Pour la sécurité des femmes au Népal
par Raffaela Schiavello

25 novembre 2007

Patan, Népal :  J’ai ouvert les yeux et l’avion avait déjà atterri. J’ai senti l’air sur mon visage en descendant la passerelle. Il était 11h du soir. Je me suis dirigée vers la porte d’arrivée pour rejoindre les autres passagers dans la queue pour le guichet d’immigration. J’ai soudain vu un sourire sur un visage basané qui laissait entrevoir des dents d’un blanc éclatant. Cet homme m’a salué et m’a aidé avec les procédures de visa. C’était le chauffeur envoyé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), mon agence hôte, venu me chercher pour me conduire à l’hôtel où je devais passer la nuit. C’est le premier sourire qui m’a accueilli à Katmandou au Népal.  A ce moment là, je ne savais pas encore que bien d’autres sourires allaient ponctuer chaque jour de mon séjour pendant une année. Dès le lendemain, les choses se sont accélérées.  J’ai assisté à une réunion d’information d’une demi-journée organisée par le Département de la Sûreté et de la Sécurité de l’ONU, qui comportait une formation sur l’utilisation des émetteurs radio VHF et le langage codé utilisé. Cela paraissait très complexe au début mais je m’y suis vite habituée plus tard lors de mes visites sur le terrain. J’ai déjeuné avec cinq collègues volontaires VNU dans un restaurant près du bâtiment de l’ONU. J’ai ensuite assisté à un séminaire d’orientation pour les nouveaux volontaires avec 40 collègues. Cette réunion s’est avérée non seulement une immersion totale dans le mandat et les projets du FNUAP mais aussi dans la culture, la langue, les chants, les danses et la gastronomie népalaise.

Après presque un mois au cours duquel je me suis installée dans ma nouvelle résidence avec un volontaire financé intégralement par la Suisse dans la charmante vieille ville de Patan, je me suis rendue sur le terrain pour la première fois. Avec un autre volontaire VNU international, un volontaire national, nous nous sommes rendus à Dadeldhura, région à l’extrême ouest du pays pour conduire un atelier sur la résolution 1325 du conseil de sécurité des Nations Unies pour vingt femmes d’une communauté, portant sur la protection des femmes en période de conflit et la participation des femmes dans le processus de paix. Cette première visite a été suivie de beaucoup d’autres dans les cinq régions du Népal. J’ai plus particulièrement effectué ces visites sur le terrain pour tester et mettre en œuvre le nouveau système de contrôle que nous, responsables du suivi et de l’évaluation, avons élaboré pour suivre les avancements du programme sur le terrain.  Ces visites constituent sans aucun doute la meilleure partie de mon travail : des paysages divers, des personnes dormant sous leur vieux camion sur le bord de la route, des enfants sur le dos des buffles, des saris colorés portés par des femmes d’une beauté incroyable, les fortes pluies de la saison des moussons, les rencontres avec les membres des communautés pour vérifier que notre programme répond à leurs besoins de santé en matière de reproduction, partager le repas avec le personnel népalais après de longues journées de travail. Quand je rentre de mes visites sur le terrain et pénètre dans le bâtiment de l’ONU, je croise parfois ce chauffeur qui m’a accueilli à mon arrivée. Je n’ai pas retenu son nom et un jour peut-être je ne me souviendrai plus de lui. Mais je n’oublierai jamais son sourire, le sourire népalais.

 

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)