english  |  français |  español  Voir les fils RSSFils RSS  Accueil  |  Contacts  |  FAQs  |  Recherche  |  Plan du site  |  Politique en matière de divulgation de l’information
Une Japonaise et des Maliennes contruisent un avenir

01 juin 2000

BONN: Satoko Kato est arrivée au Mali, de son pays natal le Japon, en novembre 1998. Elle y a rejoint son poste de VNU spécialiste à Babougou dans le district de Koulikoro à quelque 60 kilomètres au nord-est de la capitale Bamako. La VNU, dont le poste est financé par l'organisation japonaise d'aide au pays en développement JOCV, "Japan Overseas Cooperation Volunteers", coordonne le développement rural au sein d'un projet exécuté par une ONG japonaise, l'Association pour la Coopération et l'Autogestion Rurale en Afrique de l'Ouest (CARA). Elle est l'agent de liaison entre l'administration CARA à Tokyo et les participants impliqués dans les multiples activités du développement sur le terrain. En plus d'en superviser les réalisations, Satoko donne des cours de couture et de teinture aux femmes des villages de Bougounissaba et Wolonkotoba.

"Le projet de l'ONG a démarré en 1994 et couvre 47 villages et hameaux du Mali", explique Satoko. "L'objectif est de fournir aux populations rurales des moyens d'existence durables", ajoute-t-elle en poursuivant que "les activités ont trait à l'alphabétisation, au reboisement, au maraîchage, à l'installation de pompes et de moulins, à la promotion des activités de santé et des droits de la femme. Nous dispensons une formation à des villageois pour qu'ils deviennent à l'avenir les acteurs du développement dans leur secteur." La VNU manie parfaitement le Français, la langue officielle du Mali. Elle a reçu une formation en Bambara, la langue maternelle de 40% des Maliens parlée par 90% de la population du pays.

"Je tiens ma première expérience du volontariat en milieu rural du pays voisin, le Niger, où j'ai travaillé pendant plus de deux ans avec l'agence de coopération japonaise JOCV", raconte Satoko. Et elle ajoute: "Je travaillais pour l'environnement avec des villageois. Je connais bien les habitudes et la mentalité des femmes de la campagne parce que j'ai habité avec elles."

La VNU est chargée de superviser les activités de promotion féminine dans les centres sociaux des villages de Bougounissaba et Wolonkotoba. Les femmes y font l'apprentissage de métiers ou reçoivent une formation de spécialisation. Elles apprennent aussi à gérer leurs affaires et sont encouragées à participer aux décisions qui les concernent. Satoko commente: "En couture, je leur apprends à dessiner des patrons, à couper les tissus et à se servir d'une machine à coudre pour confectionner des vêtements pour femmes et enfants. Dans chaque village, elles sont une dizaine à fréquenter les ateliers."

Satoko est satisfaite de ses apprenties, comme l'indique son commentaire suivant : "Elles effectuent un bon travail. A l'atelier, les réactions des apprenties couturières sont diverses. Certaines sont mécontentes si je leur demande de refaire ce qu'elles ont mal fait. Parfois, elles abandonnent même le travail, mais reviennent plus tard poussée par la curiosité de ce que les autres continuent d'apprendre. Par contre, si elles ont bien compris et réussi le travail, elles viennent me montrer ce qu'elles ont réalisé avec des yeux brillants de contentement."

Quatre villageoises des centres de promotion féminine de Bougounissaba et Wolonkotoba ont reçu une formation d'animatrice à Bamako, la capitale. "Elles ont été désignées par les apprenties couturières pour devenir leurs monitrices et assurer ainsi la continuité des activités dans les centres sociaux", souligne la VNU japonaise.

Actuellement ces femmes qui n'ont pas eu la chance d'aller à l'école apprennent à gérer leurs activités et à commercialiser les vêtements qu'elles confectionnent. L'argent de la vente sert à développer les programmes de leur centre social où d'autres villageois peuvent se procurer des vêtements.

"Je suis satisfaite de ce que je réalise en tant que VNU. Ce qui me réjouit le plus est de transmettre un savoir appris dans l'enfance à des femmes qui n'ont pas eu la même chance que moi. Je me sens enrichie de cette expérience et suis confiante qu'elles réussiront à améliorer leurs conditions de vie en gagnant en autonomie. Lorsque j'aurai terminé mon contrat, j'aimerais poursuivre dans le développement, en particulier l'aide humanitaire. C'est formidable de travailler avec des gens de différentes nationalités pour un objectif commun! Personnellement je le ressens comme être en harmonie avec le monde."

Sakoto est diplômée en littérature et langue espagnole de l'Université Kanagawa à Yokohama au Japon. Elle est titulaire d'un diplôme d'études en langue française du Ministère de l'Education Nationale français. La VNU restera en poste jusqu'en novembre 2000. Souhaitons lui qu'après cette date elles réussissent ses futures entreprises !

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)