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Se protéger contre le VIH/sida
Le VNU Jean Roger Kuate du Cameroun explique le virus du SIDA, les comportements sexuels de risque et les mesures préventives au personnel militaire et civil bangladais de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria (MINUL).(Photo: VNU Libéria)L’épidémie du sida a pris des proportions dramatiques en Afrique. Elle est la première cause de décès sur le continent. Au Libéria, 14 ans de guerre civile ont démantelé les services sociaux et de santé publique et le VIH/sida s’est propagé de manière incontrôlée. On estime à 100 000 le nombre de séropositifs dans ce petit pays d’à peine trois millions et demi d’habitants. Le danger de l’épidémie menace aussi les civils et les militaires de la Mission de paix des Nations Unies au Libéria (MINUL). Celle-ci comprend plus de 15 000 soldats, observateurs militaires et policiers, 500 fonctionnaires de l’ONU et plus de 650 employés locaux. Répondant à la demande du Conseil de Sécurité exigeant des missions de paix de l’ONU qu’elles établissent un programme complet de lutte contre le VIH/sida, la MINUL a été la première mission à recruter un personnel qualifié pour l’aider à mettre en oeuvre un programme de prévention. La nouvelle Unité de lutte contre le VIH/sida a été progressivement établie avec l’appui d’un Volontaire des Nations Unies (VNU), Jean Roger Kuate du Cameroun. Depuis son arrivée au Libéria, le VNU offre un service de conseil sur la prévention du VIH aux différentes équipes de la mission de paix à Monrovia avec quatre collègues : une Zambienne, deux Libériennes et un Libérien porteur du virus, ex-combattant comme beaucoup de jeunes au Libéria. Jean Roger Kuate parle du risque d’infection : “l’équipe mène campagne contre le VIH pour l’empêcher de toucher le personnel de mission, exposé au virus toutes catégories confondues, à commencer par les militaires ou les civils qui prennent leur affectation au Libéria et quittent leurs partenaires pour plusieurs mois. La guerre civile au Libéria a causé une extrême pauvreté qui force des familles à la prostitution. Les voitures de la MINUL sont le point de mire quand elles sont repérées en ville.” Le programme anti-sida de la MINUL a été développé de manière à protéger également les populations résidant autour et au-delà des limites du campement de la mission. Jean Roger Kuate consacre six jours de la semaine à différents programmes de prévention de l’infection par le VIH. Le programme de base consiste à donner une orientation au personnel de mission nouvellement affecté à la MINUL. “Tous les personnels, indépendamment de la catégorie à laquelle ils appartiennent, sont systématiquement informés sur le virus, les risques d’infection et les moyens de prévention”, dit le volontaire, aidé pour cela par son collègue libérien. “Son témoignage en tant que personne séropositive est à chaque fois bouleversant, affirme le volontaire. Il y a eu beaucoup de viols pendant la guerre sans que les auteurs aient pensé un seul instant à la prévalence du VIH. Le danger a été totalement ignoré, et aujourd’hui on ne connaît pas le nombre exact de personnes qui ont contracté le virus. Mon collègue a découvert sa séropositivité très tard et la maladie a emporté ses deux épouses. Heureusement ses deux enfants sont séronégatifs ! ” Jean Roger recommande aux nouveaux arrivés l’usage de condoms, masculins ou féminins, et informe qu’on les trouve dans des présentoirs régulièrement réapprovisionnés et placés en évidence dans les locaux de la mission. Voici quatre semaines, un contingent de militaires du Bangladesh est arrivé à Buchanan, 300 km au sud de Monrovia. Jean Roger Kuate est allé sur place pour que ces derniers soient informés sur les risques de l’infection par le VIH/sida au Libéria. Plusieurs réunions ont eu lieu dans la journée et, au terme de seulement deux jours, près de 250 hommes ont reçu les conseils du volontaire prodigués avec l’aide d’une des collègues libériennes. Le programme qui comportait une présentation complète sur l’infection par le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), récurrentes au Libéria et favorables au VIH, a eu pour but d’augmenter la prise de conscience de l’audience par rapport au risque d’exposition, en particulier au VIH, et d’amener les participants à se résoudre à adopter le comportement qui évite le moindre risque ou le danger de propager le virus. La présentation a été conduite en langue bengali avec l’aide d’un traducteur. Aux questions posées, les militaires ont répondu que l’éducation sexuelle est rigide au Bangladesh et que le taux de prévalence du VIH y est faible. Jean Roger leur a rappelé que c’est justement parce que ce taux de prévalence est bas qu’il faudrait le maintenir à ce niveau, car chaque soldat qui rentrera chez lui avec le VIH risquera d’infecter au moins une personne au pays et contribuera à augmenter les statistiques. Tout en faisant l’éloge de la culture du Bangladesh, il a démontré que celle-ci comportait des valeurs solides et qu’en les respectant, on contribuerait à se protéger du virus. Pour aider chacun des participants à se rendre compte à quel point il a pu s’exposer dans le passé au risque de contracter le virus, le VNU a dirigé un test oral d’évaluation personnelle du risque d’avoir