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Les Sportifs Écolos de Madagascar
par Fabienne Copin*
08 septembre 1999 BONN: Pierre Galo Coffi, VNU spécialiste international en développement rural, est affecté depuis trois ans au projet de développement régional d'Ambato-Boeny à Madagascar. Le VNU, âgé de 42 ans et originaire du Bénin, s'est parfaitement intégré dans l'île où il encadre villageois et citadins participant aux opérations de reforestation. Pierre et ses compagnons du projet ont eu l'idée originale d'associer de jeunes sportifs aux campagnes de reboisement. Les représentants des autorités locales se sont montrés enthousiastes et supportent l'initiative dans le cadre de la gestion des affaires communales. L'expérience est positive pour tous les intéressés. La région du projet de développement régional d'Ambato-Boeny, sous-préfecture de 131 601 habitants, est située au nord-ouest de Madagascar. Elle comporte un milieu naturel très riche mais menacé par le déboisement et les mauvaises pratiques agricoles. Le secteur attire de nombreux habitants venant s'y installer en raison des fortes potentialités en ressources agricoles (cultures du riz, de l'arachide, du coton; cultures maraîchères; exploitation des ressources de la forêt et des lacs). Cause en est la situation économique de l'île qui s'est dégradée durant les trente dernières années. Le VNU Pierre Galo Coffi est affecté aux activités environnementales du projet depuis 1996. Il explique : "La dégradation des sols prend souvent des formes dramatiques. L'érosion fait apparaître de profondes ravines appelées lavaka, des croûtes que l'eau ne peut plus pénétrer, des couches dures que les outils et les racines ne peuvent plus percer et des dunes vives qui engloutissent chaque année des exploitations agricoles." Avec les conseils du Volontaire et des autres membres de l'équipe du projet, les habitants ont entrepris la lutte contre l'érosion qui menace leurs habitations. Ils établissent des diagnostics, les enregistrent dans des "livres de village", ébauchent des stratégies et établissent des programmes pour le développement des terroirs. Ils construisent des puits, des micro-barrages et des pépinières. Dans les villages, ils mènent des campagnes pour promouvoir les initiatives de reboisement et encourager d'autres villageois à y participer activement. Bernard Crabbé, conseiller technique et coordonnateur du projet, commente : "La population de l'île est jeune : 60% ont moins de 20 ans. Les adolescents constituent un potentiel de ressources humaines majeur. Forcément nous avons pensé qu'il fallait l'exploiter." Le VNU Pierre Galo Coffi qui travaille dans l'équipe de Bernard Crabbé en a parlé au maire et aux autres élus locaux avec lesquels il joue régulièrement au football le samedi. "Tout le monde ici connaît bien Pierre. On dit d'ailleurs de lui qu'il est le VNU le mieux intégré de l'équipe. Il a beaucoup d'amis et un bon contact avec les représentants des autorités locales", souligne Bernard Crabbé. C'est au cours de ses rencontres avec le maire que le VNU a développé une idée originale : promouvoir la pratique du sport et impliquer les jeunes membres des associations sportives dans les activités de protection de l'environnement. "Le sport n'est pas véritablement une passion pour moi", signale le volontaire, "je le pratique pour me divertir. Avec mes amis je joue au football. C'est en voyant les nombreux terrains de football désertés de l'île et en pensant à la jeunesse désœuvrée que l'idée s'est forgée peu à peu dans mon esprit." Les municipalités ont bien accueilli la proposition de Pierre. Elles ont fait renaître les activités sportives. Au sein des associations qu'elles soutiennent, les jeunes sont engagés contractuellement dans des actions de reboisement menées parallèlement à la pratique sportive. Ainsi, tout en échappant au désœuvrement, la jeunesse est intégrée dans la gestion des affaires communales. Des contacts se créent entre les localités à l'occasion des compétitions et les responsables communaux ont l'occasion de démontrer leur efficacité. "Les jeunes, explique Pierre, aident aux travaux de stabilisation du sol menés dans les lavaka pour arrêter l'érosion causée par les eaux de ruissellement. Ils travaillent aussi dans les pépinières. Nous apprécions leur efficacité. Au moment où nous nous trouvons dans la phase d'évaluation des activités, ils viennent nous voir pour nous dire ce qui fonctionne et ce qui ne marche pas. Ils ont récemment attiré notre attention sur l'insuffisance des plants dans les pépinières qui pourrait gêner la bonne continuation des opérations engagées." Les jeunes volontaires ont entre 11 et 20 ans. "Ils sont très motivés", fait remarquer Bernard Crabbé et il poursuit: "Ils s'intéressent à l'écologie. Pour la Journée Internationale de l'Environnement en juin dernier, ils ont réalisé des expositions et des stands d'information sur le thème de la protection de l'environnement dans les écoles." Il ajoute en parlant du VNU Pierre Galo Coffi: "Les rencontres sportives du samedi sont toujours l'occasion pour Pierre d'un échange d'idées avec les sportifs de la sous-préfecture, le maire et ses administrés." Il faut dire qu'elles fourmillent dans l'esprit du VNU. Son coordonnateur de projet cite encore l'exemple de la réhabilitation du marché d'Ambato-Boeny : "la réfection du marché a été aussi l'idée de Pierre réalisée avec le support des autorités locales". Les animations et les études menées par le VNU ont abouti à la préparation d'un dossier que la mairie a utilisé pour obtenir un financement auprès du Fonds européen de développement (FED). Quant aux commerçants, depuis que le marché est réhabilité, ils ne rechignent plus à payer les taxes. Il s'agit là d'un bel exemple des synergies possibles entre bailleurs de fonds et le rôle catalysateur que le VNU peut jouer. La dynamique née de cet échange permanent des idées et des actions continue de stimuler les activités du projet. C'est ce que confirme le chef du projet en terminant : "On discute en ce moment d'un système de gestion municipale des déchets. Une fois de plus, il s'agit du concept de Pierre. Les choses marchent bien et c'est finalement grâce à ces relations interpersonnelles que les idées naissent et que les échanges concourent aux réalisations en faveur du développement local". *Cet article a été ecrit avec la contribution du Benard Mignolet, Chargé de programme VNU à Madagascar. |
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