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En direct sur la ligne de front
par Wes Wrightson et JoAnna Pollonais
JoAnna Pollonais, volontaire VNU auprès du Haut-Commissaire pour les réfugiés au Rwanda. (programme VNU)Cyangugu, Rwanda: Il existe un dicton connu en Afrique subsaharienne : “ Nous devons vivre le jour présent car nous pourrions tous être des réfugiés demain.” On entend cet adage dans des endroits aussi éloignés l’un de l’autre que le Zimbabwe et le Soudan ou la Sierra Léone et la République démocratique du Congo. Bien que ne soit souvent pas le cas, il convient de faire preuve de beaucoup de tolérance et de respect envers les réfugiés quand ils quittent leur pays d’origine à cause de la guerre, de la persécution sociale et politique, des catastrophes naturelles ou du marasme économique. Les réfugiés ne choisissent pas de tout laisser derrière eux et les circonstances jouent un rôle important dans leur décision. C’est la mission principale du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) d’assister par tous les moyens possibles les gouvernements des pays hôtes de manière à défendre les droits de ces populations vulnérables. La plupart du temps, le réfugié ne choisit pas de vivre en dépendant totalement de l’assistance extérieure. Au cœur de l’action – la vision de l’administrateur de terrain Arrivé du Sénégal où je mettais en œuvre les mécanismes de sécurité alimentaire pour AFRICARE, je ne savais pas ce qui m’attendait quand j’ai pris mon affectation de volontaire VNU, administrateur sur le terrain auprès du HCR. Quand je suis arrivé à mon lieu d’affectation actuel dans le district Rusizi au Rwanda, je me suis trouvé confronté à la gestion de l’antenne du HCR à Cyangugu ainsi qu’à la gestion du centre de transit pour réfugiés. Nul besoin de préciser, ceci n’était pas une tâche facile pour un néophyte qui n’avait aucune expérience du travail avec les réfugiés. Comme peuvent l’attester de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile “ vous ne saurez jamais ce qui vous attend demain “, réflexion qui me rappelait que je devais apprendre et et accepter le fait que chaque jour est un jour d’apprentissage. Montrer de l’empathie et comprendre que chacun a le droit de raconter son histoire sont deux concepts que j’ai immédiatement mis en pratique dans mon rôle. C’est ainsi que débuta le long processus des interviews des réfugiés chefs de famille de manière à les enregistrer au camp de transit pour de multiples raisons et aussi pour comprendre les raisons qui les ont poussés à s’enfuir au Rwanda. Pratiquement tous les réfugiés ayant franchi la frontière pour arriver à Cyangugu venaient de l’est de la DRC, région qui continue d’être infestée de conflits. Il est triste de constater que, pour l’heure, on ne voit pas la fin de cette violence qui se répand dans la région du Kivu comme un feu de forêt. Ceci signifie que notre travail au HCR va se poursuivre puisque des centaines de personnes continuent de franchir la frontière pour trouver refuge au Rwanda. La nécessité de fuir Les combats entre états et à l’intérieur des états ont eu pour conséquence le déplacement de centaines de milliers de Congolais qui arrivent en Ouganda, en Tanzanie, au Burundi et au Rwanda. Dans les centres de transit de Cyangugu et de Nyagatare, nous gérons l’enregistrement et le transfert de ces réfugiés selon les besoins. Les centres de transit accueillent aussi ceux qui reviennent au pays après avoir chercher refuge dans les pays voisins suite aux conflits de 1959 et de 1994. Un jour à la fois Ayant laissé derrière eux une vie de subsistance en DRC pour une vie plus sûre au Rwanda, les réfugiés se retrouvent contraints de construire une nouvelle vie sous les bâches plastique du HCR. Au centre de transit de Nyagatare, les réfugiés vivent dans des maisons recouvertes de bâches de plastique et dans de larges hangars divisés en 16 chambres. Du fait du manque de terrain pour la construction d’un nouveau camp, les réfugiés vivent dans des conditions telles que la vie courante est un combat du fait des conditions climatiques, du rationnement de la nourriture et de la prestation de services et la vie reste incertaine. En tant que volontaire VNU, il est parfois lourd de gérer et de faciliter ces tâches quotidiennes ainsi que d’assumer le rôle de responsable du