Un jardin d'enfants sert de centre de nutrition à Zinder au Niger

26 octobre 2005

Zinder, Niger: Pour lutter contre la malnutrition qui touche gravement les enfants au Niger, le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) soutient la création de douze jardins d’enfants dans le pays. Le premier a ouvert à Zinder et fonctionne grâce à l'action des volontaires qui viennent y servir des repas enrichis ou à l'aide de sages-femmes qui suivent régulièrement l'état de santé des enfants.

L’administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Kemal Dervis, s'est rendu en visite au Niger pour entre autres inaugurer, le 12 octobre, le nouveau jardin d’enfants de la région de Zinder, une province agricole de l’Est qui a perdu une grande partie de ses récoltes au cours des sécheresses répétées et des invasions de criquets de ces dernières années.

Avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le projet de jardins d’enfants communautaires fournit des repas nutritifs, des bouillies enrichies en vitamines, et des traitements médicaux aux enfants de moins de cinq ans, tout en donnant des conseils nutritionnels aux parents. Un agent du PAM surveille la distribution quotidienne des rations alimentaires pendant que l’UNICEF dispense une formation en santé alimentaire aux parents. Depuis l’ouverture, le jardin d’enfants de Zinder a nourri plus d’une centaine de bébés âgés de 6 à dix-huit mois.

Selon le Chargé de programme VNU au Niger, M. Mahamane Baby, les parents de la communauté ont été mobilisés comme volontaires pour aider au fonctionnement du jardin d’enfants. « Les volontaires viennent au centre tous les jours pour préparer les repas, nourrir les enfants, distribuer les jouets, nettoyer la salle et entretenir le jardin », a-t-il dit.

Un médecin et une assistance sociale effectuent des visites régulières pour surveiller l’état de santé des enfants. M. Baby a signalé qu'un autre jardin d'enfants se prépare à ouvrir à Maradi, autre province touchée par la famine.

Il a ajouté que le projet aide le gouvernement du Niger à tenir sa promesse de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier de réduire la faim (OMD 1), d'assurer l’éducation primaire pour tous (OMD 2), de réduire la mortalité infantile (OMD 4), et d'améliorer la santé maternelle (OMD 5). A côté de l’ouverture de 11 jardins d’enfants supplémentaires, le projet vise à long terme l'installation de plusieurs centaines de centres nutritifs et scolaires à travers le pays.

« Nous devons mobiliser encore plus de personnes », a souligné Fabienne Deraemaeker, une stagiaire de Belgique qui aide l'équipe du programme VNU au Niger à identifier les villages les plus touchés par la crise alimentaire.

L’actuel projet de jardins d’enfants est basé sur la réussite d’un projet pilote des programmes PNUD et VNU et financé par le gouvernement japonais. Ce projet a abouti à l'ouverture de neuf jardins d’enfants dans les régions de Dosso, Tahoua et Tillabéry en 2002. Dans ces régions, les Volontaires des Nations Unies ont formé les éducateurs de neuf écoles maternelles qui dispensent actuellement un enseignement précoce à 800 enfants âgés de trois à six ans. Les VNU ont aussi mobilisé des volontaires de la communauté pour aider à augmenter le taux de fréquentation scolaire et avec l'idée de transférer la responsabilité aux membres de la communauté.

Lors de l’inauguration du premier jardin d'enfants de la région de Zinder, l’administrateur du PNUD a déclaré : « L'ouverture du jardin d’enfants communautaire devrait mettre fin à la tendance à retenir les filles pour s’occuper des frères et soeurs à la maison et devrait encourager davantage la fréquentation de l'école». Dans le rapport du PNUD sur le développement humain, le Niger est classé au rang de pays le plus pauvre. Parmi les 12 millions de personnes formant la population, 63% vivent avec moins d'un dollar par jour. Une soixantaine de VNU sont engagés dans ce pays dans les actions de lutte contre la pauvreté, de protection de l’environnement, de bonne gouvernance et pour le développement du secteur privé.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)