Une force gigantesque pour une société juste

06 décembre 2001

BONN: A l'aube du troisième millénaire, le Brésil connaît la plus grande explosion de solidarité nationale de son histoire. Les bénévoles, toujours plus nombreux, mettent le Gouvernement au défi d'organiser la force gigantesque émergeant de la brusque flambée de volontariat ces dernières décennies.

La société brésilienne connaît bien le volontariat qui fait partie de l'histoire. Il y a très longtemps, le service social bénévole inspiré de la philanthropie religieuse était à l'œuvre dans les maisons de charité "Santas Casas de Misericordia". Dans les communautés pauvres, le bénévolat s'imposait sous forme d'action solidaire, véritable stratégie pour survivre. Sous couvert de la philanthropie politique, la distribution de biens ou de services aux pauvres était action politique déjà bien ancrée dans le passé. Pour la première fois en 1979, cette forme de bénévolat recevait le soutien du Gouvernement avec le programme national du volontariat, "Programa Nacional de Voluntariado (PRONAV)", sur l'initiative de la légion d'aide sociale "Legiao Brasileira de Assistencia" (LBA), organisme chargé depuis 60 ans de la protection sociale gouvernementale. Un réseau d'associations bénévoles placées sous le patronage des premières dames de l'Etat ou de la municipalité prenait forme, coordonné au niveau national. Sous le programme, près de 6 000 associations ont encouragé le bénévolat et les donations jusqu'à sa clôture en 1992.

Les années 80 mettront en scène un nouveau type de volontariat social en relation avec les droits de l'homme, de la femme, de l'enfant et la protection de l'environnement. La meilleure expression en est la Lutte des Citoyens contre la Pauvreté et pour la Vie. Lancé par le sociologue Betinho au début des années 90, ce mouvement encourage à former des comités d'usine et de quartier. Une fois de plus le Gouvernement participe, versant des primes pour la création des comités dans les entreprises publiques, où ils existent encore aujourd'hui. On en compte quelques-uns dans le secteur privé. Au total, ils sont 700 répartis dans 20 Etats.

Dans les années 90, la notion de citoyenneté, assemblage de droits et responsabilités, est affermie. Le bénévolat devient le moyen d'exprimer cette notion de responsabilité sociale du citoyen, dans l'entreprise ou au sein de la communauté. Au total, 50 pour cent des entreprises ont une action sociale pour laquelle elles n'utilisent les primes gouvernementales que dans un pour cent des cas seulement. Il devient urgent d'organiser l'offre et la demande du volontariat et le Conseil du Programme de Solidarité communautaire, lié à la Présidence de la République, prend des mesures pour créer des Centres du Volontariat. Ceux-ci font la promotion du volontariat, forment les volontaires et aident les organismes sociaux à mieux gérer les ressources. Présents dans les principales villes du Brésil, ils disposent d'une offre considérable en ressources volontaires ; malheureusement peu d'institutions sociales proposent du travail à ces personnes.

En 2001, l'Année internationale des volontaires a pour effet une offre accrue et un déséquilibre prononcé avec la demande qui souffre de l'image négative du volontariat du fait de son histoire, comme aussi des craintes sur le lieu de travail où on trouve des volontaires. Le Gouvernement s'est attaqué au problème en créant la loi sur le service volontaire. Datant de 1998, elle garantit que les volontaires ne sont pas des employés de l'entreprise.

Le Gouvernement brésilien se penche sur les épreuves à venir. Il veut multiplier les Centres du volontariat et en faire des institutions fortes. Une aide financière assortie d'une offre en expertise institutionnelle sera accordée à ces organismes. Pour stimuler la demande, le Centre National de Formation Communautaire, créé récemment, offrira une formation sur la gestion du volontariat aux organismes sociaux et gouvernements locaux. Le recrutement de volontaires dans les régions riches sera stimulé et le transfert de leurs compétences aux régions pauvres subventionné. Les Etats dressent en ce moment un agenda social fixant les priorités d'une action volontaire. Il servira à combiner les efforts - Gouvernement, entreprises et volontaires - dans une entreprise conjointe. Le Projet Point du Jour, "Projeto Alvorada", inauguré en 1999 par le Président Fernando Henrique Cardoso pour réduire les inégalités sociales, a une approche similaire : il met l'accent sur la convergence des actions sociales. Ce programme a accordé 5,5 milliards de dollars supplémentaires pour la santé, l'éducation et le budget des Etats et municipalités à faible index de développement. Enfin, tâche plus compliquée sera d'évaluer l'impact de l'ensemble de ces actions.

Le Brésil est à une étape historique importante de son développement social et le Gouvernement sait qu'il a un rôle majeur à jouer pour optimiser le travail social de l'ensemble des acteurs de la société, y compris les volontaires.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)