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Le volontariat : un outil pour des projets d’avenir
par Julien Guillemard

Culture d’une parcelle de terrain louée par les agricultrices de l’Association Remesha de Kanyosha au Burundi avec le conseil du volontaire VNU Julien Guillemard (à droite, chemise bleue).
(Photo : VNU/Joelle Mehner)Culture d’une parcelle de terrain louée par les agricultrices de l’Association Remesha de Kanyosha au Burundi avec le conseil du volontaire VNU Julien Guillemard (à droite, chemise bleue). (Photo : VNU/Joelle Mehner)
08 septembre 2007

Bujumbura, Burundi: Parmi les outils que leur ont remis les volontaires VNU, les femmes de l’Association Remesha ont fait bon usage du volontariat pour développer la production agricole de Kanyosha au Burundi.

Le génocide et les massacres de masse qu’a connu le Burundi obligent de nombreuses femmes âgées, démunies de toutes ressources, à soutenir seules leurs familles. Cette situation les incite à s’organiser en association pour se soutenir mutuellement et développer ensemble de petits projets agricoles.

Les femmes de l’Association Remesha ont été remarquées par les Volontaires des Nations Unies parmi une quarantaine d’autres associations en raison de leur effort et de leur motivation pour développer leur projet agricole au bénéfice de leur communauté à Kanyosha au sud de Bujumbura, la capitale du Burundi. Plusieurs volontaires VNU ont saisi l’occasion pour soutenir l’initiative de ces femmes volontaires et en faire un exemple encourageant et motivant pour d’autres.

Chargé de ce projet de coopération, je leur ai expliqué au début de la saison sèche, en juin 2007, pourquoi les Volontaires des Nations Unies avaient décidé de leur donner des bêches, des seaux, des semences (poivrons, oignons, poireaux, aubergines et amarantes) et de l’engrais pour les aider à mettre en valeur les champs.

Un mois plus tard, la présidente de l’association m’avait invité à constater l’ampleur des activités et le résultat du travail. J’ai ainsi visité une grande pépinière aménagée pour faire pousser, avec précaution, les jeunes pieds de poivrons, d’oignons, de poireaux et d’aubergines tandis que les amarantes avaient été directement plantées dans les champs.

Les 42 femmes de l’Association Remesha ont, à tour de rôle, effectué des travaux de défrichage, de plantage, d’arrosage, de binage, de cerclage et de repiquage dans la pépinière. Un projet volontaire aux résultats encourageant.

La pépinière, divisée en vingt carrés bien alignés, bien entretenus et régulièrement arrosés, a démontré la capacité d’organisation, le savoir-faire et la volonté de ces femmes à réussir les cultures pour le bien-fondé de leur association et le développement de leur communauté.

A moins de 150 mètres, le long de la rivière Kanyosha, j’ai visité leur champ d’une superficie de deux hectares. Il y dix ans la location annuelle du terrain s’élevait à 30 000 francs du Burundi. Le loyer a augmenté au cours des années et est passé à 80 000 francs aujourd’hui, soit 80 dollars des Etats Unis. La terre n’est pas très riche, mais la proximité de la rivière Kayosha facilite l’irrigation. Les femmes ont travaillé la terre du champ pendant plusieurs années, avant d’allouer des parcelles de dix mètres sur trois à chacune pour gagner en productivité et pour les responsabiliser davantage. Dorénavant chaque femme est responsable de sa parcelle et se rend compte que leur effort personnel et la solidarité ont une valeur dans l’augmentation de la production.

L’an dernier, la récolte de haricots a été détruite par les inondations et les rafales de vent, mais elles n’ont pas perdu espoir et se sont mises au travail. Cette année est bonne, car elles ont diversifié leurs productions. Certes, elles redoutent encore les augmentations de loyer, les intempéries et les insectes, mais elles comptent sur l’expérience acquise pour mieux protéger les plantations de légumes et peut être même acheter une chèvre ou deux avec les bénéfices. Elles font à présent des projets d’avenir. De mon côté, je continue à penser avec elle à la bonne façon de transmettre le message de Remesha et de penser à leur reconversion, car si elles sont travailleuses, dignes, pleines d’humour et attentionnées, ces femmes sont aussi âgées.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)