résidence, et pris la route pour Rutana, ma province d’affectation. Rutana est l’une des 17 provinces du Burundi, elle est située au sud du pays à la frontière avec la Tanzanie.

Le parcours s’est fait sans heurt sur une route serpentée au milieu des collines, le tout couvert de verdure, et d’un ciel dégagé au couleur bleu d’azur rendant le paysage encore plus magnifique.

D’habitude nous rencontrons sur notre route des paysans transportant des tiges de bananes, ou des sacs remplis d’avocats, ou encore des contenants pour huile de palme, mais en cette journée, hormis quelques taxis de brousse qui faisaient leur descente en sens inverse, la route était d’un calme exceptionnel.

Je ne cessais pas de me poser de questions : ce silence est-il un signe annonciateur de quelque chose ? Où sont passés nos compagnons de tous les jours ? Ces braves hommes qui croupissent sous d’incroyables charges attachées sur des vélos que nul ne peut pédaler mais qu’il fallait pousser sur une cinquantaine de kilomètres à cause de cette forme de grandes falaises, un passage obligatoire qui relie Makamba à Rutana.

Je n’avais pas de réponse aux questions qui tourbillonnaient dans mon esprit jusqu’à mi-chemin, lorsqu’en ce moment là, dans la voiture, de loin, le chauffeur et moi apercevions des casseurs de graviers taper sur des grosses pierres les réduisant en mini morceaux. Ont-ils déjà voté ou simplement avaient-ils décidé de s’en abstenir donnant ainsi privilège à leur activité économique ? Personne de nous deux ne pouvait répondre à leur place mais quelque soit leur choix, tout ce que l’on sait, c’est que cela fait partie de la démocratie.

Une demi-heure après, et nous voilà dans Rutana Communal, les premiers bureaux de vote visités sont ceux situés dans l’enceinte de l’école primaire de Rutana. Il y en avait 7 au total ; d’impressionnantes files d’électeurs attendaient tranquillement pour aller voter chacun à son tour, avant de repartir vaquer à leurs occupations. Tout s’est bien passé dans le respect, pas même une seule petite bousculade.

Tous les membres du bureaux de vote ont également répondu présent au rendez-vous, à la grande satisfaction de la Commission Électorale Communale Indépendante et la Commission Électorale Provinciale Indépendante ; ces membres des bureaux de vote ont pour mission d’assurer la bonne gestion du processus électorale ainsi que la transparence du scrutinEnsuite nous nous sommes rendus au Stade de Rutana qui a également abrité de bureaux de vote, même scénario, avec un taux de participation assez élevée en matinée, un taux de participation qui s’est effrité en début d’après-midi où les électeurs se présentaient à compte-goutte. Même scenario observé dans les autres communes de la province, en l’occurrence Bukemba, Giharo, Gitanga, Musongati et Mpinga-Kayové, mais qui s’expliquerait par la participation d’un candidat unique resté seul dans la course aux présidentielles après le désistement des partis de l’opposition.

En dépit de foyers de violences attisés ça et là pour perturber le processus électoral dans ce petit pays de l’Afrique de l’est, les élections présidentielles de 2010 se sont déroulées en général dans le calme et la transparence.

On y a vu la détermination d’une population dont la volonté se résume dans le retour d’une paix définitive et la dotation des institutions libres et démocratiques pour le pays.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)