La préparation 24 h sur 24 des élections en Guinée-Bissau
par Sonia Josserand-Mercier

Sonia Josserand-Mercier (3ème de gauche), volontaire VNU française, et l’équipe de la Commission Nationale des Elections éduquent les électeurs sur leurs droits civiques en préparation des élections 2009 en Guinée-Bissau. (Programme VNU)Sonia Josserand-Mercier (3ème de gauche), volontaire VNU française, et l’équipe de la Commission Nationale des Elections éduquent les électeurs sur leurs droits civiques en préparation des élections 2009 en Guinée-Bissau. (Programme VNU)
22 juillet 2009

Bissau, Guinée-Bissau: Salut, je voulais juste vous envoyer ces quelques lignes de Guinée-Bissau en Afrique de l’Ouest ! Nous allons commencer le travail pour le deuxième tour des élections avec l'équipe de la Commission Nationale des Elections. Je profite du peu de temps libre qu’il me reste pour vous griffonner quelques mots d’enthousiasme…

Jusqu'ici, cela a été une expérience incroyable et merveilleuse de travailler à la préparation des élections en Guinée-Bissau, un pays génial et un peuple génial ! Je suis attachée au bureau régional de la commission électorale de Bissau, la plus petite région géographiquement parlant, mais la plus grande en termes d'électeurs et de bureaux de vote (plus de 500 dans la région).

L'équipe nationale avec laquelle je travaille est géniale. Ces gars ont l’expérience, ils ont au moins trois élections derrière eux. Pour préparer le premier tour, nous avons sué pendant plusieurs jours et travaillé 24 heures sur 24 : activités de planification, comptage des bulletins, préparation des kits d’élection, formation du personnel des bureaux de vote, programmes d’éducation civique, distribution du matériel et déploiement du personnel dans les régions ; ici aussi dans nos locaux de la capitale Bissau, nous avons installé un bureau de vote pour recevoir les voix anticipées (une histoire longue et difficile !).

Puis le jour du vote est arrivé. J'ai fait le tour de 25 bureaux de vote à différents endroits de la ville. C’était intéressant de voir des bureaux de vote improvisés devant la vitrine d’une pharmacie fermée, au bord de la route ou au milieu d'un chemin cahoteux où couraient les poulets et petits cochons ; mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’était de voir autant de femmes se déplacer pour aller voter ! On estime en moyenne que 60% des femmes sont venues voter à Bissau. En somme, tout s’est très passé au premier tour, le scrutin s’est déroulé sans incidents. Tous les volontaires VNU ont été remerciés pour le bon travail accompli. La Commission électorale nationale et par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont apprécié notre participation et ils ont reconnu que l’appui des volontaires VNU a été institutionnel dans le bon fonctionnement du processus électoral.

Pendant tout ce temps dans mon bureau, il n’y avait plus de temps libre pour la détente, même pas pour prendre le déjeuner à part un sandwich mangé à la va-vite. J’ai acheté un paquet géant de biscuits, sachet-repas de secours que j'ai déposé dans le bureau de mon président. Pendant plusieurs jours nous avons travaillé sans arrêt de 8h jusqu'à 1h ou 2h du matin ! C’était épuisant, mais l’expérience a été fascinante et cela en a valu la peine ! Le plus dur c’était la chaleur et l'humidité : dans mon bureau il y a seulement un ventilateur au plafond et un petit ventilateur portatif, alors je sue en permanence ! Je n'ai pas vraiment de bureau, même pas de pupitre, mais je parviens toujours à trouver un coin d'une table ici ou là. Je suis contente d’avoir travaillé avant dans des endroits où l'infrastructure était limitée, car aujourd’hui je peux m'adapter rapidement et je trouve toujours des moyens de combler le manque de ce que la plupart considéreraient indispensable pour accomplir les tâches.

Ces quatre dernières semaines j’ai dû apprendre quelques mots de Portugais et de Créole, ce qui se traduit chez moi par une sorte de langue étrange ! Mais j’arrive quand même à communiquer et à comprendre pas mal de choses au plaisir de mes collègues. Beaucoup de gens ici parlent français et j’arrive ainsi à obtenir d’eux des traductions pour certaines choses que je ne peux pas comprendre toute seule, alors cela nous aide bien.

Ici, comme cela doit être le cas dans beaucoup d’endroits en Afrique, tout doit se faire avec de la musique. C’est pourquoi il y a une chanson officielle pour la campagne électorale, mais les partis politiques ont eux-aussi leurs propres chansons, et ils ont même des CDs. Ils organisent leurs campagnes avec de la musique jouée très forte ou ils ont des camions qui circulent à travers la ville avec un groupe de danse et des chanteurs qui soufflent des chansons électorales dans leurs mégaphones. Avec la campagne électorale, il y a de la musique partout, c’est beaucoup plus animé que nos campagnes électorales en Europe, je dirais !

Le week-end dernier j’ai passé mon premier vrai week-end de repos après le rythme fou du premier tour des élections. J’en ai profité pour explorer un peu le pays. J’ai rencontré un volontaire VNU qui vadrouillait comme moi. Nous sommes allés dans une région voisine où nous avons mangé des huîtres cuites au four, dans un vieux four, et nous avons pris une bière, de la Crystal. Mmmmm… Le lendemain nous avons traversé une grande partie de ce petit pays pour rencontrer un autre volontaire VNU près de la frontière de Guinée-Conakry et nous avons pris un bon bain dans l’eau d’une cascade. Bref, j’ai passé un week-end superbe et j'espère avoir stocké suffisamment d'énergie pour attaquer le travail pour le deuxième tour électoral du 26 juillet !

En résumé, si vous me demandez comment se passe ma première expérience de volontaire VNU pour une mission électorale, je vous réponds : “ J’adore ! ”

A bientôt,

Sonia

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)