par Nayer Abdou Rabi
Le volontaire VNU Nayer Abdou Rabi (debout au centre) donne une formation aux membres d’une association « Ulanga » (terme comorien signifiant « environnement ») afin de pouvoir mener des actions durables pour le développement respectueux de l’environnement. (Programme VNU)
Une association de femmes à Sima (Comores) fabrique des foyers en argile qui permettent d’économiser du bois. (Programme VNU)11 novembre 2009
Anjouan, îles des Comores: Pour moi qui suis du pays, l’environnement passe par l’éducation, et ici aux Comores, l’éducation à l’environnement passe par les associations locales de développement. Avec le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), je me suis engagé à aider ces associations à agir pour la conservation de l’environnement. Grâce au projet OCB qui vise le développement des capacités des organisations communautaires, nous donnons aux associations de développement des ressources pour éduquer à l’environnement et amener des villageois à s’investir comme volontaires dans des actions de sauvegarde du milieu naturel. Le projet se sert du volontariat pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement aux Comores. Dans mon travail quotidien, je suis en contact direct avec les associations de développement de six villages situés au pied du Mont Ntringui à Anjouan, une île de l’Océan Indien riche en espèces endémiques malheureusement menacées d’extinction. Les associations me servent de porte d’entrée sur les villages et leurs communautés. Chaque village a son association de développement dont les membres, hommes et femmes, viennent des organisations d’actions volontaires ou des associations « Ulanga » qui signifie « Environnement » en comorien. Les premières soutiennent le développement communautaire et les autres mènent des activités de préservation de l’environnement. Toutes agissent avec l’aide de la jeunesse et réalisent un travail efficace avec un minimum de moyens et de ressources. Le schéma des activités repose sur la participation des villageois qui, sans rémunération, sont prêts à donner une partie de leur temps et de leur énergie pour le bien-être de leur communauté, tout en pensant aux générations futures.
Il faut savoir qu’aux Comores, on assiste à une dégradation globale de l’environnement à cause de la forte pression démographique, de l’utilisation des scies électriques, une « arme de destruction massive » de la forêt. Il y a aussi la recherche de nouvelles terres agricoles, de bois d’œuvre, de bois de service et du bois comme combustible. Cette déforestation entraîne, entre autres, la perte de la biodiversité et l’érosion des sols.
Dans son rapport sur l’évaluation des ressources forestières au niveau mondial, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la dégradation se poursuit, avec une proportion des zones forestières par rapport au territoire national de 2,5 % en 2005 contre 3,2 % en 2000. Le taux était de 6,6 % en 1990.
Face aux menaces qui provoquent le déséquilibre écologique, les associations de développement des six villages du Mont Ntringui sont devenues des partenaires importants du projet OCB ; une enquête sur les besoins requis par ces associations nous a conduits à développer du matériel pédagogique de formation dans divers domaines comme la gestion administrative et financière d’une association de développement, les techniques de plantation, de reboisement et de lutte phytosanitaire, les techniques avicoles et d’élevage des petits ruminants, et la promotion des activités génératrices de revenus. Ces supports abordent aussi l’animation sur les concepts environnementaux en milieu scolaire, les techniques durables de coupe de bois, les enjeux environnementaux et le rôle des autorités administratives, militaires, coutumières et religieuses dans la gestion durable des ressources naturelles. La formation initie aussi à la gestion des déchets ménagers, aux techniques de lutte antiérosive, aux techniques agricoles et forestières, à la valorisation des sites touristiques et la promotion du tourisme écologique.
Ces supports pédagogiques servent à intégrer les techniques de sensibilisation et l’éducation environnementale au niveau des différentes communautés, les techniques de gestion de l’environnement, mais aussi des techniques d’accompagnement des associations sur des activités génératrices de revenus compatibles avec la gestion de l’environnement.
Par la promotion du volontariat pour la préservation de l’environnement, ces associations nous aident à mobiliser les communautés lors de l’organisation des réunions de sensibilisation et à diffuser, au niveau des autres associations, les connaissances acquises par le projet OCB. Elles restent le garant de la préservation de l’environnement au niveau des villages, où elles éduquent à l’aide de grandes réunions de sensibilisation et de rassemblements dans les lieux publics.