Cultiver la paix pour un développement durable
par Fabienne Copin

28 octobre 2008

Cultiver la paix c’est avoir des attitudes et des comportements qui vont avec la convivialité, la tolérance, la solidarité et le partage. C’est aussi éviter la violence en cas de conflit et régler les problèmes par le dialogue et la négociation. Dans le cadre des Accords de Paix signés en 1995 et 1998 avec les différents fronts armés au Niger, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a mis en œuvre un projet en vue de consolider la paix dans les régions de l'Aïr et de l'Azawak au nord-ouest du pays. Le Projet de Consolidation de la Paix dans l'Aïr et l'Azawak (PCPAA) est exécuté essentiellement par une équipe de volontaires VNU, 22 volontaires au départ qui, sur le terrain, ont aidé à mettre en place un partenariat avec notamment les services techniques de l'administration régionale, les autorités administratives et coutumières, les élus locaux, les organisations de la société civile, les projets et les programmes sur place.

Depuis le commencement des activités en février 2006, les actions ont pour objectif la consolidation de la paix et la création de conditions favorables au progrès du développement local. Au plan local, les volontaires VNU travaillent directement avec les populations qui ont souffert des conflits. Ils s’efforcent de rétablir des liens de confiance entre les différentes ethnies (Touaregs, Peuls et Arabes) par le biais du volontariat. Les efforts combinés de chacun constituent un facteur puissant et dynamisant pour réaliser la paix et le développement.

"Le projet a réussi la réinsertion de 3 160 ex-combattants dont 156 femmes autour de petits projets ou activités économiques relevant du commerce, de l’élevage, de l’agriculture et de l’artisanat", dit Sekou Oumar Coulibaly, Coordonnateur du projet en visite au siège du programme VNU à Bonn. Au total, 298 coopératives ont été formées, dont huit sont gérées par des femmes. Actuellement, les volontaires du programme VNU s’attachent à renforcer les capacités des coopératives en formant leurs promoteurs en techniques de gestion et de comptabilité. Les coopératives qui fonctionnent bien et créent des revenus sont récompensées par des prix d’encouragement. Des rencontres sont organisées entre membres de différentes ethnies pour les amener à participer aux actions de gestion des conflits et aux activités d’éducation pour l’instauration d’une culture de la paix dans l’Aïr et l’Azawak. Dans les écoles par exemple, les enseignants animent des programmes sur la résolution de conflits pour promouvoir une culture de la paix au niveau des enfants. Ces derniers participent à des actions comme les caravanes de la paix qui traversent les villages et diffusent les messages de paix auprès des écoliers d’autres villages. 

Les volontaires VNU du Projet Consolidation de la Paix dans l'Aïr et l'Azawak (PCPAA) ont aidé à publier, pour la première fois, un bulletin sur la paix et le développement. Le bulletin appelle à la solidarité et à la fraternité entre villageois, nomades de campements ou habitants du désert qui ont souffert des conflits. Dans cette publication on peut lire : « Dans ton village, ton campement, tu connais sûrement des gens très pauvres… des personnes très âgées malades, ou des enfants… ils n’ont pas de parents pour s’occuper d’eux. Alors le sentiment de solidarité doit nous pousser à penser que leurs problèmes ou difficultés sont aussi les nôtres et qu’il faut les aider. » En cas de conflit armé tout le monde doit aider les personnes qui ne participent pas aux combats, comme les civils, les blessés, les malades et les prisonniers. Voilà quelques-uns des messages de paix que le bulletin diffuse parmi les groupes d’ex-combattants qui prennent conscience de l’action des organisations qui viennent en aide aux personnes en difficulté et qu’on appelle les acteurs humanitaires. 

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)