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L’apprentissage civique et électoral
par Almou Hadi

08 septembre 2007

Kinshasa, RDC: La formation civique et électorale, connaissances transmises par des volontaires VNU, éveille la conscience populaire et aide, en particulier les femmes et les enfants, à se prendre en charge pour un avenir meilleur en République démocratique du Congo.

Etre volontaire VNU avec la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) est une expérience qui marque la vie. J’ai passé une vie hors de l’ordinaire avec les Congolais qui ont fait l’apprentissage des élections.

C’est au Niger, mon pays d’origine, où j’ai pris la décision de devenir volontaire pour aider le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) à soutenir les activités d’éducation civique de la MONUC pour les premières élections démocratiques en RDC.  

En février 2006 je prenais mon poste à la section électorale de Bandundu avec pour mission de faciliter l'information, la sensibilisation et la formation de la population sur le processus électoral. Avec les autres collègues de la section électorale, notre but était de créer une meilleure appréhension des contenus électoraux et des procédures, ainsi que de donner l’accès aux populations à l’apprentissage de leurs droits et de leurs devoirs civiques en vue des élections. Pour les volontaires VNU, l’ambition était aussi de démontrer l’impact du volontariat sur le travail des Nations Unies. Pour cela il nous fallait veiller à la parfaite organisation des opérations et garantir l’éducation civique de plus de cinq millions de Congolais dans la province de Bandundu.

Ce fut un succès réel quand nous avons enregistré un taux de participation qui variait de 70 à 90% au fur et à mesure des opérations. Au-delà de ce qui était prescrit dans les termes de référence de ma mission de volontaire VNU, je me suis engagé, en accord avec mes chefs hiérarchiques, dans d'autres activités qui m’ont amené à prendre la fonction de point focal de la formation électorale. Je devenais ainsi le chargé des affaires légales et des contentieux électoraux, le leader de l'équipe internationale pour l'assistance électorale à Inongo, et le coordonnateur de la section électorale pendant les périodes de congé.

Après seize mois d’intenses travaux liés à l’assistance électorale, en particulier à la sensibilisation et à la formation électorale dans le Bandundu, il devenait clair que les choses ne devaient pas en rester là. J’ai alors cherché un canevas qui permettrait à la société civile de pérenniser ses actions après les élections. L’équipe et moi avions pour ce faire un premier outil en main : le Réseau des Acteurs non étatiques d’appui au Processus Electoral et à la Décentralisation (RAAPED). Créé avec l’appui de volontaires VNU pour appuyer le processus électoral, le réseau regroupait 150 organisations paysannes à but apolitique et non lucratif, reparties dans le Bandundu, Inongo et Kengé.

La préoccupation majeure était de faire en sorte que les capacités du RAAPED fussent renforcées pour lui permettre de valablement poursuivre ses objectifs sans besoin de financement ou d’appui technique extérieurs. Une première équipe pilote de deux cents animateurs civiques en développement communautaire se mettaient sur pied pour enseigner à des Congolais comment prendre l’avenir en main. Elle a commencé à créer les champs agricoles communautaires.

Pour le Bandundu, 58 champs, soit une superficie de 60 hectares, furent aménagés. Les associations communautaires y ont cultivé du mais, de l’arachide et du niébé. Avec l’appui technique des volontaires VNU, elles ont appris la culture en association (mais et niébé, maïs et arachide), comment préparer les terrains et bien choisir les semis, quelles techniques de semences utiliser, comment entretenir périodiquement les cultures, comment lutter contre les maladies et gérer l’achat de matériels pour le labourage et les engrais.

Cette action volontaire a été remarquée par les responsables de la MONUC, le gouverneur de la province et le public pour ce qu’elle a apporté en sécurité alimentaire et en création de structures communautaires bien établies et bien gérées pour un développement local mieux équilibré. Pour nous, cette expérience a permis de définir l’orientation du futur et quels devaient être les nouveaux programmes de formation à développer pour améliorer la santé, l’éducation, l’environnement et d’autres secteurs vitaux de la province. Elle nous a aussi amené à définir les pratiques optimales qui éveillent la conscience populaire, en particulier au sein des groupes les plus défavorisés comme les femmes et les enfants, dans le but de bannir la haine et les clivages au profit du développement communautaire.

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Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)