Le volontariat en Syrie: cheville ouvrière du développement dynamique
par Oliver Bridge

18 décembre 2007

Damas, Syrie: Pour les non-initiés, le terme ‘volontariat’ peut être différemment interprété.  Le plus souvent, il évoque les oeuvres de bienfaisance de volontaires inexpérimentés mais bien intentionnés et déterminés.  Le volontariat, tel qu’il est exercé dans le Programme des Volontaires des Nations Unies, atteste du mal-fondé de cette idée. Une brève visite au projet PNUD exécuté dans les bureaux parlementaires de Syrie suffit pour mesurer combien le volontariat est crucial au travail des Nations Unies dans son ensemble. Bien que certainement bien intentionnés et déterminés, les volontaires VNU qui travaillaient dans ce projet n’étaient certainement pas inexpérimentés. C’était non seulement des experts dans leur domaine mais aussi des fonctionnaires des Nations Unies hautement motivés.  D’une certaine manière, les volontaires VNU sont devenus la cheville ouvrière des Nations Unies, capables de servir toutes les agences et programmes et de fournir un soutien général aux activités de développement en cours.

Il n’en est pas moins vrai du travail des volontaires VNU en Syrie. Si tant est que le projet intitulé ‘Renforcement de la capacité institutionnelle de l’assemblée du Peuple’ (SICPA) est un projet PNUD, géré par le PNUD Syrie au niveau macro, le personnel et l’exécution du projet sont gérés par le programme VNU. A part le travail du directeur du projet, les opérations quotidiennes sont menées par quatre volontaires VNU.

Depuis le début de l’année 2004, ce projet oeuvre au renforcement de la capacité institutionnelle du parlement syrien par des moyens divers.  Avant le lancement du projet, les parlementaires ne disposaient que de quelques ordinateurs dotés d’un accès à internet. De plus, il n’existait pas de réseau intégré de communication électronique et l’accès rapide à l’information reposait sur les compétences des chercheurs qui connaissaient bien les allées et étagères de la bibliothèque al-Assad. En deux ans seulement, le SICPA a complètement changé la communication parlementaire au quotidien et a grandement facilité l’accès à l’information des personnes travaillant au parlement.  

Ayham Dheieh, volontaire VNU et spécialiste des TI, diplômé en génie électrique, était le seul responsable de la création du premier réseau local du parlement. Le serveur ronronne discrètement à l’arrière du bureau principal du projet, rappelant sans cesse que ce projet continue d’être la source d’énergie du développement des capacités. Mais les serveurs ne sortent pas de nulle part et ne savent pas prendre soin de leur santé.  C’est pourquoi Ayham a non seulement installé le serveur et supervisé l’installation de l’ensemble du réseau ; il continue aussi à mettre à jour le système et reste disponible si des réparations urgentes s’imposent.

Ce projet s’efforce non seulement de fournir un cadre pour une meilleure communication à l’intérieur du parlement mais aussi de lui donner les moyens d’accéder aux informations essentielles. En plus de l’accès standard à internet, ceci se concrétise par une équipe d’experts juridiques qui travaillent sans relâche pour mettre sur pied une bibliothèque virtuelle (‘e-library’) (de tous les documents juridiques publiés depuis 1970) ; ce sont aussi des chercheurs juridiques qui travaillent pour les membres du parlement et l’orateur. Il sera bientôt dépassé de venir à la bibliothèque pour trouver une référence juridique. Le travail de l’équipe a été ouvertement salué par l’orateur M. Mahmoud Al-Abrash qui s’est vite rendu compte que l’équipe ne comprenait que deux volontaires VNU, Selma Mufti et Huda Hassan, alors qu’il pensait que ce travail était accompli par plusieurs personnes, ce qui représente, pour le moins, une reconnaissance criante de la qualité de leur travail.

Rasha Akil, volontaire VNU et assistante administrative du projet, a souligné qu’au début les parlementaires étaient sceptiques quant au travail du projet, et ne savaient pas très bien comment réagir au fait que les Nations Unies opéraient dans leurs murs.  Avec le temps cependant, Rasha et ses collègues du programme VNU ont parfaitement réussi et sont maintenant à la fois respectés et appréciés.

Le volontariat des Nations Unies en Syrie est devenu une partie intégrante du succès de la réalisation des objectifs des Nations Unies, fait souvent oublié par le personnel des Nations Unies.  Il est peut-être temps pour nous de prendre note des paroles du Secrétaire général quand il déclare que “le volontariat est l’ultime expression de ce que les Nations Unies représentent”.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)