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Les femmes du Mali génèrent des revenus en milieu rural
par Fabienne Copin
10 décembre 1999 BONN: La femme malienne assume traditionnellement la gestion quotidienne des affaires domestiques. Ses compétences sont multiples : elle est à la fois ménagère au logis, paysanne au champ, vendeuse dans la rue ou au marché, artisane à l'atelier de poterie… Ses ressources sont d'un intérêt considérable pour les activités en faveur du développement. N'na Marie Lokou est VNU animatrice internationale au sein d'une initiative de développement à la base qui se propose d'identifier et de promouvoir les activités féminines génératrices de revenus dans le secteur de Diré au Mali. "Je passe toute la journée avec les femmes. Nous travaillons ensemble. L'essentiel de ma tâche est de leur transmettre les connaissances issues de mon expérience. Elles-mêmes ont un savoir qu'elles me font partager. J'apprends beaucoup d'elles et je suis heureuse de leur donner tout autant". N'na Marie Lokou, en poste au Mali depuis près de deux ans, parle avec enthousiasme de son rôle de VNU animatrice internationale au sein d'une initiative menée avec les femmes maliennes du cercle de Diré dans la région de Tombouctou au nord du Mali. Cette zone, avec ses 500 000 habitants, est la plus défavorisée de ce grand pays de l'Afrique de l'Ouest qui compte parmi les plus pauvres du monde. La population vit principalement de l'agriculture, de l'élevage et de l'artisanat. Marie est diplômée en affaires sociales et santé publique. Riche de l'expérience acquise au Togo, son pays natal, elle apporte son assistance technique à la communauté des femmes maliennes de Diré. L'union faisant la force selon le proverbe, Marie a groupé potières, boulangères, patissières et maraîchères en associations distinctes au sein desquelles les aptitudes de toutes sont rassemblées et le savoir-faire de chacune est valorisé. L'objectif est de tirer avantage économique des nouvelles activités engendrées par cette union de talents qui se veut innovatrice. "Quand j'ai commencé mes activités, explique Marie, chaque femme travaillait recluse dans sa maison et dans la routine du savoir-faire traditionnel". Mais l'apprentissage précieux que les filles reçoivent des mères ne permet pas de maîtriser les nouvelles techniques de transformation de matières premières. En bâtissant sur les connaissances de base de ces femmes, la VNU leur a enseigné ces techniques. L'Association Annya centre ses activités sur la transformation du blé. La farine est produite à la façon traditionnelle. Les grains pirouettent au-dessus du fond plat des vans, larges paniers d'osier que les femmes maintiennent fermement aux deux anses et font virevolter à larges tours de bras; puis ils se brisent sous les coups de la pierre pour finalement s'anéantir au travers des fines mailles d'un tamis. La VNU compose et réalise alors des mélanges jusqu'alors inconnus, familiarise les femmes aux techniques de cuisson les mieux appropriées à la fabrication de pains, à la confection de gâteaux et de galettes et à la préparation de bouillies enrichies. Les produits issus des nouvelles "recettes" sont consommés dans le cadre domestique ou proposés à la vente dans les commerces ou sur les marchés locaux. La motivation de ces femmes est grande. Les idées fusent et la production s'enrichit de nouvelles pièces. "Elles font preuve de beaucoup d'ardeur au travail et d'enthousiasme durant les moments forts de découverte, d'apprentissage, de concertation et de production, commente Marie ; le groupe les motive, elles sont transportées de joie au constat de leurs réussites et vont même jusqu'à faire, ensemble, des projets d'avenir". Le dynamisme de la VNU y est pour beaucoup ; il stimule de la même manière la créativité des femmes de l'Association des potières de Longguel. L'achat de matières premières coûtant trop cher, on utilise les ressources naturelles fournies par le propre environnement. L'association fabrique, à partir de crottins d'âne, de balles de riz, d'argile et d'eau, les briques en terre cuite destinées à la consolidation et à l'embellissement de l'habitat rural. Les femmes réalisent aussi des poteries pittoresques dans la tradition de la céramique de la région. Ces objets rejoignent les batteries de cuisine des ménagères ou les étals des commerçants. Les produits offrent la garantie d'une solidité à l'emploi acquise grâce à la maîtrise des techniques de consolidation des mélanges enseignées par la VNU. A côté de l'assiduité au travail de ses apprenties, Marie apprécient les rencontres régulières avec ces femmes aux talents d'artistes. La vitalité qui règne dans les associations de femmes est admirablement surprenante quand on pense à la charge de travail qu'elles assument quotidiennement. Femme dans le développement regroupe des forces au féminin qui produisent des plants pour des opérations de reboisement ou qui aménagent des jardins maraîchers. La VNU encadrent les activités du maraîchage que les énergies déployées par les membres de l'association ont enrichi d'une variété accrue de légumes (tomate, pomme de terre, piment…). Ces légumes sont vendus sur le marché. Consommés dans l'espace familial, ils apportent un surplus de vitamines dans l'alimentation quotidienne des ménages. "Au cours de causeries éducationnelles, je donne des conseils nutritionnels et procède à des démonstrations culinaires pour une alimentation saine, profitable surtout aux enfants", précise Marie. Marie est fière du constat à la fois du courage et du talent des femmes dont elle mobilise et perfectionne le savoir-faire. Leur sérieux, leur attention et leur précision dans l'apprentissage impressionnent la VNU qui se sent gratifiée de leurs succès. Soucieuses de diversifier leurs productions, d'en penser le coût et les problèmes de qualité, ces femmes se comportent presque en véritables chefs d'entreprises. Organisées, elles sont conscientes que c'est dans l'union qu'elle trouve la vigueur à liquider efficacement la double charge qui leur incombe : celle d'accomplir les travaux traditionnels du foyer et celle d'effectuer des activités économiques génératrices de revenus pour le bien-être de leurs familles. |
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