Emprunteurs et Prêteurs

14 septembre 1998

BONN: Il y a de cela 20 ans, le Plan d'action de Buenos Aires a appelè les pays en dèveloppement á "crèer, acquèrir, adapter, transfèrer et rassembler savoir-faire et expèrience pour leur bien rèciproque et pour parvenir á une autonomie mutuelle et collective". Le but ètait de renforcer ce qui est maintenant connu comme la coopèration technique parmi les pays en dèveloppement, ou plus familiérement la "CTPD".

En 1978, tout comme maintenant, les VNU ètaient dans leur majoritè eux-mêmes citoyens du monde en dèveloppement. L'annèe derniére, ils reprèsentaient 109 nationalitès et 68 % du nombre des VNU en service - une des caractèristiques uniques du programme VNU. Dans un sens, ce n'est que justice, car ceci refléte la rèpartition de la population mondiale et compense les chances plus restreintes s'offrant aux ressortissants de ces pays d'être volontaires au delá de leurs frontiéres par rapport á leurs homologues des pays industrialisès. Une reprèsentation donc èquitable, mais aussi judicieuse pour d'autres raisons.

Un homme ou une femme venant de la même latitude, bloc ou règion du "Sud" a au moins autant - et parfois plus - á offrir dans l'aide qu'il/elle apporte á son voisin que toute personne venant du "Nord". Ils peuvent être sur la même longueur d'ondes culturellement, avoir l'habitude de travailler avec un minimum de ressources et s'adapter á la maniére locale de faire les choses plus aisèment que ne le peuvent des personnes venant d'autres continents ou de systémes èconomiques diffèrents. Une animatrice VNU originaire des Philippines l'a rèsumè de maniére frappante: elle estimait avoir gagnè la confiance des femmes du village sri lankais oú elle travaillait parce qu'elles la considèraient comme "une ètrangére, mais pas trop".

La CTPD demeure ègalement une nècessitè politique. Les nations en dèveloppement rèalisent que la solidaritè mutuelle est vitale pour faire face á la force absolue de la globalisation èconomique et politique sous la domination du monde industrialisè.

Le programme VNU s'insére implicitement dans la CTPD.

En 1997, parmi les spècialistes et animateurs VNU africains, 79% ont servi sur le continent africain et 21% en dehors. 34% des VNU d'origine arabe ètaient en poste dans d'autres pays arabes et 66% en dehors du monde arabe. Quant aux VNU originaires d'Asie et du Pacifique, leur pourcentage s'èquilibrait á 50% dans leurs pays et 50% dans d'autres continents. Les VNU d'Amèrique Latine et des Caraïbes se rèpartissaient á 42% chez eux et 58% en dehors. Au total, ce sont 62% des VNU qui ont servi au sein de leurs propres continents, et 38% ailleurs.

Le VNU venu d'Argentine pour servir en Angola, par exemple, ou du Yèmen au Kazakhstan, apporte, en plus de ses compètences techniques, une dimension particuliére de la solidaritè inhèrente á la CTPD. Mais ces statistiques ènoncent aussi une autre et importante rèalitè: á savoir que le paradigme pays donateur/rècipiendaire n'a plus cours.

Dans "Hamlet" de Shakespeare, un pére conseille á son fils de "ne jamais être ni emprunteur ni prêteur": ne pas être redevable envers autrui et ne pas miser ses biens sur autrui. Le risque est absent, mais aussi la solidaritè. Car un des plus beaux aspects du programme VNU est bien que les trois-quarts des nations qui reçoivent des VNU sont aussi celles qui en fournissent. Par le biais du programme VNU les nations participent á double titre, comme emprunteurs et comme prêteurs.

A un niveau peut-être relativement modeste, mais qui contribue nèanmoins á la comprèhension et á la paix.

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Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)