bureau pour la gestion du personnel national. Pour faciliter cette tâche, une des premières initiatives mise en œuvre a été la création de comités et de sous-comités de réfugiés dans lesquels ces derniers sont élus pour représenter leurs pairs. Ces comités sont utiles au centre de transit puisque les membres élus tiennent des réunions journalières avec le personnel du HCR pour mieux appréhender les problèmes du camp et fixer les priorités pour les semaines et mois à venir. Les difficultés dans le centre de transit sont nombreuses mais si nous – en tant qu’équipe – pouvons déléguer les responsabilités et coordonner méthodiquement, la vie des réfugiés sera meilleure. La clé est de les impliquer dans le processus et dans le cycle de développement ce qui les rend autonomes et les aide à prendre en main leur destin plutôt que de dépendre de manière continue de la protection du parapluie qu’ils ont appris à utiliser comme refuge immédiat. Gestion des catastrophes Dans le district de Rusizi au Rwanda, de forts tremblements de terre se sont produits au début de l’année 2008. Etant l’un des membres du personnel des Nations Unies les plus éloignés sur le terrain, il était de ma responsabilité de soutenir la facilitation de l’aide au district. Par chance et parce que les maisons sont recouvertes de bâches plastiques, il n’y a eu aucune victime parmi les réfugiés et peu de dégâts matériels. Grâce à l’aide fourni par l’Equipe de pays Rwanda en tant qu’ Unité d'action des Nations Unies, la reconstruction après ce désastre naturel peut être citer comme exemple édifiant du système des Nations Unies au Rwanda opérant comme une unité d’action sur un objectif unique. Travail d’équipe dans tout le pays Pendant toute la durée mon affectation, j’étais en contact permanent avec le bureau régional du HCR de Kigali pour faire rapport sur les activités du centre de transit, établir des statistiques, coordonner les visites des missions et assurer le suivi de la documentation. Le bureau régional dépend du travail de l’antenne de Cyangugu pour maintenir le centre de transit dans des conditions conformes aux normes du HCR Genève. C’est grâce aux contacts journaliers que j’avais avec la volontaire VNU en charge des relations extérieures et de l’évaluation (JoAnna Pollonais) que nous (en tant que dent du rouage du HCR Rwanda) pouvons faciliter la vie de ces réfugiés qui comptent sur nous. JoAnna m’a aussi été utile pour essayer mes idées pour faire face aux nombreux obstacles et relever les défis que la gestion d’un centre considéré par de nombreux réfugiés comme leur « maison ». D’un autre angle – la vision d’un fonctionnaire des relations extérieures Bien que m’étant essayé à différents thèmes dans le domaine du “ développement humanitaire ”, j’ai passé les deux dernières années avec les réfugiés en tant que volontaire et aussi en tant que professionnel. En tant que coordonnateur de la communication auprès de la Croix-Rouge danoise à Copenhague, j’ai facilité un projet pour les médias pour les demandeurs d’asile au Danemark ce qui leur a permis d’exprimer leur point de vue, leurs griefs et leurs espoirs. Le travail était souvent stressant, astreignant et a mis à l’épreuve le peu de patience qui me reste mais en fin de journée, la récompense et la satisfaction dépassait les frustrations que j’avais pu ressentir à me battre dans mon combat pour les droits des réfugiés. Certains des réfugiés avec qui j’ai travaillé au Danemark sont devenus des amis – et certains j’ose le dire sont presque devenus des membres de ma famille. Les idées reçues ou préconçues que j’avais pu avoir envers les demandeurs d’asile se sont dissipées au fur et à mesure que je réalisais combien certains réfugiés sont pleins de ressources, motivés et ambitieux. Je me suis senti obligé de me battre en leur nom et au mieux de mes capacités parce que, comme pour vous et moi, leur combat est de vivre de la meilleure manière possible en terme de stabilité économique et sociale et de sécurité personnelle. Malheureusement, les réfugiés ont tiré la courte paille parce qu’ils doivent lutter plus fort pour obtenir la vie dont ils rêvent du fait d’obstacles sur lesquels ils n’ont aucun pouvoir. A la fin de la journée, la seule différence entre nous et eux relève de la chance.
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