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Les VNU en Afghanistan

06 décembre 2002

BONN: En Afghanistan, recommencer signifie repartir de zéro. Après les épreuves de la guerre et la décennie de conflit intérieur, les Afghans ne s'attendent guère aux miracles. Pourtant l'espoir vit face à l'aide internationale qui se mobilise pour la reconstruction. La présence des Volontaires des Nations Unies (VNU) est forte en Afghanistan. "Nous sommes 50 VNU sur le terrain qui apportons une aide allant de l'humanitaire à la mise en place du nouveau système bancaire", dit Lars Narfeldt qui dirige l'équipe VNU là-bas. Les volontaires travaillent aux côtés des partenaires du programme VNU, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Comme beaucoup d'Afghans, Hasibullah* sait que les VNU aident en Afghanistan. Il a reçu l'aide de Kirstie Farmer, VNU britannique, alors qu'il se trouvait avec quatre membres de sa famille à l'Ouest dans le camp de Shaidayee qui abrite 17 000 personnes déplacées dans la banlieue d'Herat. Hasibullah a raconté son histoire à Kirstie. Quand il lui a révélé sa profession de maître d'école, elle a été ravie de l'apprendre, sachant que l'UNICEF recherchait un enseignant pour les enfants des réfugiés. "J'ai réussi à lui trouver du travail provisoirement", dit-elle. La VNU a travaillé deux ans dans les Balkans avant de venir assister l'équipe du HCR pour la protection à Shaidayee en Afghanistan. "Les problèmes des réfugiés sont partout les mêmes, dit-elle, il n'y a que la langue qui change".

Côté frontière avec l'Iran, des réfugiés lancent un oeil hagard aux amas de décombres des maisons. Ici pour survivre il faut trouver de l'eau, de la nourriture, un abri, de l'aide. Mais plutôt que de livrer des sacs de blé qui risquent d'être volés et revendus sur les marchés, le PAM a préféré ouvrir des boulangeries. A Mashlakh, les réfugiés font le pain eux-mêmes et le distribuent en ration de 400 grammes par personne aux 42 000 personnes du camp. "Je surveille que les rations sont bien produites et de bonne qualité", dit Devaki Shrestha, VNU avec le PAM. Au total, 49 boulangeries occupent 112 hommes et 223 femmes. Celles-ci apprennent aussi à lire et à écrire "parce qu'elles veulent ouvrir une boutique une fois rentrées chez elles", confie la volontaire originaire du Népal. Dans le secteur de Khosan, le travail des 38 boulangères du village de Bunyad permet de nourrir 6 000 enfants des écoles qui reçoivent la nourriture grâce à un service de distribution assuré par une équipe de 12 livreurs et 11 volontaires.

Fulya Vekiloglu, VNU de Turquie, est préoccupée par la condition des femmes en Afghanistan. La volontaire travaille pour le PNUD avec des ingénieurs pour la réouverture de 47 bains publics autour de Kaboul, la capitale. "Les femmes ont besoin des bains pour se laver, dit-elle. Le régime afghan précédent leur avait interdit l'accès au hammam de peur que cet endroit ne devienne prétexte à des rencontres entre femmes de différentes familles".

Ouvrir aux Afghans des horizons nouveaux est l'ambition du VNU Simon Clarke, professeur d'anglais pour l'UNESCO. Le volontaire travaille à l'aéroport de Kaboul où il enseigne l'anglais aux aiguilleurs du ciel. Au Centre de langues de l'UNESCO, il a installé une salle de formation à la micro-informatique pour le Gouvernement. "Cela surprend les gens que je sois volontaire, confie-t-il ; en même temps ils sont reconnaissants des services que j'offre et du savoir-faire que je transmets".

Les Afghans rapportent chez eux un savoir-faire Le quart des VNU en Afghanistan sont des expatriés afghans retournés chez eux dans le cadre de l'initiative TOKTEN pour le transfert de savoir-faire par des expatriés. Parmi eux, Anwar-ul-Haq Ahady signe la nouvelle monnaie de l'Afghanistan depuis octobre. Le VNU banquier a pris son poste de gouverneur de la banque centrale d'Afghanistan en juillet.

Le volontaire veut réformer le système monétaire et bancaire en Afghanistan. "La nouvelle loi sur les opérations bancaires sera soumise au Gouvernement sous peu", dit-il. Il prévoit de moderniser la banque et de former le personnel en conséquence. La formation a été entamée au Ministère de la Femme où elle fonctionne grâce à Maryam Aledi, VNU qui aide le personnel féminin au travail administratif sur ordinateur.

"Elles établissent les rapports aux gouvernements donateurs sur ordinateur", dit-elle. La volontaire se sent à l'aise avec TOKTEN. "L'initiative est intéressante, dit-elle, en ce sens qu'elle permet de donner un enseignement et en même temps d'apprendre". La formation est aussi prioritaire au Ministère des Travaux publics et des Transports. Le VNU afghan Qaseem Naimi est revenu du Canada grâce à TOKTEN pour fournir un appui technique dans l'exécution du plan de construction des routes en Afghanistan. "Je donne une formation dans plusieurs ministères, notamment au Ministère des Travaux publics et celui des Transports", dit le conseiller technique auprès de l'Autorité de Coordination d'Aide de l'Afghanistan (ACAA). Il ne regrette nullement sa décision.

*Nom inconnu

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)