Chapitre 1: L’accès aux services et la distribution des services

Des jeunes gens suivent une formation professionnelle, au Burkina Faso. Des Volontaires des Nations Unies aident des jeunes démunis à surmonter la pauvreté en leur permettant d’acquérir des compétences, en confection de vêtements par exemple ou dans le travail du bois. (Photo: VNU)Des jeunes gens suivent une formation professionnelle, au Burkina Faso. Des Volontaires des Nations Unies aident des jeunes démunis à surmonter la pauvreté en leur permettant d’acquérir des compétences, en confection de vêtements par exemple ou dans le travail du bois. (Photo: VNU)
14 juin 2006

Un rôle déterminant dans le développement
 
Ce volet de contribution se concentre sur les communautés défavorisées pour leur faciliter l’accès à des services et améliorer leur distribution. Au niveau local, cela suppose le renforcement des organisations qui travaillent avec les volontaires, notamment de la manière dont elles représentent les intérêts des personnes ; Il s’agit d’améliorer la diffusion des informations sur les services disponibles dans les communautés, et d’encourager le partage des connaissances entre elles. Pour les fournisseurs de services, il s’agit d’intensifier la compréhension des besoins au niveau local et les processus de distribution efficaces ainsi que de faciliter la coordination entre les différentes institutions. Le programme VNU coopère avec des groupes cibles pour mieux articuler leurs demandes de services et avec des fournisseurs pour s’assurer qu’ils comprennent bien les besoins et sont capables de les intégrer dans la programmation de la distribution des services.

Un exemple nous vient d’Ethiopie. Les différentes régions de cette fédération décentralisée ont dû relever des défis majeurs en termes de génération et de gestion de leurs ressources de développement. Avec le gouvernement central, plus de 100 Volontaires éthiopiens des Nations Unies ont contribué à intensifier la coordination de l’aide et la gestion financière, en impliquant les communautés dans la planification du développement et la mise en oeuvre, et en améliorant le contrôle du progrès sur la voie de la réalisation des OMD. Ils ont également conçu des systèmes permettant d’améliorer l’accès à l’information, y compris la création d’une plateforme d’administration électronique avec des données socio-économiques clés, ainsi que d’un réseau basé sur Internet et reliant entre elles 200 écoles secondaires pour un apprentissage interactif.

Au Burkina Faso, un projet soutenu par le programme VNU et portant sur la réduction de la pauvreté chez les jeunes a été étendu en 2005 à toute la région des Hauts Bassins. Le projet, appelé REPAJE, a permis à des jeunes défavorisés, des enfants des rues et des orphelins, de suivre une formation professionnelle pour améliorer leurs chances de réintégration dans la société. Il a encouragé l’autonomie en parrainant le lancement de microprojets par l’octroi de microfinancements. Des centres d’orientation de carrière créés sous l’égide de REPAJE ont accueilli près de 1 500 jeunes, offrant leur aide pour obtenir des formations en cours d’emploi et permettre aux jeunes ayant décroché de retrouver le chemin de l’école. REPAJE a facilité la coordination entre les organisations de la société civile et les structures publiques travaillant avec les jeunes et à leur service, et créé un réseau de volontaires chargés de la communication pour soutenir les campagnes de sensibilisation sur les jeunes et le volontariat. Le prochain objectif est de mobiliser les jeunes préparés à devenir volontaires pour partager leurs compétences avec leurs pairs. Le programme VNU coopère également avec le gouvernement, pour mettre en place un programme de volontariat national qui amènera les jeunes gens cultivés du pays à renforcer les capacités dans des secteurs de développement prioritaires.

Au Niger, l’amélioration de la distribution des services au niveau local a eu des répercussions positives. Dans le district de Mayahi, des représentants locaux, formés par des volontaires du programme VNU à établir des budgets et gérer des opérations de financement, ont réussi à enregistrer une augmentation des recettes fiscales de 30 pour cent. Dans tout le pays, près de 1 000 représentants locaux ont reçu une formation similaire, ce qui leur a permis d’améliorer la perception des recettes fiscales et de financer des services locaux de meilleure qualité.
Un autre exemple réussi de l’engagement de jeunes dans des initiatives de réduction de la pauvreté nous vient de Bolivie. Dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, le programme VNU a apporté son aide au développement d’un programme de volontariat universitaire qui a mobilisé 1 100 étudiants, dont la moitié d’étudiantes, qui ont soutenu 175 municipalités dans la mise en œuvre de stratégies de réduction de la pauvreté. Les étudiants volontaires ont aidé une municipalité à développer sa première base de données sur les coopératives rurales pour mieux cibler les services. Le programme VNU a soutenu le gouvernement dans le développement d’une loi nationale sur le volontariat qui octroie la reconnaissance et le soutien nécessaires à la poursuite du rôle du volontariat dans le développement du pays. Il a coopéré avec le Brésil, la Colombie, la République dominicaine, l’Equateur et le Guatemala pour développer des programmes de volontariat similaires.

Le soutien des Volontaires des Nations Unies dans la fourniture de services d’urgence pendant les crises humanitaires a été reconnu en 2005. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le programme VNU ont signé un protocole d’entente mondial pour renforcer le rôle des Volontaires des Nations Unies dans la réponse à la situation critique des réfugiés dans le monde. L’an dernier, quelques 750 Volontaires des Nations Unies ont apporté un réel soutien opérationnel pour assurer l’accès à des services de base fondamentaux, depuis l’installation et la gestion de la logistique quotidienne de camps de réfugiés jusqu’aux services communautaires et affaires juridiques.

