Elle diminue le fardeau de femmes en Haïti

Les « impluviums » sont des collecteurs d'eau de pluie à proximité des habitations. (programme VNU)Les « impluviums » sont des collecteurs d'eau de pluie à proximité des habitations. (programme VNU)Beaucoup de femmes font des kilomètres à pied pour aller puiser de l’eau loin du village. (programme VNU)Beaucoup de femmes font des kilomètres à pied pour aller puiser de l’eau loin du village. (programme VNU)La collecte de l'eau pose un fardeau considérable sur les épaules des femmes. (programme VNU)La collecte de l'eau pose un fardeau considérable sur les épaules des femmes. (programme VNU)Les autres fonctions d’Alexandra Simpson, volontaire VNU chargée des affaires civiles et point focal pour la protection de l'enfance de Miragoane, incluent la responsabilité de réduire le fardeau de la violence envers des fillettes. (M. Rizzolio/programme VNU)Les autres fonctions d’Alexandra Simpson, volontaire VNU chargée des affaires civiles et point focal pour la protection de l'enfance de Miragoane, incluent la responsabilité de réduire le fardeau de la violence envers des fillettes. (M. Rizzolio/programme VNU)
03 mars 2009

« Le problème de l’eau est sérieux ici à Haïti », explique Alexandra Simpson, volontaire VNU responsable des affaires civiles, « et les conséquences sont néfastes pour beaucoup de femmes et fillettes ». C'est ce fardeau qu'Alexandra Simpson cherche à diminuer tant il pèse sur les épaules des femmes en Haïti. Chaque jour, elles parcourent des kilomètres à pied pendant des heures pour aller chercher l'eau à la source.

Alexandra Simpson, Britannique, remarque que « le partage des richesses »  est injuste à Haïti. « Le fardeau posé sur le dos des femmes issues des milieux pauvres est pesant », dit-elle, « surtout quand il s’agit du souci principal, celui d’aller chercher l’eau pour la famille. La plupart des gens ici ont accès à l’eau par les robinets communaux, les femmes font la lessive au fleuve et font tout pour que s'accomplissent les tâches les plus rudimentaires du quotidien. »

Les Projets à Effets Rapides (QIPs) financés par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), et menés dans la région de Miragoane en association avec les ONGs locales, ont pour but d’apporter des solutions à ce problème. Les activités sont contrôlées par la volontaire VNU et par ses collègues. Dans la ville de Paillant, par exemple, on a construit des « impluviums », des réservoirs pour collecter et stocker l'eau de pluie, explique Alexandra Simpson.

La volontaire s’efforce aussi d’encourager les volontaires femmes au plan local à travailler au projet pour atteindre le but final, à savoir la réhabilitation des réservoirs d'eau abandonnés. D’autres projets à effets rapides sont en cours pour l'installation de nouveaux robinets et de conduites amenant l'eau du haut des collines jusqu'en bas dans les municipalités.

Les autres fonctions d'Alexandra Simpson incluent les réunions à l'hôtel de ville pour discuter les questions budgétaires et la collecte des impôts avec le maire et ses fonctionnaires. Elle rencontre aussi les responsables des ONGs locales. Etant donné son rôle de point focal pour la protection de l'enfance de Miragoane, elle a aussi la responsabilité d’alléger le fardeau de la violence à l'égard des femmes et des filles.

Ces dernières semaines, elle a été amenée à consulter plusieurs cas survenus dans des circonstances inquiétantes. « Le premier cas était celui d’une jeune fille de 13 ans », explique-t-elle, « elle avait été mise en pension chez le prêtre du village parce que ses parents très pauvres n'avaient pas les moyens de la garder à la maison ». La fillette a été maltraitée et victime d'abus sexuel, elle est tombée enceinte et a subis un avortement douloureux.

« Je travaille directement avec la police de l'ONU (UNPOL) », commente Alexandra Simpson, « ce sont les policiers qui m'ont informée du cas. » La volontaire s'occupe maintenant de mettre la fillette et sa mère en contact avec une ONG locale qui offre une aide médicale et un soutien psychologique. « C'est grâce au psychologue que j'ai pu trouver une école pour la fillette dans une ville voisine, où elle a de la famille et chez qui elle aimerait demeurer. On a fait une collecte d'argent pour payer les frais scolaires », ajoute-t-elle. 

Alexandra Simpson connaît deux autres jeunes filles, l'une a 15 ans et l’autre a 18 ans. Ces dernières ont été violées alors qu'elles étaient à la source entrain de remplir leurs seaux d’eau. Elles aussi ont consulté l’ONG qui fournit une aide médicale et un soutien psychologique pour entamer une action juridique.

En dehors du travail, la volontaire s'adonne à des activités à titre bénévole. « Je passe du temps avec les jeunes de Miragoane, je fais du sport avec eux ou je les aide aux travaux du parc », dit-elle.

« J'estime qu’en tant que femme je me dois de donner l'exemple », déclare Alexandra Simpson, « et montrer, aux Haïtiens avec qui je travaille, qu'une femme aussi est capable de faire bouger les choses. Si j'observe plus spécifiquement mon travail avec les ONGs et avec les victimes d'abus sexuels, je remarque que cela les rassure que je sois femme. Les femmes sont plus détendues et n'hésitent pas à discuter longuement avec moi de la façon dont nous pouvons, ensemble, améliorer leur situation. »

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)