Les villes de bien-être

05 octobre 2004

BONN: Depuis 2002, des centaines de citoyens mobilisés se sont portés volontaires pour agir et répondre aux besoins réels de leurs communautés et contribuer à créer des villes de bien-être en Equateur, à la Jamaïque et au Yémen.

Le volontariat apprend aux gens à agir collectivement et à se soucier du bien-être de tous. C’est ce qui ressort de l’initiative des “Villes de bien-être” ou Projet d’appui au volontariat intra-cités (VIC). Les trois villes pilotes du projet, Esmeraldas en Equateur, Falmouth en Jamaïque et Amran au Yémen se transforment en cités du bien-être grâce à une équipe de trois Volontaires des Nations Unies (VNU), qui placée dans chacune des trois villes a réussi à y mobiliser des volontaires pour servir la cause du développement social.

A Falmouth, des pêcheurs qui demandaient au lancement du projet “des bateaux à moteurs, des congélateurs et un bon équipement de pêche” voulaient un an après “fonder une association pour la protection de la plage et de son site”. Ce développement, caractéristique d’une communauté qui prend son avenir en mains, est le produit du travail des VNU. Depuis 2002, des centaines de citoyens mobilisés se sont portés volontaires pour agir et répondre aux besoins réels de leurs communautés et que le gouvernement ne peut satisfaire à lui seul. En coopérant avec les associations locales de volontaires et les organisations de la société civile, les VNU ont réussi à former des alliances avec les institutions locales du Gouvernement et le secteur privé.

A Falmouth par exemple, les livres d’école étaient bien trop chers pour les familles. Les VNU et les associations de parents d’élèves ont donc cherché des solutions pour finalement régler le problème en organisant une collecte de livres et de fonds en mai 2004. “Le Gouvernement avait bien proposé un système de location de livres”, explique Ingrid Spence, VNU jamaïcaine du projet, “mais les 10 dollars de location des livres étaient encore trop lourds pour les bourses des familles de nombreux élèves.” Les livres de la collecte ont été remis aux bibliothèques des écoles et l’argent a été placé dans un fonds public scolaire. 
 
Une même opération lancée le 28 mai a rallié l’Amicale de Rotary international à la cause. Près de 1 800 livres ont pu être donnés à huit bibliothèques scolaires et des fonds et promesses de dons seront remis aux écoles lors de la prochaine rentrée scolaire. “Les élèves et professeurs attendent ce moment avec impatience, confie Ingrid Spence, il n’y aura plus de discrimination à l’école à cause du prix des livres.”

A des milliers de kilomètres, à Amran au Yémen, des femmes privées d’éducation ont monté l’Amicale des femmes d’Al-amal avec l’aide des VNU. En faisant du porte à porte, elles ont recruté de nouveaux membres et leur association compte maintenant 110 affiliées qui apprennent à lire et à écrire dans des classes mixtes et reçoivent des enseignements sur la planification familiale et les règles de nutrition. Leur éducation se fait en coopération avec le Ministère de la Santé et le Département de la formation des adultes. Les femmes d’Al-amal ont été très actives aux côtés des associations de scouts, de volontaires et des groupes d’élèves et professeurs des écoles qui ont mené campagne pour l’Environnement en plantant 3 000 arbres à proximité d’une cimenterie polluante.

Dans la ville d’Esmeraldas en Equateur, 70 pour cent de la population soit 140 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les VNU sont parvenus à enrôler une partie de la population dans des travaux de remise en état de 11 établissements scolaires en ville et à la campagne. L’intérieur et la façade ont été remis à neuf, et des pneus donnés par une compagnie pétrolière ont servi d’équipement pour la cour de jeu. “Tout le monde a mis la main à la pâte sachant qu’il le faisait pour les enfants”, souligne Berta Brusilovsky, VNU architecte urbaniste du projet.

Pour la première fois, Esmeraldas dispose d’un bureau municipal du service volontaire pour servir de référence au volontariat et à ses associations qui pourront ainsi poursuivre le modèle institué par le projet en nouant de nouveaux liens. En novembre 2004, le projet parviendra à son terme sans toutefois s’arrêter vraiment puisque les 900 volontaires mobilisés – 300 dans chaque ville – poursuivront le travail. En Equateur, Isabel Iturralde, VNU du projet chargée de la communication confie que l'équipe négocie l’installation d’un bureau municipal du service volontaire dans d’autres municipalités. “La mobilisation d’un grand nombre de volontaires a conduit à des résultats remarquables sur le plan du développement social, affirme-t-elle. Je pense que le projet a vraiment apporté un changement dans le quotidien des personnes qui ont participé à ses activités parce qu’ils voient les choses autrement et ne craignent plus de se porter volontaires dans l’action."

Pour plus d’informations: http://www.caringcities.org

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)