Contre la menace des catastrophes
par par Erick Rabe

12 décembre 2001

BONN: Mananjary et ses 220 000 habitants sur la côte Est de l'île de Madagascar sont exposés à la fois aux cyclones venant de l'Océan et aux inondations du Canal des Pangalanes. La zone est qualifiée à haut risque parce qu'elle est fortement menacée par les catastrophes naturelles. Bien que la saison cyclonique soit relativement calme en 2001, le risque d'épidémie de choléra reste un problème sérieux. On a enregistré 15 décès entre la période du 25 avril au 13 mai. A Mananjary comme partout où cela devient indispensable à Madagascar, les Nations Unies apportent un appui au Conseil National de Secours (CNS) dans la gestion des catastrophes naturelles. Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) on établi un réseau d’assistance composé de sept Volontaires des Nations Unies nationaux en poste à Antananarivo et dans six villes côtières, dont Mananjary. Michel Matera, Chargé du dossier des catastrophes naturelles auprès du PNUD, explique le rôle des Volontaires des Nations Unies en la matière: « En plus d'informer les populations sur les mesures à prendre face à la menace d’une catasrophe naturelle et du risque d'épedémie de choléra, les volontaires renforcent et dynamisent les structures locales de secours. Ils préparent ainsi le terrain propice à la diffusion efficace des informations relevées dans les zones où ils interviennent pour le CNS. » Pour la première fois depuis octobre 2000, des Volontaires des Nations Unies nationaux sont opérationnels à Madagascar dans la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles sur l’île.

Francia Salava fait partie de l'équipe des Volontaires des Nations Unies. Agée de 33 ans et titulaire d'une maîtrise en économie, la volontaire a une haute idée de sa mission. « Pour moi, dit-elle, être Volontaire des Nations Unies c'est mettre mon savoir au service des autres pour aider à améliorer des conditions de vie. » Francia coopère avec trois écoles primaires publiques (EPP) de Mananjary. L'une d'elle est située en milieu rural. Elle se rend régulièrement dans ces écoles pour y distribuer du matériel pédagogique aux enseignants. Ces documents conçus au niveau du CNS parlent de gestion des catastrophes et de protection contre les risques et dangers des catastrophes. Francia effectue des visites régulières dans les écoles où elle interroge aussi les élèves sur ce qu'ils ont appris. Elle vérifie que les messages ont étè bien reçus. Madeleine Razafinirina, Directrice de l'EPP de Fangato, a pu elle-même se rendre compte qu'effectivement des progrès ont été réalisés dans les salles de classe où 277 élèves reçoivent les conseils de la volontaire par l'intermédiaire des onze instituteurs de l'école. « Le message passe bien parmi les élèves, dit-elle, parce que Francia utilise un langage clair avec les enfants en parlant de faits survenus dans l'île qu’ils connaissent bien. Son travail est d'autant plus utile que les élèves racontent aux parents ce qu'ils ont appris en classe. Quand ils auront atteint l'âge adulte, ces enfants sauront exactement ce qu'il faut faire pour protéger leurs maisons contre la menace des cyclones », a-t-elle commenté.

Le passage du Cyclone Gretelle en 1997 a laissé un sentiment douloureux dans l'âme des insulaires. Les conseils de la volontaire intéressent aussi le grand public. Fancia a fait poser des banderoles parlant du choléra et de prévention de l'épidémie. Partout en ville on peut voir les affiches du CNS dans les rues, sur les artères principales de la capitale et aux façades des magasins. Francia a fait poser des banderoles informant sur le choléra et la prévention de l'épidémie.

Enfin deux fois par semaine, les habitants de Mananjary retrouvent la Volontaire des Nations Unies sur les ondes des deux radios FM de la ville (RSM, RTV). Xavier, un élève de 7ème à l'échelle locale de Fangato, est fier que ces parents entendent à la radio les informations qu'il leur a transmises plus tôt à son retour de l'école. Pour Francia, cela n'a pas été facile de convaincre les radios privées de faire une émission d'utilité publique sur la prévention des catastrophes et le risque d'épidémie de choléra. « Ils ont quand même fini par accepter la gratuite de l'émission », dit Francia.

En l'espace de six mois à peine, Francia a réussi à convaincre plusieurs partenaires à l’échelle locale de former un puissant réseau d'entraide. La préfecture, la mairie, le service sanitaire de district et des organisations non gouvernementales se serrent les coudes. Profitant de l'eclipse solaire ils ont ensemble organisé une grande journée d'information sur le choléra le 18 mai dernier ! Les radios locales comme Carnaval et Radio-crochet ont participé.

Les Volontaires des Nations Unies sont appréciés au Comité Local de Secours de la préfecture et de la mairie. Le préfet de région de Vatovavy, Razakamanatsoa Solomona, n’a pas hésité à confier : « Les Volontaires des nations Unies font du bon travail. Ils aident à informer et à renforcer notre administration pour une meilleure coordination entre ses différents services où les ressources humaines sont malheuresement limitées. » Adama Guindo, Représentant résident du PNUD, soutient les Volontaires des Nations Unies de Madagascar parc que, dit-il, » leur rôle est perçu positivement par les communautés dans lesquelles ils travaillent. »

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)