Editorial: Articles de Foi

16 juin 1998

BONN: La Déclaration universelle des droits de l’homme a cinquante ans. Le préambule à ses trente articles note que "les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme" repris dans la Charte. Bien qu’il soit clair que la Charte comme la Déclaration expriment des aspirations, qu’elles parlent de la foi dans les droits de l’homme est sans doute moins connu. A première vue une appellation étrange: le profane se serait plus attendu à des "convictions" concernant ces droits ou à la "détermination" de les appliquer.

La Déclaration a proclamé comme l’idéal commun à atteindre par tous le respect de droits tels que l’égalité devant la loi; la protection contre toute arrestation arbitraire; le droit à un jugement équitable et celui de ne pas tomber sous le coup de lois pénales promulguées post facto; le droit à la propriété individuelle; la liberté de pensée, de conscience et de religion; la liberté d’opinion et d’expression; et la liberté de réunion et d’association. A ces droits civiques et politiques se sont ajoutés les droits économiques, sociaux et culturels - droit au travail et à son libre choix, droit à salaire égal pour travail égal et droit à l’éducation.

Tout ceci n’a pas surgi comme par magie en 1948. Hommes et femmes de par le monde entier se sont battus depuis des siècles pour ces droits. On pourrait penser qu’ils ne sauraient guère prêter à controverse. Et cependant, ils sont, pour la quasi totalité d’entre eux, transgressés à maintes reprises dans pratiquement tous les pays - transgressés par les zélateurs et les bigots, piétinés par les bandes organisées de criminels, terroristes et miliciens, voire par les forces de la loi supposées telles. Ceux qui ont rédigé la Déclaration ont certes fait acte de prophétie lorsqu’ils ont prévu la nécessité que "tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés…".

Les volontaires voient que l’application de ces principes débouche sur une société mieux gouvernée - et donc plus favorable au développement. La défense des droits de l’homme a amené des VNU à se rendre dans les morgues pour y vérifier les traces de torture sur les cadavres et à ramener à ses parents démunis un enfant enlevé par un couple fortuné; elle en a conduit d’autres à produire un journal destiné à être lu en commun par les enfants de factions en guerre et à organiser des manifestations sportives entre tribus rivales; à aider les prisonniers injustement détenus à recouvrer la liberté, à enregistrer les électeurs dans les hameaux les plus reculés et à donner aux enfants de la rue les chances qui leur ont jusque là échappé. Ces démarches amènent les volontaires à dépasser largement le concept, plutôt passif, du respect des droits de l’homme - ils acceptent une pleine part de responsabilité. Ce faisant, ils s’inscrivent dans la tradition des combattants des droits de l’homme au cours des âges.

Si les droits de l’homme sont bien des articles de foi, ils n’en représentent pas moins une responsabilité personnelle. Il appartient à nos organisations de relever les défis qu’ils posent - tout comme, à titre personnel, nous nous devons de le faire dans notre vie publique et privée.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)