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Des Rwandaises forment une communauté d'intérêts
par Dom Sedem Mensah
05 juin 2000 BONN: Au Rwanda, petit Etat enclavé d'Afrique orientale où elles sont nées, Auréa, Drocelle et Hélène, sont VNU animatrices au sein d'un projet exécuté par le programme VNU pour générer des revenus en milieu rural. Les activités ont démarré en 1997. Elles profitent aux survivants des événements tragiques de 1994 : les veuves, les orphelins, les handicapés ou encore les vieillards. Le programme intitulé « Appui VNU aux initiatives de base au Rwanda » intervient dans cinq préfectures : Umutara, Kibungo, Kigali Rural, Butare et Gitarama où des veuves et orphelines apprennent un métier au sein du collectif d'associations HUMARA. On compte 7 200 veuves et 500 orphelins parmi les 17 000 personnes directement concernées par l'action des Volontaires animateurs engagés dans le projet. Depuis près de trois ans, Drocelle Mukazayire, assistante sociale, Auréa Gasengayire, spécialiste en artisanat féminin et Hélène Muragijemariya, psycho-pédagogue, exercent leurs activités de VNU animatrices dans le village de Nyamabuye. Cette commune est rattachée à Gitarama, une préfecture de 853 000 habitants située à quelque 50 kilomètres au sud-ouest de la capitale Kigali. Au fil des opérations, les VNU ont ajouté à leurs performances, et grâce aux formations organisées dans le cadre du projet, des aptitudes à la mobilisation de groupe, à la gestion administrative des associations et à la gestion financière et physique des micro-projets. Leur calendrier, dans un premier temps, a été largement occupé par des démarches engagées auprès des populations, en majorité des femmes et des orphelines, pour en identifier les besoins, et par la constitution de groupements ou d'associations autour de ces besoins. Il a fallu peu de temps à Drocelle et Hélène pour susciter la création de 13 groupements et assurer une dynamique d'animation au sein de dix autres déjà fonctionnels, où, entre autres, des orphelines apprennent des métiers féminins comme la couture. Leur formation s'étend sur une période de six mois au terme de laquelle elles regagnent leurs villages pour y exercer, dans un but lucratif, le métier qu'elles ont appris. A Gitarama, l'expérience unique a consisté en la création du collectif de groupements HUMURA au sein duquel les 23 organisations ont réussi à adopter un statut et un règlement intérieur communs. Les problèmes de chaque groupement sont discutés au sein d'un comité exécutif commun, des résolutions sont adoptées au niveau d'une assemblée générale et les partenaires sont abordés par un seul corps. Les associations membres du collectif versent leurs cotisations à une caisse commune d'où proviennent les fonds utilisés pour le financement des activités. La participation au collectif des groupements HUMURA a provoqué des réactions positives comme l'indique ce témoignage recueilli auprès d'un membre féminin : « Il est loin le moment où nous appréhendions de devoir prendre en charge nos enfants ; aujourd'hui, nous payons les frais de scolarité et aussi les médicaments pour eux en temps opportun. HUMURA nous sécurise parce que le collectif soutient tous ses membres et règle des problèmes familiaux majeurs selon le règlement intérieur. » HUMURA regroupe 483 membres dont 428 femmes, 38 orphelines et 17 hommes. Bien qu'elles soient impliquées ensemble dans la formation des membres des groupements en gestion administrative des organisations et en gestion financière des micro-projets, les trois animatrices ont des tâches journalières différentes : Auréa s'occupe de la formation en couture et en tricot de 18 orphelines ; elle formera bientôt en pâtisserie 20 orphelines supplémentaires. Drocelle assure la coordination des activités des 23 groupements du collectif ; elle en contrôle le fonctionnement et l'enregistrement des opérations comptables à raison de quatre groupements par jour. Hélène est chargée de l'organisation des formations, des relations avec les partenaires autres que ceux du projet et assure aussi la formation en culture de champignons de trois groupements et en saponification de quatre autres. Hélène et Drocelle font en plus le suivi et la formation de neuf autres groupes étrangers aux 23 associations qui ont bénéficié d'un financement du programme Trickle up connu pour son soutien aux plus pauvres dans le démarrage de petites entreprises. Les femmes bénéficiaires du développement expriment facilement le respect que leur inspire le dévouement des Volontaires animatrices. Des personnes ou petits groupes n'appartenant pas au collectif HUMURA viennent même solliciter l'aide de Drocelle, d'Hélène et Auréa pour réfléchir aux solutions qui pourraient éliminer les difficultés de leurs vies personnelles. Les trois animatrices qui fournissent un travail remarquable apprécient quant à elles l'opportunité d'une affectation VNU pour aider des individus et des familles qu'un conflit a cruellement appauvri. Leur enthousiasme a grandi au fur et à mesure que la confiance en soi s'est rétablie chez les membres des associations grâce au travail, à la génération de revenus, et le partage de la vie de communauté. « C'est finalement le programme VNU qui nous a donné la chance d'aller vers les plus pauvres pour les faire sortir de leur attitude presque figée, qui les faisait accepter une situation comme la manifestation d'un destin. C'était notre rêve de tous les jours à la base de notre engagement dans le programme » conclut l'une d'elles. |
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