Ecouter, comprendre et aider

07 décembre 1998

Bonn, Allemagne: En 2 ans seulement, Carmen Reyes Zubiaga, volontaire des Philippines, elle-même handicapée, est parvenue par son courage, à monter à Pnom Penh un Centre National des Handicapés. Ce Centre qui est géré par les handicapés pour les handicapés, est devenu une centrale multifonctionnelle intégrant entr'autres des ateliers d'artisanat, un café, une bibliothèque, un cabinet de massages médicaux etc.

Ce Centre répondait en effet à d'énormes besoins au Cambodge. La guerre civile et le drame des mines antipersonnelles font que un habitant sur 250 a été mutilé. Devant l'atroce défi que signifient les 5 millions de mines encore enfouies, le but de Carmen est tout un programme : "aider les handicapés à s'aider eux-mêmes". Elle a tellement bien réussi que, après des débuts très durs pour eux-mêmes, les handicapés se considèrent comme des employés comme tous les autres salariés au Cambodge ; çà suppose qu'ils sont devenus compétitifs dans leur spécialité professionnelle. Ceci n'a été possible que parcequ'il y a toute une palette de formations qui ont été mises en place ; l'équipe d'animateurs développe d'ailleurs des réseaux pour améliorer de façon conséquente la situation des handicapés dans tout le pays. En travaillant étroitement avec le Ministère des Affaires Sociales et divers organismes spécialisés, le Centre aide à placer des handicapés dans le circuit du travail.

Un des plus grands défis rencontrés par Carmen est que dans la tradition culturelle, sociale et religieuse du pays, être handicapé est souvent vu comme "une punition de Dieu". Une des conséquences néfastes de cette attitude est que les handicapés eux-mêmes ont peur de se battre pour leurs droits, ce qui explique aussi qu'on associe souvent le handicapé à un mendiant. Malgré le fait qu'au Cambodge on essaye de sauvegarder des relations les plus pacifiques possibles, Carmen n'hésite pas à entamer une lutte pour les droits des handicapés, mais une lutte très graduelle.

Le rôle d'avocat de la cause des handicapés n'est pas nouveau pour la VNU. En, effet, dans son pays natal elle a déjà entamé une croisade très réussie - par exemple avec des émissions de radio - pour faire changer les conditions de vie de cette minorité.

L'impact de Carmen au Cambodge (en témoin: la présence du Premier Ministre à l'inauguration du Centre), est dû en grande partie au fait qu'elle est elle-même un exemple de changement d'attitude dans la société tout entière. Son extraordinaire motivation est soutenue, dit-elle, par son mari et ses enfants, qui vivent avec elle à Pnom Penh; le fait qu'elle vienne d'un autre pays de la région, a peut-être facilité son intégration.

Carmen va quitter bientôt le Cambodge pour rentrer chez elle et démarrer un projet similaire dans l'île d'où provient son mari. Elle considère avec confiance le travail qu'elle laisse inachevé: en dépit de leur handicap, les gens qui travaillent au Centre sont, par leur engagement et leur professionnalisme, un modèle pour les autres handicapés.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)