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Formation d'artisans fabricants de matériel apicole aux Comores
par Mohamed Ali Mlazahahé

20 avril 2009

Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) organise du 20 au 23 avril trois ateliers de formation en fabrication de matériel d’apiculture pour 80 artisans dans 13 villages de la région volcanique du Karthala sur l’île de la Grande Comore. Ces formations font partie des activités du projet OCB qui a pour but de développer des capacités au sein d’organisations communautaires à la base et de promouvoir le volontariat en tant que modèle de participation des villageois à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Le projet est financé par le programme VNU et le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Aux Comores, archipel situé au sud-est de l’Afrique, l’apiculture améliorée, par opposition à la cueillette et l’apiculture traditionnelle, est l’élevage d’abeilles dans des ruches où l’homme récolte des produits de qualité comme le miel et la cire en quantité élevée. L’apiculture améliorée fournit un supplément d’aliments non périssables aux populations rurales ; cette activité apporte des revenus aux paysans, elle crée des emplois pour les artisans locaux qui de ce fait augmentent la production agricole grâce à la pollinisation en investissant peu au départ.

Etant donné que tout le monde, femmes ou hommes, peut s’adonner à cette activité, un intérêt croissant s’est manifesté ces derniers temps pour le potentiel qu’offre l’apiculture améliorée en tant qu’outil de développement, l’idée étant de diriger davantage les efforts de développement vers des projets de petite envergure et de favoriser les initiatives locales. De plus, l’apiculture améliorée permet aux populations d’utiliser les ressources naturelles – les abeilles et les fleurs – sans pour cela  endommager l’environnement.

Deux artisans comoriens se sont portés volontaires pour être encadrés en confection de matériel apicole par Zabré Sylvain, un volontaire VNU spécialiste en la matière et qui a travaillé avec l’équipe du projet ces derniers mois. Ces deux artisans assurent à leur tour ces formations actuellement au profit d’autres artisans comoriens toujours avec l’appui de l’équipe du projet.

Les principaux bénéficiaires sont des artisans ayant de solides connaissances en menuiserie, soudure et couture. Parmi eux, 28 hommes se spécialisent dans la construction de ruches kenyanes traditionnellement utilisées pour l’apiculture à petite échelle, 20 femmes et 6 hommes apprennent à confectionner des combinaisons d’apiculteurs et 26 autres personnes font les enfumoirs.

Afin de produire un changement dans les comportements pour gérer de manière durable les ressources naturelles, les volontaires VNU ont mobilisé les villageois de la forêt du Karthala qui ont aidé à identifier les besoins en formation dont ils sont parmi les principaux initiateurs et bénéficiaires. L’objectif de ces formations est de permettre à des artisans comoriens d’acquérir les connaissances nécessaires pour la confection au niveau local, du matériel requis pour se lancer en apiculture améliorée sans faire recours à du matériel importé dont le coût serait inaccessible. Les communautés locales de la zone de la forêt du Karthala estiment qu’il est temps de se lancer dans cette activité de manière très professionnelle et sans risque, contrairement à la cueillette ou l’apiculture traditionnelle encore appliquée aux Comores avec tous les risques liés (piqûres évidentes, chute brutale dans les arbres, incendies, miel de mauvaise qualité...) Ainsi, dans chaque village de la forêt du Karthala, non seulement il y a actuellement au moins six personnes formées en apiculture améliorée, mais également six artisans fabricants de matériel au niveau local.

Un litre de miel récolté dans des conditions médiocres coûte actuellement 5 000 Francs des Comores sur le marché local. Pour motiver les communautés locales à se lancer dans une telle activité porteuse sur le plan financier et à faire mieux les choses, le projet finance 65 ruches pour 13 villages, 5 ruches par village, avec tout le matériel annexe (bottes, combinaison, enfumoirs, etc.) pour des expériences pilotes sur site sur l’initiative de ces communautés à la base. Aussi, ces 13 sites ou ruchers seront opérationnels à partir du mois de mai 2009, après la remise du matériel en apiculture améliorée à ces communautés. Les premières récoltes sont envisagées pour le mois d’août, selon le cycle de production de miel et les potentialités de la végétation de la région. Il est très tôt pour se prononcer sur la quantité envisagée pour chaque site pilote ou rucher. Cependant, ce qui est sûr, c’est que ces communautés feront des récoltes importantes de miel et de très bonne qualité sans danger pour les éleveurs, contrairement à la cueillette et l’apiculture traditionnelle. Nous espérons que dans l’avenir, plusieurs initiatives du genre verront le jour dans cette activité respectueuse de l’environnement, mais aussi rentable sur le plan financier.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)