Un intérêt accru pour les OMD au Sénégal
par Aimé Aonon

Dans la région de Thiès au Sénégal, l'information sur les OMD est diffusée avec l'appui de 23 relais communautaires. Ces derniers sont formés avec l'appui des volontaires VNU. Les séances de dissémination des OMD au sein des communautés ont lieu en langues locales Ouolof et Sérère et en Français. (programme VNU)Dans la région de Thiès au Sénégal, l'information sur les OMD est diffusée avec l'appui de 23 relais communautaires. Ces derniers sont formés avec l'appui des volontaires VNU. Les séances de dissémination des OMD au sein des communautés ont lieu en langues locales Ouolof et Sérère et en Français. (programme VNU)
20 mai 2009

Dakar, Sénégal: Le projet de mobilisation de la société civile sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) au Sénégal a pour objectif de renforcer les capacités de la société civile à mieux appréhender les enjeux des OMD et d’initier une campagne nationale de dissémination de l’information sur les OMD au sein des communautés. L’intérêt des communautés sénégalaises grandit au fur et à mesure des campagnes d’information menées avec l’aide de six volontaires du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) et des relais communautaires au Sénégal. 

Thiès : éducation, santé pour tout le monde

A Thiès , les activités du projet étaient présentées avec l’appui des relais communautaires, au total 23 relais communautaires formés qui ont mené 42 séances « officielles » de dissémination des OMD au sein de leurs communautés, en Ouolof, Sérère et Français. Les discussions ont permis de mettre en exergue une dissémination en réalité beaucoup plus large des OMD dans le cadre de leurs activités habituelles. Dans la majorité des cas, les associations ont effectivement aligné leurs activités sur les OMD, car selon leurs propres termes, la formation leur a permis de mieux s’organiser et d’éviter désormais la dispersion.

L’intérêt pour les OMD 2,4,5 et 6 est très fort. Les séances de sensibilisation ont facilité une meilleure identification des problèmes et de leurs possibles solutions. Pour l’illustrer, les participants ont donné le cas du collège d’enseignement moyen de Khombole qui, en raison de son éloignement, présente des risques de viols et autres agressions pour les jeunes filles. Ces risques constituent un frein pour le maintien des jeunes à l’école, bien de parents préférant les garder à la maison plutôt que de les exposer à ces risques.

Depuis la sensibilisation sur les OMD, les femmes ont identifié leur absence au conseil rural comme un facteur favorisant cette situation, d’où leur décision de se donner les moyens de faire partie dudit conseil aux prochaines élections locales. Cette prise de conscience des femmes est la même à Tattine également. Les relais font aussi du dépistage du VIH, mais déplorent le faible taux de participation à cause des pesanteurs sociales. De façon générale, les relais saisissent toutes les occasions pour parler des OMD, y compris au cours des manifestations religieuses.

Diourbel : les activités se font en langue locale Ouolof

A Diourbel, dix relais ont été formés avec chacun à son actif trois à quatre activités officielles de sensibilisation. Les séances se sont tenues essentiellement dans la commune et les villages environnants dont trois fora, deux à Diourbel et un à Toki-Gare. Les causeries se tiennent avec un groupe de 25 à trente personnes par souci d’efficacité. Le thème des fora était « Paludisme, VIH/sida, fais savoir que cela fait partie des OMD ».

Les caractéristiques principales à Diourbel sont une forte orientation sur le SIDA et une prédominance des groupements de promotion féminine (GPF). Cela est lié au fait que la plupart des associations impliquées travaille sur ce sujet et que les GPF ont fait montre d’une très grande disponibilité à l’égard du projet. Quelques activités ont été conduites avec des associations culturelles et sportives (ASC) du mouvement navétane dont une plus forte implication est recherchée car elles offrent des opportunités d’atteindre un plus vaste public. Toutes les activités se déroulent en Ouolof.

Fatick : les radios crochets servent de relais de l'information

Dans la région de Fatick, sept personnes ont bénéficié de la formation et l’ont toutes répercutée dans les communautés à travers des activités variées telles que les causeries ou « les radios crochets » ou thés débats. Ces radios crochets consistent en une animation avec un système de sonorisation pour un jeu de questions réponses sur les OMD. Là encore, les acteurs du projet ont consigné les causeries officielles dans le rapport bien qu’ils aient conduit de très nombreuses activités de sensibilisation sur les OMD. Celles-ci se tenaient en général en Ouolof et Sérère, parfois en Français

Entre Fatick, Foundiougne et Gossas, pas moins de 25 radios crochets et autant de causeries ont été tenus. Il faut dire qu’en réalité, les relais saisissent toutes les occasions qui s’offrent à eux pour sensibiliser sur les OMD.

Kaolack : établir un partenariat au niveau local

Au total, 19 relais ont été formés dans la région de Kaolack (dont deux par les relais eux-mêmes). Ceux-ci ont travaillé en partenariat de sorte que lorsque l’un d’eux avait une séance de sensibilisation, il était supervisé par un pair qui s’assurait ainsi du respect des lignes directrices édictées. Les causeries se sont déroulées en général en Français (à l’école), Ouolof et Sérère (au marché et dans les villages) sur la base du guide élaboré à cette fin.

Les enseignants sont très satisfaits de pouvoir parler des OMD à leurs élèves en toute connaissance de cause. Les OMD sont en effet ramenés à des activités quotidiennes des communautés. L’un des relais a fait part de la prise en compte des OMD par un de ses amis, propriétaire d’une unité pédagogique de 40 élèves paysans, sur la base de la sensibilisation qu’il lui a faite. Le relais communautaire fait entrer une telle activité dans le cadre de l’OMD 8, le partenariat devant commencer au niveau local de son point de vue. 

Diverses actions de réalisation des OMD ont été conduites. Cela va de la tentative d’assainissement de la ville de Kaolack à celle d’inclusion des enfants de la rue et autres talibés dans les interventions en faveur des OMD (à Kahone). Le relais communautaire de Keur Madiebel déclare mettre l’accent sur les OMD 2, 4 et 1. Il y a lieu de noter l’intérêt très marqué des populations pour l’OMD 1 qui est perçu comme transversal. Ce, à tel point qu’un GIE a été créé pour le placement de jeunes filles comme personnel domestique dont la formation initiale est d’abord assurée. Ledit GIE est situé à Touba Ndorong, un quartier de la ville de Kaolack. De l’avis des relais et des populations, sans l’OMD 1, les autres ne peuvent pas se réaliser.

Dans les faits, les relais communautaires ont intégré les OMD dans leurs activités quotidiennes, faisant ainsi de la sensibilisation continue, aussi à Ziguinchor, Banjul et Kolda, où les activités de vulgarisation des relais communautaires ont conduit certains membres de la communauté à s’impliquer davantage. C’est ainsi qu’un groupe de handicapés, à la suite de la sensibilisation sur les OMD, s’est activement impliqué dans des associations de handicapés au niveau national et international. Certains de ses membres ont été intégrés le bureau national d’une association de handicapés, puis cooptés dans les instances de décisions d’une autre internationale basée en Suisse.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)