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Union contre violence
par VNU Madagascar

06 octobre 2004

Dans les quartiers populeux au sud-ouest d’Antananarivo, capitale de Madagascar, l’afflux régulier de populations d’immigrés, s’installant ici parce que les loyers sont bas, a abouti à une forte concentration de population qui a favorisé la poussée croissante de la violence dans cette partie insalubre de la capitale qu’on appelle ‘la ville basse’.

Pour empêcher l’aggravation du climat social, les Volontaires des Nations Unies (VNU) ont mis au point la stratégie du Volontariat contre la violence qui vise à installer progressivement une politique de prévention pour une meilleure sécurité dans les quartiers. Une équipe de VNU composée d’une Colombienne, d’une Française et de 25 Malgaches, a mobilisé 160 Volontaires de Quartier parmi la population pour aider à mettre en place les activités du ‘Projet Volontariat contre la Violence’. C’est la première fois qu’un programme a mobilisé autant de bénévoles contre la violence de quartier à Madagascar.

Pour trouver des volontaires, les VNU ont effectué des visites régulières auprès des chefs des autorités de quartiers, auprès des présidents d’associations de bénévoles, de femmes, ou tout simplement en parlant aux groupes d’enfants ou d’adolescents rencontrés dans la rue. Depuis septembre 2002, les VNU ont mobilisé un nombre croissant de personnes parmi la population et ont commencé avec ces Volontaires de Quartier un travail en commun pour implanter les activités du projet. Ensemble, ils ont cherché, auprès de la population, du maire, des chefs et des associations de quartier, à savoir quelles étaient les causes de la violence. Ils ont par exemple constaté qu’il n’existait ni lieux ni initiatives dans les quartiers permettant aux familles de se rencontrer ponctuellement dans la semaine pour apprendre et cultiver un savoir-vivre sociable pour un bien-être social.

 
Epaulés par les VNU, les volontaires ont monté des Associations de Volontaires de Quartier et ils ont invité les familles à les rejoindre. Les 24 femmes de l’association des brodeuses se réunissent chaque mardi pour échanger des motifs créés par elles qui suggèrent de renoncer à la violence chez elles à la maison. La VNU malgache Bodomahefa Razafinoro explique que “ces femmes, au cours de leurs réunions, pratiquent une sorte d’auto-éducation à la non-violence en répétant des phrases qui leur font penser qu’elles parviendront au bien-être familial en sécurisant leurs foyers.”

Mireille Rakotondrabary, Volontaire de Quartier, parle de la violence et de ses formes : “Les jeunes déliquants du quartier commettent des vols à la tire, mais il y a aussi des cambriolages, et plus grave encore des agressions avec coups et blessures. Après 19 heures, il est dangereux de s’aventurer dans les rues.” Une forme de violence, celle-ci moins visible derrière les portes des habitations, touche des enfants des `quartiers sensibles´ de la ville basse abritant la population de 17 000 habitants dont 52% n’ont pas encore 18 ans. Mireille Rakotondrabary raconte que “beaucoup d’enfants vont mendier dans le centre ville, ou lavent des voitures, portent les journaux, vendent des marchandises.” Malheureusement, quand ils n’ont pas assez gagné à la fin de la journée, les enfants craignent de rentrer chez eux à cause des représailles. Nombreux terminent dans la rue pensant qu’ils ne pourront plus jamais rentrer chez eux perdant ainsi l’espoir de retrouver une situation meilleure.

Les Volontaires de Quartier ont rassemblé la population dans une quinzaine de réunions pour voir comment on pourrait remédier au manque de salles de sports ou de manifestations sportives pour les jeunes dans les deux quartiers. Puis des bénévoles se sont joints aux Volontaires de Quartier pour trouver des terrains de sport avec l’aide de la municipalité et ils ont organisé des manifestations culturelles et sportives. Celles-ci ont donné l’occasion de campagnes de sensibilisation contre la violence. Ce sont les Volontaires de Quartier qui, cette année, ont organisé la grande manifestation culturelle et sportive de l’été. Au cours de cette manifestation, des adolescents, filles et garçons, ont défilé devant le public avec des banderoles aux slogans invitant à lutter contre la violence. Quelques messages ont été repris ailleurs comme le slogan ‘En luttant contre la violence, je développe mon quartier’ qu’on retrouve dans les paroles d’une chanson écrite par des participants à une manifestation organisée par les Volontaires de Quartier. Cette chanson est maintenant enregistrée sur cédérom.

Les VNU et les Volontaires de Quartier ont mobilisé la police municipale qui est maintenant très engagée dans les activités du projet du Volontariat contre la Violence. Une vingtaine d’agents de police ont été formés aux techniques de la police de proximité par ONU-Habitat, partenaire du programme VNU. Intéressés, les policiers ont suivi les sessions de formation assidûment. Dans la pratique, cet enseignement a eu pour résultat une diminution des actes de violence parce que les policiers, cherchant à mieux connaître les quartiers, ont ainsi réussi à établir une relation privilégiée avec les habitants, les administrations et les associations de volontaires. Leur service est devenu un service public de qualité et d’assistance aux personnes en danger ou aux victimes de violences. “La population est plus solidaire et les délinquants ne peuvent plus opérer aussi impunément qu’avant”, affirme Marie-Pierre Delclève, VNU française du projet.

Les Volontaires de Quartier ont démontré que le volontariat sert de moyen efficace pour faciliter les communications de base. Il permet la recherche rapide de solutions pratiques en réponse aux problèmes qu’engendre la violence urbaine qui entrave le développement des quartiers. En participant aux activités culturelles ou sportives organisées avec les Volontaires de Quartier, la population se rend compte que le travail réalisé en commun donne naissance à une relation humaine cohérente dans leurs quartiers entre les bénévoles des associations, des groupes féminins, ceux des associations de jeunesse ou des cercles d’enfants encadrés par les Volontaires de Quartier, et les agents de la municipalité y compris ceux de la police. Cette relation et les services qui en résultent payent tout le monde en retour. Les attitudes changent, des liens se tissent, toujours plus de personnes se portent volontaires pour participer aux activités sociales et culturelles, accélérant ainsi le développement des quartiers.

Peu à peu, l’espoir d’une situation meilleure renaît chez les chômeurs, adolescents et adultes, pour qui la municipalité organise des programmes d’éducation et de formation sous l’impulsion des VNU et des Volontaires de Quartier. Dans un quartier, 20 adolescents ont reçu une formation d’apprentis chez des artisans de la capitale. Parallèlement ils ont suivi des cours à l’école, dans les matières principales de base comme le français ou le calcul. Les Volontaires de Quartier entretiennent une relation régulière avec le maire qui a élu des Chefs de quartier parmi les Volontaires de Quartier. D’autres Volontaires de Quartier ont été choisis par le Fokonolona, l’organe politique et administratif qui représente la population d’un quartier dans la ville. D’autres encore, même s’ils ne sont pas des chefs de file, s’engagent aussi en prenant la responsabilité de mobiliser des bénévoles pour organiser les activités de sport.

Pour aider les Volontaires de Quartier à consolider une relation efficace avec les institutions publiques, le programme VNU a organisé une formation pour eux. Les autorités municipales, les associations civiles et les personnes aidant leurs communautés offrent désormais un point d’appui au réseau des Volontaires de Quartier qui ont démontré que le volontariat peut fonctionner comme une institution capable de faire avancer le développement local.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)