Les violences faites aux femmes du Burkina Faso

25 novembre 2007

Malgré un large éventail de lois sur la question, la violence faite aux femmes est longtemps restée un sujet tabou au Burkina Faso, la société restant muette sur ce grave problème. Le sujet a été considéré comme relevant de la vie privée des femmes et devant être traité dans l’intimité familiale. Les textes juridiques restent souvent inappliqués et les populations en ont une connaissance très limitée. Ces dernières années, des efforts sont faits pour informer les populations sur leurs droits et devoirs à travers la traduction et la vulgarisation des textes juridiques en langues nationales ainsi que l’organisation de campagnes de sensibilisation contre les violences faites aux femmes.

Un type grave de violences faites aux petites filles au Burkina Faso est la pratique de l’excision. Une loi promulguée en 1996 interdit cette pratique ancrée dans la culture du pays et parallèlement une forte activité est menée dans le pays pour son abandon, surtout grâce aux actions menées par le Comité National de Lutte Contre la Pratique de l’Excision. Celui-ci, structuré en comités provinciaux, coordonne les actions des ONG dans le pays et se place au plus près des victimes pour mener des actions de plaidoyer, de formation, de soutien aux femmes excisées et souffrant de complications et gère une ligne téléphonique « SOS excision ».

Pour combattre la pratique de l’excision au Burkina Faso, le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) coopère avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et d’autres partenaires sur le terrain.

Deux volontaires VNU, Kathrine Lassen et Melina Papageorgiou travaillent sur le genre au Burkina Faso. Elles sont directement impliquées dans le travail de lutte contre les violences faites aux femmes. La première travaille avec une ONG parapluie, le Réseau de Communication, d’Information et de Formation des Femmes au Burkina Faso (RECIF / ONG - BF). Il lui tient à cœur de contribuer à améliorer la situation des femmes du Burkina Faso. RECIF / ONG s’est par exemple impliqué dans l’organisation d’une grande concertation des acteurs en juin 2006. Cette initiative a permis de renforcer les services offerts aux femmes expérimentant des situations de violences de différents types.

La volontaire VNU Melina Papageorgiou fait partie de l’équipe genre du FNUAP. Cette organisation mène un groupe d’agences onusiennes dans une action concertée pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes. Les violences faites aux femmes font donc naturellement partie des problèmes prioritaires de ce groupe qui a récemment planifié un programme pilote dans ce domaine. Le programme prévoit de faire un état des lieux sur les acteurs actifs dans le pays sur cette problématique et sur leurs capacités et lacunes dans la réponse nationale aux violences faites aux femmes. Suite à cela un plan d’action national permettra d’améliorer les actions de lutte contre ce problème.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)