Le climat n'est pas en ordre

09 décembre 1998

BONN: Ces deux dernières semaines, l'étage situé en dessous du secrétariat des VNU à Haus Carstanjen était désert. En effet, nos collègues de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement de Climat travaillaient à Buenos Aires où ils étaient chargés du secrétariat de la 4ème Conférence des Parties sur la Convention. D'autres locaux dans le complexe des Nations Unies à Bonn attendent de nouveaux occupants en janvier - le personnel de la Convention des Nations Unies pour la Lutte contre la Désertification. Entre-temps, des travaux de consolidation des berges ont été entamés pour empêcher le Rhin, qui coule à 50 mètres du secrétariat, d'inonder nos caves, comme c'est déjà arrivé dans le passé.

Quel drôle de temps! Des céréales inutilisables dans la République Démocratique de Corée, 70 % de la surface du Bangladesh sous les eaux, et de vastes régions de la République Populaire de Chine inondées, alors que la sécheresse et la chaleur ont diminué de moitié la production agricole de la Fédération de Russie. Et maintenant, l'ouragan Mitch, le plus catastrophique de mémoire d'homme, a sévi sur l'Amérique Centrale.

Comme James Gustave Speth, Administrateur du PNUD, l'a mentionné, ce sont les plus pauvres qui souffrent le plus lors de tels désastres, précisément parce qu'ils sont les plus pauvres. Les communautés rurales déshéritées et les indigents des bidonvilles dans le monde entier ont payé un prix terrible pour les arbres qui ont été abattus le long des terrains vagues et des rives des fleuves où ils sont obligés de jucher. De façon tout aussi injuste, certaines des nations les plus faibles et les plus petites - par exemple Kiribati et les Maldives - sont les plus exposées à la montée du niveau de la mer due au réchauffement global de la terre.

En période de désastres, les volontaires savent ce qu'ils ont à faire. Comme une volontaire des Nations Unies au Nicaragua qui a refusé d'être évacuée par hélicoptère, et qui a voulu absolument rester sur place pour aider les victimes. Ou bien, comme le Chargé de Programme VNU au Honduras qui a spontanément mis l'entièreté de son équipe sur l'aide d'urgence, et qui a tout de suite employé les fonds spéciaux pour permettre à 30 volontaires nationaux des Nations Unies d'entamer un inventaire des abris disponibles et de superviser la distribution de nourriture.

Dès que possible, ils retournent à leur mission originelle, qui est justement de travailler pour que de tels gestes de premiers secours soient superflus. Pour construire des digues de mer à Fidji et en Guyane, pour améliorer la préparation aux désastres aux Iles Cook, pour préparer des stratégies pour aider les pays africains à combattre l'avancée du désert. L'environnement, la couverture des besoins élémentaires dans les villes, et aider les gens à prévenir les crises et à les surmonter, voilà les axes clés de la Stratégie 2000 des VNU. Ainsi, nous avons les mandats, et nous avons prouvé que nous sommes en mesure de recruter les spécialistes et professionnels dévoués pour les réaliser. Nous avons seulement besoin de ressources pour être capables de doubler le nombre de volontaires.

Le Programme des VNU reçoit 20 à 30 fois plus de demandes de gens qui veulent travailler comme volontaires, que le nombre moyen que nous pouvons affecter par an. Il est triste d'en conclure que le climat actuel de la coopération n'est pas suffisamment propice; en effet, il est probable que nous ne pourrons jamais les affecter parce que «le gros du paquet» se consacre aux commandes d'armes et pour payer les intérêts de la dette. Combien serait-il plus sage de consacrer ces fonds à ce qui empêchera que 24 pouces de pluies diluviennes n'anéantissent en 24 heures les efforts de 24 ans!

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)