2001 - Les comités de l'AIV organisent le volontariat

05 décembre 2001

BONN: Les comités de l'Année internationale des Volontaires (AIV) 2001, au tournant du millénaire, déclenchaient le dispositif d'actions mis en place pour promouvoir l'action de volontaires dans le monde pendant l'Année internationale des Volontaires en 2001. En 1999, les premiers comités de l'AIV étaient constitués. Les membres, choisis parmi les institutions du Gouvernement, les organisations de volontaires et les organismes du secteur privé, commençaient à dresser l'agenda des activités de promotion de l'AIV 2001. Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) offrait son aide pour des consultations au moyen d'un mécanisme de séminaires régionaux. Il recrutait aussi, en 2000, des VNU dans les pays pour promouvoir l'AIV.

Peu après le lancement de l'Année internationale des Volontaires du 5 décembre 2000, on compte déjà plus de cents comités de l'AIV prêts à lancer les actions de promotion de l'Année 2001 au niveau du pays, des Etats et des villes. Aujourd'hui à quelques semaines de la clôture de l'Année internationale des Volontaires, ils sont plus de 200 et le bilan de leur action apparaît positif dans l'ensemble, voire exceptionnel comme au Sénégal.

Le volontariat étant de tradition au Sénégal, les membres du Comité National de Pilotage de l'Année internationale des Volontaires n'ont pas tardé à réfléchir aux structures d'un volontariat organisé. L'idée a suscité l'intérêt d'autres pays d'Afrique comme la Guinée, la République du Congo, le Cameroun et Madagascar. Les membres des comités AIV de ces pays ont rejoint les discussions entamées au Sénégal. Les consultations sub-sahariennes ont abouti à la définition d'un programme pilote de "Recherche, Formation et Action pour le Développement du Volontariat en Afrique sub-saharienne". L'objectif étant de développer le volontariat national des partenaires du projet, on s'attend en 2002 à créer un réseau d'échange d'informations entre les mouvements volontaires de chaque pays, au profit des travaux réalisés par des instituts de recherche et de formation en matière de volontariat. L'opération devrait finalement se solder par la création d'un Centre de Documentation du Volontariat régional -- une institution au service des volontaires.

Le Gouvernement du Sénégal appuie l'opération en tant que "maître d'œuvre" du projet, adoptant l'opinion que le volontariat doit être institutionnalisé. M. Omar Wellé, ancien Ministre de l'Habitat et la Construction de la République du Sénégal, ancien Ambassadeur et Inspecteur Général d'Etat en retraite, explique les raisons de l'urgence à organiser le volontariat dans une interview reproduite en partie ci-dessous. M. Omar Wellé connaît bien l'action volontaire pour avoir rejoint le mouvement des Eclaireurs, association de scoutisme, en 1946. Ses propos ont été recueillis par Monsieur Alioune Loum, Chargé de la communication au Centre d'Information des Nations Unies de Dakar.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le volontariat ?

Un effet de mode au départ ; et puis c'est devenu une affaire de cœur en entrant à l'école de la Poste française en 1945. J'y ai trouvé des camarades sénégalais déjà très actifs dans le mouvement des Eclaireurs, cœurs et âmes vaillants. Le volontariat est selon moi une des voies pour parvenir à un monde juste et équitable.

Que faisiez-vous avec les volontaires ?

Nous reboisions et nous assistions les personnes âgées aux travaux champêtres. De retour au Sénégal, nous nous sommes engagés dans ce que nous appelions à l'époque les "classes d'âge". Cela consistait à reprendre et continuer le travail d'un fils décédé dans une famille.

Comment vivez-vous 2OO1, Année internationale des Volontaires ?

Comme un rêve qui se réalise. J'ai toujours cherché à mettre le volontariat et les volontaires au centre des décisions politiques. Il ne faut pas que cela s'arrête. Au début du siècle, nos parents nous encourageaient à aider les autres. Qu'en est-il aujourd'hui ? L'année 2OO1commence un millénaire et devrait inaugurer une nouvelle approche. Les volontaires sont des artisans de la paix et de l'entente sociale… alors, ils ont leur place dans ce nouveau siècle qui commence avec ses guerres, ses attentats, et la faim qui guette des millions d'hommes et de femmes chaque jour.

L'Année internationale des Volontaires ne doit pas être l'aboutissement d'un processus, mais plutôt le commencement.

L'Afrique, pour parler de ce que nous connaissons, est confrontée à une situation à la limite de ce que l'homme peut supporter :─ les guerres, la famine, les maladies, l'analphabétisme ; elle a besoin d'un volontariat fort, organisé, afin de mettre à profit la force de travail de millions de fils, prêts à ses côtés.

Dans le temps, avant la société de consommation, nos sociétés étaient surtout marquées par l'entraide et la solidarité, et nous ne connaissions ni la famine ni la pauvreté.

Au Sénégal, l'Année internationale des Volontaires se vit bien, mais nous pouvons et devons y apporter des améliorations. Je lance un appel à mon benjamin Yéro Deh, Ministre de la République du Sénégal chargé de la question, afin qu'il s'y penche encore davantage. Un volontariat bien organisé et bien appuyé peut aider l'autorité publique à atteindre ses objectifs de développement. Le volontariat est un moyen de formation par l'action des jeunes et même parfois la porte ouverte au travail indépendant.

L'Afrique regorge de ressources humaines qui bougent de tous côtés en tant que volontaires ou bénévoles pour l'aider à réaliser le développement durable. Ces millions de volontaires méritent d'être reconnus et encouragés. Il faut qu'on donne aux volontaires les moyens d'aider mieux la communauté.

Pourquoi persistez-vous dans le volontariat après une carrière brillante de ministre, ambassadeur et inspecteur général d'Etat?

Pour maintenir la flamme de l'amour de l'autre et accompagner la jeunesse actuelle pour emmagasiner nos véritables valeurs de solidarité.

Vous souvenez-vous de vos camarades volontaires ?

Bien-sûr, je pense au Président de la République du Sénégal, Monsieur Abdoulaye Wade, qui participait brillamment à nos activités théâtrales de sensibilisation contre la perte de nos valeurs africaines. Je pense aussi à Monsieur Yéro Deh, l'actuel Ministre de la Fonction Publique sénégalaise et Président du Comité National de Pilotage de l'Année internationale des Volontaires (CNP) au Sénégal.

Quel âge avez-vous ?

J'ai 75 ans.

Toujours actif ?

Oui, toujours. Je suis actuellement Président de l'Association Panafricaine pour le Développement Communautaire (PADEC), une organisation de la société civile qui a pris le relais d'une organisation internationale. La PADEC s'occupe de l'alphabétisation des populations rurales et de la lutte contre la pauvreté.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)