Chapitre 2: L’inclusion et la participation

Des fillettes dans la première école de filles du district de Ragh, dans la province de Badakhshan, en Afghanistan. L’école a été construite grâce à des fonds réunis par Toshiko Kitahara, une Volontaire japonaise des Nations Unies au service du Programme alimentaire mondial. (Photo : PAM)Des fillettes dans la première école de filles du district de Ragh, dans la province de Badakhshan, en Afghanistan. L’école a été construite grâce à des fonds réunis par Toshiko Kitahara, une Volontaire japonaise des Nations Unies au service du Programme alimentaire mondial. (Photo : PAM)
13 juin 2006

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Cette contribution porte sur l’encouragement de l’inclusion de toutes les personnes concernées, notamment les personnes défavorisées, dans les processus qui concernent leur bien-être. Il s’agit de rendre disponible les informations sur les possibilités de participation et sur la manière de participer, de mettre en place des stratégies et des processus de participation durables, d’établir et de renforcer des réseaux pour faciliter l’accès des groupes cibles aux processus décisionnels, et de veiller à l’établissement de mécanismes d’une manière qui facilite le dialogue entre tous les acteurs aux différents niveaux des processus décisionnels. Le rôle considérable du programme VNU dans les élections est une bonne illustration de sa valeur ajoutée dans ce domaine. Un autre exemple porte sur les efforts des Volontaires des Nations Unies pour s'assurer que les femmes, les jeunes, les personnes atteintes du VIH/sida ainsi que d’autres groupes vulnérables soient bien inclus dans des groupes d’action volontaire qui s'attaquent aux questions préoccupantes. Le programme VNU inclut également le volontariat local comme vecteur d’encouragement à la réconciliation et au rapprochement de sociétés divisées, et par ce moyen de renforcement de la faculté de récupération des communautés et de leur aptitude à s'en sortir après un conflit.

Le désir de paix au Libéria a reçu un fort vote de confiance le 11 octobre 2005 lorsque les Libériens se sont déplacés pour voter à l’occasion des premières élections d’après-guerre dans leur pays. Cela a donné lieu à l’élection de la première femme chef d’Etat en Afrique. Les agents d’élection volontaires du programme VNU, rattachés à la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ont été engagés dans tous les aspects du processus électoral, jouant un rôle prépondérant dans l’enregistrement de 1,3 millions d’électeurs environ. Outre le fait de renforcer les capacités des membres nouvellement recrutés de la Commission nationale électorale du Libéria, les Volontaires des Nations Unies ont formé près de 18 500 employés nationaux dans les dix-huit bureaux électoraux des Nations Unies dans les provinces. Au Burundi et plus récemment à Haïti, les Volontaires des Nations Unies travaillant avec les missions locales des Nations Unies, ONUB et MINUSTAH, ont fourni aide technique et assistance logistique aux organismes électoraux nationaux et à ceux des Nations Unies en les aidant à identifier et à meubler des bureaux de vote et à organiser des campagnes d’inscription électorale. En République démocratique du Congo, les Volontaires des Nations Unies appuyant la MONUC, la mission de maintien de la paix des Nations Unies, ont procédé aux préparatifs des élections prévues en 2006. Postés dans des villages reculés, quelques 150 volontaires du programme VNU, dont près de la moitié était des femmes, ont approché des groupes isolés pour encourager leur participation aux élections et leur inclusion. Afin de motiver les femmes, les VNU ont coopéré avec les femmes chefs de file locales pour leur donner les informations et les outils leur permettant de diffuser le message électoral.

Au cours de l’année 2005, le Kirghizstan a souffert de troubles politiques. Afin d’améliorer la situation, le programme VNU a été engagé pour aider à l’établissement de réseaux de volontaires dans le but de lutter contre l’apathie chez les jeunes électeurs. Des jeunes volontaires ont travaillé dans l’ensemble du pays avant les élections d’octobre dernier afin de sensibiliser leurs pairs aux élections imminentes, aux structures politiques et aux droits et responsabilités des électeurs. Pour de nombreux jeunes qui se sentaient aliénés par le système, ce fut leur premier contact avec la politique. Travaillant en binômes, les volontaires ont passé plusieurs jours dans chaque communauté à encourager les débats entre jeunes et candidats politiques. Ces interactions individualisées ont permis aux jeunes et aux responsables politiques de mieux comprendre leurs problèmes et préoccupations mutuels. Avec le soutien de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et des organismes nationaux correspondants, le projet de participation des jeunes aux élections s’est inscrit dans une plus vaste initiative qui a donné aux jeunes l’occasion de pratiquer le volontariat et a préconisé leur participation aux processus de planification et aux processus décisionnels de leur communauté.

