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Etienne Pascal, Haïti, volontaire VNU avec la FAO

Etienne Pascal, volontaire VNU avec la FAO-Haïti, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. (Programme VNU)Etienne Pascal, volontaire VNU avec la FAO-Haïti, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. (Programme VNU)Une pépinière du projet pour l'aménagement des ravines. (Programme VNU)Une pépinière du projet pour l'aménagement des ravines. (Programme VNU)
14 août 2008

On a beaucoup répété que les glissements de terrain et les inondations en Haïti sont largement liés au fait que les forêts ont pratiquement disparu. De fait, la couverture forestière est passée de 20% au début des années 60 à moins de 2% aujourd’hui. A Marmelade, on a bien compris la relation intime entre pauvreté, déboisement et érosion des sols. Le Projet de développement local de Marmelade de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, vise à réduire cette pauvreté, qui est à la fois la cause et conséquence des phénomènes d’érosion et de déboisement. 

Le projet utilise la méthodologie de l’approche participative, de façon à ce que la population décide elle-même des décisions à prendre et de la marche à suivre. Pour en assurer la pérennité, l’Etat haïtien en partenariat avec la FAO, ont mit sur pied une équipe de cadres agronomes en production animale, forestière et végétale. Ma tâche consiste à suivre de près les activités d’aménagement des bassins versants, d’agroforesterie, de commercialisation des produits qui en découlent et de gouvernance locale.

L’agroforesterie est tout ce qui a à voir avec l’aménagement des parcelles, la conservation des sols, l’aménagement des ravines auxquels s’ajoute la commercialisation à travers un système de crédits et de financement rural qui encourage les femmes à être plus entreprenantes. Un agriculteur peut aménager sa parcelle avec de l’herbe éléphant, cet aménagement en terrasses permet de retenir le sol qui a tendance à partir avec les pluies. Grâce à cet aménagement avec des haies vives, en canne à sucre ou en bambou, qui permettent de retenir le sol, la couche fertile d’humus est retenue et préservée, l’agriculteur peut cultiver et son rendement peut ainsi augmenter. Avec cette même herbe éléphant, l’agriculteur peut nourrir sa vache qui produira du fumier pour fertiliser le sol et augmenter son rendement. Cette même vache, donne du lait qui peut être vendu à la laiterie fraîchement constituée de Marmelade, d’une capacité de 220 litres par jour, lait qui ira alimenter les cantines scolaires des Gonaïves.

Pour favoriser la reforestation, des pépinières d’une capacité de 18000 plantules ont été installées dans chacune des trois Sections de Marmelade. Les pépinières sont gérées par la population à travers un Comité de Développement. Les agriculteurs reçoivent une formation et apprennent à gérer une pépinière et à transplanter. On leur montre comment réaliser le compte d’exploitation, afin qu’ils puissent connaître le coût de production de chaque type de culture et ainsi éviter de vendre à perte.

Pour la commercialisation des produits, une caisse populaire située à Marmelade a été créée avec un Fonds de garantie pour le Tout Petit Crédit Féminin, le TPCF. Si une agricultrice compte emprunter 100 gourdes, la FAO lui met 40 gourdes à disposition, comme Fond de garantie et la Caisse met 50 gourdes. On exige de la femme ayant contracté le prêt de mettre 10 gourdes, l’objectif étant, dans un premier temps, de familiariser l’agricultrice à ce type d’instrument financier. Si la personne rembourse en respectant les échéances fixées par la Caisse, elle devient autonome et peut aller directement à la caisse sans passer par la FAO. C’est l’un des avantages que ce type de crédit donne. On apprend ainsi, au fur et à mesure, à rembourser des petits montants avant d’accéder à des prêts plus importants et donc plus difficiles à rembourser. Ce crédit a pour but d’aider les femmes à générer des revenus supplémentaires qui pourront être consacrés à l’éducation des enfants et à l’achat de biens de première nécessité.

En ce qui concerne la gouvernance locale, on accompagne les élus locaux et les structures de base telles que le Comité Communal de Concertation et de Planification de Marmelade (CCCPM) et les trois Comités de développement tout en renforçant leurs capacités et en les soutenant au niveau de la comptabilité et de la gestion, afin que ces structures aient un jour les moyens de se prendre elles-mêmes en charge. On ne leur apprend pas seulement à se gérer, mais aussi à monter de petits projets. A titre d’exemple, le CCCPM est en train d’exécuter un projet de réhabilitation de la centrale électrique de Marmelade. Depuis quelques temps, ces Comités de Développement peuvent échanger leurs expériences avec d’autres comités initiateurs de projets de développement local en Haïti. Des voyages d’étude sont en effet organisés dans le but de permettre à leurs membres de prendre en charge ces structures afin d’en assurer la pérennité et la durabilité.

Le comité de développement est formé à partir des représentants des localités de la Section et ses réunions sont ouvertes à toute la population. Le coordinateur du comité de développement est élu par les représentants qui y siègent. Chaque Comité élabore un plan de développement à partir duquel les localités peuvent bénéficier de fonds à allouer aux projets prioritaires identifiés. Les membres du Comité de Développement ont quelques revendications : par le programme d’urgence, ils ont pu bénéficier d’une semence de haricots, mais à chaque fois qu’ils veulent semer, il n’y a pas de semences disponibles et ils plantent hors de la période de semi. Ils se plaignent aussi du fait que certains agriculteurs ne veulent pas collaborer à l’aménagement des parcelles du micro-bassin. Cette fois, je mets son chapeau d’encadreur et formule des recommandations.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)