Lutte contre l’analphabétisme au Burkina Faso
par Kerstin Gossé

Bibata Compaoré, volontaire enseignante dans le cadre du Programme national de volontariat au Burkina Faso (PNVB). (Kerstin Gossé / programme VNU)Bibata Compaoré, volontaire enseignante dans le cadre du Programme national de volontariat au Burkina Faso (PNVB). (Kerstin Gossé / programme VNU)
20 mai 2009

Ouagadougou, Burkina Faso: L’année scolaire aurait pu mieux commencer pour les élèves du cours élémentaire de premier niveau d’Iolonioro, un village situé en pleine brousse, dans le sud-ouest du Burkina Faso. En effet, suite au congé maternité de leur enseignante, les 67 élèves n’ont  pas pu reprendre l’école à la dernière rentrée scolaire.

« Les enfants étaient en retard d’un mois et demi quand je suis arrivée », affirme Bibata Compaoré, 29 ans, enseignante volontaire chargée de la classe. Le Burkina Faso est l’un des pays les moins alphabétisés au monde avec plus de 70 % d’analphabètes parmi les adultes et un taux de scolarisation de 44,6%.

Ainsi, le pays souffre fortement du manque d’enseignants au niveau du primaire. Dans tout le pays, la suspension des cours et les classes de plus de 120 élèves sont monnaie courante.Pour mieux lutter contre cette situation, plus de 80 volontaires ont été affectés à travers le pays pour travailler dans les écoles primaires.

Ces jeunes burkinabè ont en commun une formation à l’Ecole nationale des enseignants du primaire. En attendant le test d’intégration, qui leur permettra de devenir des enseignants titulaires, ils travaillent en tant que volontaires dans le cadre du Programme national de volontariat au Burkina Faso (PNVB).

Le PNVB est un nouveau programme, financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) et le gouvernement du Burkina Faso. L’objectif est de contribuer à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à travers l’engagement des volontaires.  « Une très grande partie de la population burkinabé est analphabète, et en même temps un grand nombre de personnes formées, compétentes, disponibles n’est pas valorisé. C’est dans cette sphère que le Programme national de volontariat au Burkina Faso joue un rôle », souligne Hélène Agnelli, coordinatrice du programme.

Pour Compaoré, « le volontariat est intéressant parce qu’il me donne une expérience pratique en attendant de passer le test d’intégration ».« L’alphabétisation est un domaine clé des OMD et  notre collaboration avec le ministère est une réponse à une urgence. Ces volontaires apportent une contribution importante à leur pays et gagnent une expérience de travail qui, j’espère  va les aider pour passer le test d’intégration et trouver des postes salariés », précise Hélène Agnelli.

Le programme compte au total 250 volontaires qui en plus de l'éducation travaillent dans les domaines de la santé, de la décentralisation, du développement économique et de l’environnement. Après la présente phase de pilotage 2006-2010, le gouvernement du Burkina Faso prendra la relève du Programme national de volontariat au Burkina Faso.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)