On a constaté que les réseaux de réciprocité qui lient les membres d’une société, ou capital social, permettent de répondre à des conflits. Cette approche soutenue par la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) permet la réintégration durable dans leur communauté de milliers d’anciens combattants. Animant la mise en œuvre du Programme StopGap du PNUD (lauréat du prix ONU 21 en 2004), les Volontaires des Nations Unies ont soutenu des organisations basées sur les communautés dans la gestion de projets à impact rapide, portant sur le développement agricole et l’infrastructure communautaire et qui ont employé des milliers d’anciens combattants et de membres des communautés. Avec le Fonds bénévole spécial (SVF) du programme VNU, un mécanisme de financement de projets pilotes dirigés par le programme VNU, des Volontaires nationaux des Nations Unies ont travaillé au renouement de relations au sein des communautés en préparant de jeunes chefs de file à s’intégrer aux conseils locaux et à organiser des activités de loisirs et de sports, ainsi que des activités culturelles.

Un projet soutenu par le programme VNU a particulièrement bien réussi à associer une approche budgétaire en fonction des sexes et la reconnaissance, promotion et validation du travail non rémunéré effectué par les femmes en tant que volontaires dans leurs communautés. Fin 2005, le programme VNU s’est associé au Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) dans ses efforts pour intégrer dans les processus de participation au gouvernement local un point de vue tenant compte des différences entre les sexes et pour reconnaître les contributions volontaires des femmes au développement national en Amérique Latine. Le projet a commencé par prendre forme dans cinq pays : l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur et le Pérou, où des Volontaires des Nations Unies ont coopéré avec leurs homologues locaux pour sensibiliser les gouvernements et la société à l'égalité entre les sexes et à la participation.

L’action de Toshiko Kitahara, une Volontaire des Nations Unies du Japon, est un excellent exemple de l’inclusion des jeunes filles dans l’éducation. Servant en tant que Volontaire du programme VNU au service du Programme alimentaire mondial (PAM) dans l'unité « Des vivres pour l’éducation » en Afghanistan, Toshiko fut choquée d’apprendre qu’à Ragh, un district dans la province du Badakhshan, des petites filles n’allaient jamais à l’école. Après avoir parlé à divers organismes et agences gouvernementales, et réalisé qu’aucune école n’était prévue, Toshiko a pris les choses en mains. Elle a rallié amis, donateurs et toute personne rencontrée, les mettant à contribution pour construire une école. Plus de 140 personnes et organisations ont soutenu le projet qui, une fois achevé, accueillera 700 fillettes d’école primaire.

Le programme VNU soutient également la « participation accrue des personnes vivant avec le VIH/sida » (GIPA), une initiative du programme conjoint avec l’ONU sur le VIH/sida (ONUSIDA). Au Cambodge, avec des fonds du SVF, le programme VNU a soutenu l’inclusion de personnes vivant avec le VIH/sida. Placés au sein d’institutions gouvernementales dirigeant la réponse nationale à la pandémie, des Volontaires cambodgiens des Nations Unies, dont certains séropositifs, ont aidé des organisations locales à intégrer dans leurs programmes les personnes vivant avec le VIH/sida et ont préconisé l’inclusion des questions se rapportant à ces personnes dans les processus de planification nationaux. En se concentrant sur les besoins propres à chaque sexe, ils ont travaillé pour réduire l’incidence de la discrimination contre les femmes sur le lieu de travail. Ils ont également aidé des réseaux nationaux de personnes vivant avec le VIH/sida à créer des groupes de travail ciblés sur les femmes et à augmenter le nombre d'adhérentes qui a atteint 5 000 femmes dans les 12 provinces du pays. Une étude comparative d’évaluation de projets en Afrique, en Asie et aux Caraïbes a confirmé l’efficacité des Volontaires nationaux des Nations Unies dans la mise en œuvre de l’approche GIPA. L’étude a souligné le partenariat tripartite entre ONUSIDA, le PNUD et le programme VNU en tant que stratégie efficace de mise en œuvre d’une participation accrue des personnes vivant avec le VIH/sida.

Salika Botsabang, Mao Meas et Nunlada Punyarut se sont faites une sacrée réputation. Respectivement volontaires nationales des Nations Unies au Laos, au Cambodge et en Thaïlande en 2005, elles sont devenues plus connues sous le nom des « drôles de dames » de la bonne gouvernance environnementale dans le bassin du Mékong, en référence à la série télévisée et aux films ayant pour vedettes trois jeunes femmes spécialisées dans la résolution de problèmes tout en luttant contre la criminalité. Les Volontaires des Nations Unies faisaient partie d’un projet pilote visant à protéger le Mékong, ses ressources et les moyens de subsistance des personnes vivant le long de ses rives. Le fleuve est l’un des plus longs fleuves du monde. De mauvaises pratiques environnementales et une population croissante ont entraîné des conditions instables qui menacent l’écosystème du fleuve. Tout au long de l’année des sessions de Dialogue communautaire ont été organisées, au cours desquelles les Volontaires des Nations Unies, intervenant à la fois en tant que médiatrices et que traductrices de politiques complexes, ont amené les communautés à débattre. Mieux encore, elles ont participé au renforcement des capacités des communautés en fournissant formation et outils pour développer des plans d’action dirigés localement. Plusieurs communautés ont obtenu des microfinancements pour procéder à la protection des rives, à la conservation des stocks de poissons et au contrôle de la qualité de l’eau.

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Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)