Les promoteurs de la paix VNU

03 septembre 2000

Au Guatemala, la zone occidentale des hauts plateaux est une région meurtrie par trente-six années d'affrontements entre l'armée et la guérilla. Elle recouvre sept départements en zone rurale où les populations indigènes ont été précipitées dans une situation d'extrême pauvreté.

A son arrivée dans le pays, Oscar Mejía, Suédois de 43 ans d'origine salvadorienne, a été choqué du faible développement économique du pays malgré les accords de paix signés il y a quatre ans. Le siocologue-éducateur est un des 13 Volontaires des Nations Unies "promoteurs de la paix" actifs au sein du projet du même nom, financé par l'agence de Coopération Suédoise et exécuté par le programme VNU.

Les activités ont commencé en 1997 et se poursuivent avec l'expertise des VNU suédois et guatémaltèques travaillant pour le Mouvement Tzukim Pop, une ONG nationale qui regroupe 14 organisations cherchant à renforcer le pouvoir des institutions de la société civile pour réaliser les accords de paix. Henri Morales, coordonnateur des activités, parle de réaliser une "culture de la paix" au Guatemala avec la participation active des populations au développement social et économique de leurs propres communautés.

Parmi les populations indigènes, les VNU travaillent avec les acteurs traditionnels de la santé tels les guérisseurs et modernisent leurs techniques médicinales. Un système de santé combinant la médecine moderne et traditionnelle sera mis en place pour répondre aux besoins de la population de manière adéquate.

Oscar déclare que "les organisations de la société civile peuvent et doivent jouer un rôle important comme acteurs du développement et du progrès". Le Suédois anime des programmes d'éducation pour le développement local au profit des chefs des communautés indigènes dans le Centre Pluriculturel pour la Démocratie, une organisation membre du Mouvement Tzukim Pop.

Il partage son logement avec Guillermo Pantoja, VNU d'origine mexicaine né au Guatemala. Ce dernier commente que "le processus de paix a donné place à de nouveaux espaces de participation, mais que les organisations de la société civile manquent de compétences techniques". Il juge intéressant "l'intérêt commun de tous les volontaires, internationaux ou nationaux, pour rétablir la paix au Guatemala."

Eddy Cupil, VNU national tirant ses origines du peuple Maya, assure que "l'échange d'idées et de connaissances entre les VNU suédois et guatémaltèques contribue à la construction d'une culture de la paix et de la solidarité qui transcende les frontières."

Le projet a créé de nouveaux liens et de nouvelles formes de coopération entre les organisations en Suède et celles basées au Guatemala. En Suède, le Forum Syd regroupant 138 ONG actives dans le développement a fait appel aux VNU suédois pour le projet au Guatemala. Son coordonnateur sur place Roger Brandin déclare que ces derniers ont créé le contact direct entre les ONG en Suède et au Guatemala et met l'accent sur le fait que "l'évaluation des activités de l'an passé révèle que le projet a été une réussite dans 72% des cas où les VNU étaient engagés". N'est-ce pas là une marque de qualité de l'impact des VNUs dans les projets du développement?

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)