Le Volontariat en pleine expansion au Burkina Faso
par Bery Dieye Kandji

Saint Juste Tamani, volontaire pépiniériste à Dédougou, fait partie des jeunes Burkinabés de plus en plus nombreux à s'engager dans le développement de leur pays. (Programme VNU)Saint Juste Tamani, volontaire pépiniériste à Dédougou, fait partie des jeunes Burkinabés de plus en plus nombreux à s'engager dans le développement de leur pays. (Programme VNU)Christine Ouedraogo, enseignante à l'école primaire et volontaire travaillant avec le Programme National de Volontariat au Burkina Faso. (Programme VNU/Giacomo Prirozzi)Christine Ouedraogo, enseignante à l'école primaire et volontaire travaillant avec le Programme National de Volontariat au Burkina Faso. (Programme VNU/Giacomo Prirozzi)
06 août 2010

Ouagadougou, Burkina Faso : Mis en place en 2007 pour contribuer à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement à travers l’engagement des volontaires, le Programme National de Volontariat du Burkina (PNVB) est aujourd’hui en pleine croissance. Près de 1 000 volontaires nationaux ont été recrutés depuis le début du programme. Parmi eux l’on dénombre plus de 800 volontaires de l’enseignement primaire et 71 volontaires de l’enseignement secondaire.

 

 

Le programme VNU s’est engagé à mettre en place des solutions durables afin que les pays puissent exploiter le pouvoir du volontariat pour la paix et le développement. Plus que mobiliser les volontaires VNU nationaux, le programme VNU aide à développer des capacités par des programmes volontaires qui abordent les problèmes de développement nationaux.

 

Avec un taux de scolarisation de seulement 44,6%, le Burkina Faso souffre fortement du manque d’enseignants, surtout au niveau du primaire. C’est dans un tel contexte que le PNVB a signé une convention avec le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation pour le recrutement de ces volontaires enseignants pour servir dans les régions du Plateau Central, Centre-Est, Est, Boucle du Mouhoun, Sahel, Nord et Sud Ouest.

Christine Ouedraogo en fait partie : « Je suis sortie de l’école de formation des enseignants avec mon diplôme, mais sans affectation. Je me retrouvais donc au chômage, sans revenus. C’est alors que j’ai entendu parler du PNVB. J’ai soumis une candidature, passé un test et j’ai été retenue pour enseigner à l’école Worokuy de Dédougou dans la province du Mouhoun. Aujourd’hui je gagne 85 dollars par mois et surtout j’ai la chance de servir les autres et de mettre en pratique mes acquis. »

Cette promotion de volontaires pour l’année 2009-2010 fait suite à celle de 79 volontaires enseignants, qui de février à septembre 2009, avaient servi dans des classes qui sans eux auraient été fermées toute l’année scolaire par manque d’enseignants. Ils avaient ainsi évité une année blanche à plus de 3 500 élèves du primaire.

« L’expérience s’étant montrée fructueuse, le partenariat avec le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation se poursuit encore donc pour cette année scolaire avec un effectif beaucoup plus important », a déclaré Ibrahima Ouedraogo, Directeur Général du PNVB. Dans la même dynamique, une convention a été signée avec le Ministère de l’Enseignement Secondaire et de la Recherche Scientifique qui a permis de mettre en service 71 volontaires dans différentes matières.

En outre, 83 volontaires nationaux ont également été recrutés en appui à d’autres secteurs tels l’agriculture, la décentralisation, l’environnement, la santé et le développement économique. Comme Saint Juste Tamini, volontaire pépiniériste qui apporte son soutien à une pépinière de la Direction régionale de l’Environnement et du Cadre de Vie de la Boucle du Mouhoun et qui a trouvé sa voie grâce au volontariat.

« Après ma formation de pépiniériste, j’étais sans emploi. Ici, j’ai l’occasion de prouver ce que je sais faire et de me réaliser car les plantes que nous produisons servent au reboisement de toute la région. J’exhorte tous les jeunes qui n’ont pas de travail à se lancer dans le volontariat. C’est une façon honnête de  gagner sa vie ».

Les volontaires perçoivent tous une allocation de vie de 85 dollars par mois, c’est bien plus que le SMIG au Burkina. « Avec la perspective d’atteindre la couverture des 13 régions du pays d’ici 2013, nous avons procédé en avril dernier au lancement des activités du PNVB dans la région des Hauts Bassins.  Le processus est en cours pour l’ouverture du Centre Régional de Volontariat des régions du Centre et du Plateau Central  avec l’objectif de déployer 1 400 volontaires en 2010 », a confié M Ouedraogo.

Actuellement, le programme entame le processus d’élaboration d’un plan stratégique pluriannuel 2011-2015 qui permettra de dégager la vision et un plan d’actions pour les années à venir.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)