Le volontariat pour le développement

08 octobre 2004

La valeur du volontariat est reconnue au plan socio-économique depuis longtemps au Nord. C’est l’Année internationale des Volontaires (AIV2001) qui a marqué le début de sa reconnaissance au Sud. Comment accélérer l’élan de 2001 ? Quels sont les défis pour demain ? Ad de Raad, récemment nommé Coordonnateur exécutif, répond à ces questions dans une interview avec Caroline Stiebler* et Edward Mishaud.

Ad de Raad affirme que “le développement durable exige l’engagement des personnes en général, les véritables acteurs du développement.” Citant la campagne des Objectifs du Millénaire pour le Développement¡, il souligne “que les OMD ne pourront être réalisés sans l’aide de millions de gens ordinaires. Ainsi l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio a permis de vacciner 550 millions d’enfants grâce aux dix millions de volontaires mobilisés.” On a estimé à plus de 10 milliards de dollars américains la contribution économique de ces volontaires, “un chiffre qui dépasse de loin la portée de l’action des gouvernements ou des organisations”, souligne-t-il. “En outre ils ont reçu une formation en santé publique qui a servi au développement de leurs communautés.”

Le Coordonnateur exécutif voit le moment venu d’unifier les services de volontaires : “Nous devons examiner avec nos partenaires comment maximiser l’apport du volontariat au développement par la reconnaissance, la facilitation, la mise en réseau et la promotion de ce service.” La grande différence entre le Nord et le Sud réside dans la perception du volontariat qui bénéficie d’une large diffusion dans les mass média en Europe, parce que “si demain les volontaires stoppaient leur action, la société serait paralysée”, affirme Ad de Raad.
 
La présence du programme VNU à la conférence Eurofestation 2004¡¡ aux Pays-Bas a pour but d’effacer l’idée reçue du jeune volontaire au Nord qui fait une bonne action au Sud : “70 pour cent des VNU viennent des pays du Sud et ont dix ans d’expérience professionnelle”, fait remarquer Ad de Raad. Il faut mettre en valeur la culture du volontariat qui existe au Sud et conjuguer les forces locales et internationales comme lors des inondations du Sri Lanka : “Nous avons immédiatement déployé 200 VNU indiens ayant reçu une formation à la suite des catastrophes naturelles dans leur pays.”

Il est paradoxal pour Ad de Raad que les pays les plus développés limitent la reconnaissance de l’action volontaire à leurs propres frontières et oublient d’inscrire cette ressource dans leurs programmes d’aide au développement. Aussi faut-il, “convaincre les gouvernements d’exploiter soigneusement ce potentiel pour contribuer à réaliser les OMD.”

Pour que le volontariat compte, encore faut-il en estimer la valeur. Ad de Raad note que “le programme VNU coopère avec l’Université John Hopkins pour que l’apport des volontaires soit inclus dans les comptes de l’économie nationale. Il faut mobiliser plus de personnes : les jeunes, les retraités, les employés du secteur privé, les Volontaires en ligne et les expatriés.”

Il faut veiller à ce que les personnes qui désirent s’engager puissent aisément s’associer au mouvement volontaire au plan mondial. “Le WorldVolunteerWeb¡¡¡ offre de telles possibilités aux dizaines de milliers de visiteurs sur son site Internet chaque mois”, indique Ad de Raad. Il mentionne aussi l’énorme potentiel du Volontariat en ligne, autre moyen de mettre à contribution des compétences au service du développement sans devoir quitter son emploi ou sa famille et rappelle l’importance de participer à la Journée internationale des Volontaires le 5 décembre ou de conclure des alliances comme l’a récemment fait le programme VNU avec la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et ses 95 millions de volontaires dans le monde.

Quelles ouvertures pour demain ? Ad de Raad souligne l’importance du volontariat local : “Voyez en Bolivie la participation de 1 200 étudiants d’université dans des actions de volontariat dans les trois prochaines années.” Il ne faut pas non plus négliger les langues. Citons le cas du VNU au Pérou qui a aidé à traduire la Déclaration universelle des Droits de l'homme dans les langues locales.

Ad de Raad conclut que le programme VNU et ses partenaires doivent poursuivre leurs efforts vers la reconnaissance, la facilitation, la mise en réseau et la promotion du volontariat. Qu’en est-il des 5 600 VNU en mission de solidarité dans le monde ? Ad de Raad répond : “Qu’ils soient le meilleur exemple du volontariat, car ils sont la richesse de notre organisation.”

* Caroline Stiebler et Edward Mishaud sont membres de l’Unité de Communication du programme VNU.


¡Les Objectifs du Millénaire pour le développement représentent une série d'objectifs et de buts quantifiables pour la lutte contre la pauvreté, la faim, la maladie, l'analphabétisme, la dégradation de l'environnement et la discrimination à l'endroit des femmes. Ils sont nés de l’accord auquel sont parvenus les dirigeants de la planète au mois de septembre 2000 lors du Sommet du millénaire des Nations Unies.
¡¡¡2. Eurofestation est une conférence européenne sur le volontariat, le développement et le secteur de l’entreprise, en novembre 2004 aux Pays-Bas.
¡¡¡3. A la demande de volontaires du monde entier de capitaliser l’apport pendant l’Année internationale des volontaires en 2001, le programme VNU a lancé le portail WorldVolunteerWeb, véritable bourse du volontariat sur Internet.

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