Contrôler l'épidémie du VIH/sida à Trinidad y Tobago

29 mai 2005

Le médecin keynian David Musa et 15 autres Volontaires des Nations Unies (VNU) venus du Bangladesh, de Bulgarie, d’Égypte, d’Iran, de Mongolie, des Philippines, du Sri Lanka, du Tadjikistan et du Venezuela, ont profité de la Journée internationale des Volontaires du 5 décembre 2004 pour se rendre au foyer pour enfants de St. Dominique à Port of Spain, capitale de l'archipel caraïbe Trinité-et-Tobago. Les VNU y ont parlé du VIH/sida avec des enfants de huit à 15 ans qui, bien que conscients qu’on peut mourir du sida, ignorent tout des risques de propagation du virus et méthodes de prévention. David Musa a remarqué que beaucoup de gens pensent que le virus ne peut pas les atteindre, et pourtant, lui, médecin, reçoit régulièrement en consultation des familles affectées par le virus.

La population de l’archipel, déjà affaiblie par l’émigration vers les pays à forte économie, risque d’être décimée si on laisse progresser le virus. En 2003, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) estimait à environ 29 000 le nombre d’enfants et adultes vivant avec le VIH/sida. Les femmes sont plus touchées que les hommes pour diverses raisons: vie sexuelle précoce, partenaires multiples, toxicomanie, désir d’avoir des enfants. Le test de dépistage est obligatoire pour elles dans bien des cas : examen prénatal, don de sang, émigration et contrôles réguliers. Les chiffres officiels ne tiennent compte que des cas de maladie ou de décès notifiés et sont loin de refléter la réalité dans cet archipel des deux îles les plus méridionales des Caraïbes, la région du monde la plus touchée après l'Afrique.

Le VNU David Musa, spécialiste des maladies infectieuses et du sida, est venu du Kenya à Trinité-et-Tobago en 2003. Il travaille dans une clinique provinciale de santé communautaire (St George West). Les journées y sont longues, entre consultations (20 à 40 patients par jour), visites aux malades, recherche de traitements, notification des cas, tests de dépistage, information, prévention et aide psychologique aux familles. Chaque semaine il y a au moins cinq cas d’infections par le VIH : femmes enceintes et toxicomanes.

La lutte contre le VIH/sida est devenue une priorité pour le Gouvernement qui a alloué un budget spécial. La fuite de cerveaux vers l’étranger a laissé un vide majeur dans les deux îles et le programme VNU a envoyé 80 VNU médecins en septembre 2003 pour aider à former de nouvelles équipes de médecins et infirmiers. David Musa encourage les jeunes médecins à rester au pays pour y rétablir les services médicaux et de consultation pour les familles : soins aux enfants, conseils aux jeunes mères et futures mamans, traitements contre les maladies infectieuses.

Les consultations sont gratuites uniquement dans les centres publics. Avec la collaboration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le VNU et ses collègues ont travaillé à une proposition d’introduction du test de dépistage volontaire gratuit au niveau national et d’installation d’une clinique où chacun pourra se rendre, sans rendez-vous préalable, pour faire gratuitement le test de dépistage du VIH et en obtenir le résultat le jour même.

Les personnes ont du mal à accepter leur séropositivité à cause de la stigmatisation qui entoure le virus. Le VNU oriente les patients exclus par leur communauté et en difficulté économique vers les associations de personnes vivant avec le VIH/sida. Dr. Musa a choisi d’être volontaire pour la même raison qui l’a poussé à devenir médecin : aider autrui, et après cette mission, il compte poursuivre ailleurs la lutte contre le VIH/sida.

Contribution par : Claudia Pivaral, programme VNU, Section des Etats arabes, de l’Amérique Latine et des Caraïbes (ARLAC).

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)