contracté le VIH dans les douze dernières années. Chacun a été invité à répondre intérieurement par ‘oui’ ou par ‘non’ à des questions posées. “Généralement les participants répondent “non” à la question s’ils ont pu contracter le virus dans le passé ? Mais plus on avance dans les questions et plus le risque d’exposition passé devient évident. On demande aux participants : Connaissez-vous votre statut sérologique ? Celui de votre partenaire ? Avez-vous eu plus d’un partenaire ces dernières douze années ? Connaissiez-vous leur statut sérologique ? Avez-vous reçu une transfusion de sang ? Avez-vous usé de drogue par injection ? A la fin de l’exercice individuel, on se rend compte qu’il y a une majorité de “oui” de la part des participants qui reconnaissent avoir effectivement eu un comportement à risque qui a bien pu les exposer à l’infection par le VIH.” Les trois femmes de l’Unité de lutte contre le VIH/sida participent également aux différentes activités de sensibilisation et de formation pour les membres des contingents militaires et civils. Elles conduisent leurs travaux avec courage, éduquant autant les hommes que les femmes. Celles-ci représentent 30 pour cent des effectifs de la MINUL . “Avec mes collègues, nous avons uniformisé l’information clé des présentations si bien qu’à la fin de chaque session, nous pouvons être sûrs d’avoir fait le tour des questions que nous avons en commun.” Jean Roger Kuate forme aussi des pairs éducateurs et pairs conseillers appelés à poursuivre l’action de l’Unité de lutte contre le VIH/sida. Plus tard ils prendront, à leur tour, le rôle d’éducateurs vis-à-vis de pairs et de conseillers qui donneront des consultations avant et après les tests de dépistage du virus, en toute confidentialité. Actuellement, Jean-Roger contribue à l’établissement du centre de consultation de la MINUL pour le dépistage volontaire du VIH et encourage le personnel de mission à faire le test. Les tests sont en général gratuits au Libéria, mais malheureusement rares en bien des coins du pays. Le dépistage de l’infection par le VIH existait déjà avant la guerre et au cours de la période de conflit. Il s’opère par les tests rapides dont l’usage est plus pratique et la fiabilité assurée. Le dépistage du VIH est au programme de la stratégie nationale de lutte contre le sida développée par le Gouvernement de Transition du Libéria avec l’assistance technique de la MINUL à travers son équipe de l’Unité de lutte contre le VIH/sida. Le programme a été conçu en coopération avec des organisations indépendantes engagées dans le combat contre l’épidémie du VIH/sida. La recherche d’informations et les données rassemblées dans le pays ont été utiles au Comité national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le sida pour élaborer la stratégie, un document officiel qui établit la liste d’actions à mener par étapes pour freiner l’épidémie d’ici 2008. “Ce document détermine la marche à suivre comme l’information, l’éducation, l’introduction des tests de dépistage, les soins, le traitement et le soutien pour les personnes vivant avec le VIH”, selon le volontaire. Il a fourni au comité le contenu éducatif des manuels d’enseignement pour la formation des futurs conseillers sur la prévention du virus. Aux associations de personnes vivant avec le VIH/sida, il a donné un modèle servant à élaborer les documents de projets de lutte contre la stigmatisation liée à la maladie par l'éducation et la prévention, et une méthode pratique pour rassembler des fonds, gérer les projets et en évaluer les résultats. “Il y a des situations terribles qui font penser à une nouvelle guerre silencieuse après 14 ans de guerre civile, dit Jean Roger. C’est par exemple ce que l’on ressent quand on sort de ‘Black Gate’, lieu réputé à Monrovia pour être un centre missionnaire accueillant constamment près de 50 personnes abandonnées par leurs familles parce qu’elles sont porteuses du virus. Beaucoup se trouvent au stade de la maladie et il y a un décès tous les deux jours en moyenne.” Jean Roger va aider là-bas comme volontaire, en marge de son travail à la MINUL. Devant l’état catastrophique des malades, il a décidé de contacter un ami qui coopère avec Sidaction en France pour que l’ONG l’aide à obtenir des anti rétroviraux pour ces malades. “A Monrovia il n’y a qu’un hôpital d’Etat et les quelques hôpitaux privés fonctionnent avec l’assistance d’organisations internationales indépendantes qui cherchent des financements pour obtenir les médicaments.” En dehors des réunions, le volontaire accompagne les ONG dans leurs missions d’information auprès des populations pour encourager les personnes à passer un test de dépistage et à rechercher les soins mis au point pour diverses maladies ; Il profite ainsi de toute occasion offerte pour faire campagne contre le sida auprès des personnes qu’il rencontre au cours des déplacements. Il donne des conseils et n’hésite jamais à rectifier les idées reçues sur le virus et la maladie du sida au cours des conversations à l’extérieur, dans les salles ou sous les tentes, même pendant les fêtes organisées sur le campement de la MINUL. Contribution par: Jean Roger Kuate, VNU Educateur spécialisé en VIH/sida, Mission de paix des Nations Unies au Libéria (MINUL). |
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