Aux côtés des femmes des Gonaïves

La volontaire VNU Florence Fongang (milieu) manifeste avec les femmes des Gonaïves pour le respect de leurs droits à Haïti. (programme VNU)La volontaire VNU Florence Fongang (milieu) manifeste avec les femmes des Gonaïves pour le respect de leurs droits à Haïti. (programme VNU)
26 mars 2009

La Journée internationale de la femme a été célébrée le 8 mars aux Gonaïves en Haïti. Pour ce 32e anniversaire, les femmes de la Cité de l’indépendance ont bénéficié du soutien des volontaires du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU).

Te Deum, marche pacifique, allocutions, débats, représentions scéniques et football ont marqué la célébration de la journée. Cette année, les femmes de la Cité de l’indépendance ont bénéficié de l’appui des volontaires du programme VNU  attachés à la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti(MINUSTAH) pour le respect des droits des femmes et pour la fin de toutes formes de violence à leur égard.

« C’est un fait que nous sommes à la base de tout développement. Mais nous avons toujours été méprisées et mises à l’écart des centres de décisions. En outre, nous sommes victimes de toutes formes de violence. Souvent aussi, nous avons été abusivement utilisées durant les élections, dans les trafics de drogues et autres. Aujourd’hui, les volontaires VNU appellent les uns et les autres à se donner la main, afin de faire cesser toutes formes d’exploitation et toutes formes de violence à l’égard des femmes », a déclaré la volontaire VNU Florence Fongang aux nombreuses femmes qui avaient fait le déplacement à l’Hôtel Polo où avait lieu la manifestation.

Un Te Deum à la Cathédrale des Gonaïves a ouvert les festivités, suivi d’une marche pacifique sur près de quatre kilomètres. Durant tout le parcours, les femmes ont lancé des slogans en faveur du respect de leurs droits et de l’égalité des chances. Sur une grande banderole on pouvait lire : « Egalité des chances : les jeunes s’engagent », thème de la commémoration de cette année décidé par le gouvernement haïtien.

Dans son message, lu par Anne Hadcrof, chef du Bureau régional de la MINUSTAH par intérim, le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, invite hommes et femmes à « œuvrer ensemble pour dire haut et fort, au niveau le plus élevé, que la violence, quelles qu’en soient la forme et les circonstances, ne sera plus tolérée ». « Les femmes ont leurs empreintes sur tout ce qui est fait dans la société. Continuez à vous organiser pour être plus fortes et contribuer davantage au développement de la société haïtienne », a plaidé le maire adjoint des Gonaïves, Jean François Adolphe, qui a assuré les femmes de son plein soutien « dans cette lutte continue pour la fin de toutes formes de violence à leur égard ».

Des poèmes, des témoignages de femmes victimes de violence, des sketches pour le respect et la fin des violences contre les femmes furent récités, reproduits et joués par des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes.

« Yes we can! », a lancé la Coordinatrice départementale du Ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme (MCFDF), Mme Netlande Pierre Derius, dans le but de mobiliser les femmes des Gonaïves et les encourager à poursuivre la lutte. Après avoir fait l’historique de ce combat, Mme Dérius a tenu à préciser que l’objectif de son ministère « n’est pas de dresser les femmes contre les hommes. Nous disons simplement que les femmes ne sont ni des objets ni des marchandises. Elles doivent avoir les mêmes droits et les mêmes chances que tout le monde ».

La finale du tournoi de football a opposé les femmes de Descahos à celles de Lot Bô Kanal. Descahos l’a emporté par un but à zéro. Peu avant, les femmes de Ka Soley l’avaient emporté sur celles de Raboteau, dans le cadre de la petite finale. Toutes les équipes participantes ont reçu des jeux de maillots sportifs flambant neuf.

Selon Emmanuel Sannoh, volontaire VNU responsable de la Section régionale de la réduction de la violence communautaire de la MINUSTAH, ces activités avaient pour objectif de « mettre ensemble victimes et auteurs d’actes de violence en vue de rétablir un climat de réconciliation, de réintégration et de paix ; de fournir aux bénéficiaires des kits de football, des trophées et autres gadgets sportifs ; de dégager au cours de tables de discussions des moyens à mettre en œuvre en vue de mettre fin aux violences, particulièrement aux violences à l’égard des femmes ».

Ces activités ont été financées par le programme des Volontaires des Nations Unies et exécutées de concert avec la Coordination départementale du ministère à la Condition féminine et à la défense des droits de la femme. Plusieurs communes du département avaient également pris part à cette commémoration.

 

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)