Le Soudan vit l’une des plus graves crises humanitaires de ces derniers temps. Début 2005, des équipes de Volontaires des Nations Unies furent parmi les premiers observateurs internationaux à se rendre dans la région du Darfour, dans le cadre de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), afin de compiler des informations pour les Nations Unies pour rendre compte de la situation sur les droits de l’homme. Comme spécialistes des droits de l’homme, les Volontaires des Nations Unies ont approché des victimes d’attaques, des témoins, des parents et les autorités locales, rassemblé des témoignages et preuves et surveillé la fréquence des actes et l’échelle de la violence.

Le programme VNU a changé le mode de l'aide apportée aux pays victimes du tsunami en 2004, passant des secours à la reconstruction et la récupération en 2005. Aux Maldives, il a accompagné un projet qui a permis aux femmes d’accroître leurs moyens d’existence en leur octroyant des microfinancements pour démarrer de petites activités, allant du travail de couture à la transformation du poisson. Les Volontaires des Nations Unies ont coopéré sur place avec des femmes et le Ministère responsable de l’égalité des sexes afin de sélectionner les bénéficiaires des subventions, d’identifier les femmes ayant un potentiel de leadership et de contrôler les activités. Les communautés insulaires ont reçu de l’aide afin d’établir des initiatives rémunératrices durables dont puissent bénéficier tous les résidents. A Banda Aceh, en Indonésie, un centre de crise, géré par une ONG et établi avec le soutien du programme VNU immédiatement après le tsunami, a étendu aux villes voisines ses services médicaux et de conseils organisés par des volontaires. Ce centre a fourni une clinique gratuite sur place, et pour ceux dans l’incapacité de voyager, l’ONG a proposé un service mobile accessible à des dizaines de communautés. Les Volontaires des Nations Unies ont aidé les gouvernements et les communautés à mettre en place des plans de prévention des catastrophes. Au Sri Lanka, le programme VNU s’est associé au Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) afin d’aider des organisations communautaires locales à reconstruire l’environnement côtier. Les Volontaires des Nations Unies ont coopéré avec les organisations pour augmenter leur capacité de planification, de mise en œuvre et de dialogue avec les membres de la communauté.

La pandémie du VIH/sida est un véritable défi pour de nombreux gouvernements dans le monde. Le programme VNU soutient le renforcement des capacités du secteur de la santé et d’autres services publics pour mieux faire face à la pandémie. En Guyane, dans le cadre d’une nouvelle initiative soutenue par le Plan d’urgence américain pour l’aide contre le VIH/sida (PEPFAR), des médecins volontaires du programme VNU ont mené une double mission : délivrer des soins de santé immédiats, puis renforcer les capacités nationales du pays à former ses propres docteurs pour lutter contre le VIH/sida. Afin de constituer cette base de connaissances nécessaire, les médecins, qui venaient essentiellement du Sud, ont organisé des séminaires de formation pour des travailleurs de la santé et tenu des séances d’information sur la prévention et les services de thérapie pour les familles et les personnes vivant avec le VIH/sida. Sur place, avec l’aide de volontaires, ils ont dirigé des cliniques locales dans des communautés rurales, des endroits autrefois exclus de la sensibilisation au programme sur le VIH/sida.

En 2005, le programme VNU a continué d’aider l’initiative Capacités pour l’Afrique australe du PNUD (SACI) en compensant la perte dramatique de ressources humaines qualifiées suite à la pandémie de VIH/sida et en mettant en place des solutions à plus long terme. Quelques 155 Volontaires des Nations Unies, dont 70 pour cent venant du Sud, essentiellement d’Afrique, ont coopéré avec les gouvernements de la région et de nombreux partenaires pour développer des approches innovantes afin de mettre fin à l’érosion des ressources humaines, de renforcer les initiatives de sensibilisation au VIH/sida et de coordonner les mécanismes d’assistance basés sur les communautés. Un programme VNU national lancé en Zambie a soutenu l’administration publique pour qu’elle améliore la conception des politiques, la qualité des programmes et les capacités d’absorption pour utiliser efficacement les ressources des donateurs. Dans les districts, les Volontaires des Nations Unies ont aidé des groupes de travail sur le VIH/sida à rationaliser leurs procédures de travail et de planification et ils ont soutenu la création de groupes de travail dans les villages pour servir de plateformes aux membres des communautés et aux chefs traditionnels afin de mieux articuler la demande de services. Ils ont étendu l’assistance technique aux groupes communautaires et les ont mis en contact avec des sources de financement. Dans un district, des organisations locales ont aidé dans 30 villages 1 400 femmes démunies à générer des revenus par le biais de projets de microfinancement.

Dans le monde entier, des hommes et des femmes se sont connectés au Service de volontariat en ligne géré par le programme VNU, mettant leurs compétences et leur temps au service des ONG locales et des organisations internationales pour la mise en œuvre des initiatives de lutte contre le VIH/sida. Au Royaume-Uni, une volontaire a offert son aide à Reach Out, une ONG dédiée aux femmes au Cameroun, en proposant ses compétences en marketing, rédaction d’offres et planification stratégique. Cette aide a permis à Reach Out d’obtenir une subvention pour fournir des soins à domicile et une assistance psychosociale. Reach Out a fait profiter de son expérience une ONG nigérienne qui a intégré une stratégie similaire pour un programme de formation à domicile, sur base de volontariat.

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