Le climat, une question de survie pour les nomades
par Assaid Aoujem

Au sud du département de Tchintabaraden au centre du Niger, la région est pauvre en végétation et en eau, même en saison des pluies. Le climat et l’action des hommes ont détruit les habitats naturels et causé l'exode des nomades peuls et touaregs. (Programme VNU)Au sud du département de Tchintabaraden au centre du Niger, la région est pauvre en végétation et en eau, même en saison des pluies. Le climat et l’action des hommes ont détruit les habitats naturels et causé l'exode des nomades peuls et touaregs. (Programme VNU)
12 novembre 2009

Tahoua, Niger: Le climat, c’est un sujet que nous évoquons chaque fois que nous avons des réunions et assemblées générales avec les populations de Tahoua au Niger. Mon travail de volontaire animateur pour le développement communautaire se fait à la base et mon expérience m’a révélé combien il est extrêmement important d’innover dans la conservation et la restauration des sols.

J’ai rapporté de mes différentes missions sur le terrain quelques photos dont les dernières ont été prises au sud du département de Tchintabaraden, à la fin d'août et en septembre 2009. Cette période correspond à la fin de la saison des pluies. On peut voir une région rurale appauvrie en eau et végétation sous l'effet du climat et de l'action de l'homme. Autrefois, cette région regorgeait d’habitats naturels de tous types, mais aujourd'hui, on constate la disparition progressive de la masse végétale, la formation des dunes de sable et la diminution du cheptel.

Sur la vaste étendue de terre désertique, les tentes de nomades sont de plus en plus rares à cause de l’exode rural. J’ai rencontré des éleveurs complètement démoralisés. Beaucoup, en partie responsables de l'appauvrissement des sols, sont partis. Les vallées sont asséchées et il ne reste que quelques marigots où les agriculteurs vont chercher l'eau pour ensemencer les parcelles, et j'ai même vu des animaux manger les feuilles des arbres pour se nourrir. Pendant la saison froide d’octobre à février, les nomades peuls et touaregs vont plus bas sur d'autres terres avec leurs animaux, ce qui entraîne des conflits entre éleveurs.

Cette situation résulte des sécheresses successives du début des années 70 et 80, du tarissement des eaux et de l’apparition des dunes. A la suite des échanges que j'ai eus avec les nomades sur la façon de préserver leur environnement et lutter contre la désertification, je conseillerais aux collègues volontaires VNU affectés au plan communautaire d'initier des activités d'information, de sensibilisation et de formation sur l'environnement pour les populations rurales. Le concours d’histoires pour la campagne « Volontaires en faveur de notre planète » est une bonne initiative, car elle peut inspirer d'autres volontaires VNU à s'investir aux côtés des communautés rurales pour avoir une meilleure vision commune du changement climatique. Des innovations pour la conservation et la restauration des sols s'avèrent plus que nécessaires dans nos régions comme au Niger.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)