Des cantines scolaires au Rwanda
par Guy Mesmin Adoua Oyila

18 juin 2004

Kigali, Rwanda: Guy Mesmin Adoua Oyila de la République populaire du Congo est Volontaire des Nations Unies (VNU) au Rwanda. Il apporte une assistance au Programme Alimentaire Mondial (PAM) en tant que coordonnateur d’un projet pilote de cantines scolaires. Faute d’alimentation riche et équilibrée, les enfants accusent des déficiences nutritives et faiblesses qui les empêchent d’aller régulièrement en classe. Avec le lancement du projet en 2001, l’école a commencé à offrir un repas par jour aux écoliers. Le nombre des absences a rapidement diminué et les enfants ont amélioré leurs résultats scolaires. Le VNU raconte les efforts de ces trois dernières années qui ont abouti à installer une cantine scolaire dans près de 120 écoles.

Le but du projet était de fournir des repas journaliers à l'école à une moyenne annuelle de 100 000 élèves sur une période de deux ans, et de distribuer chaque mois une ration d'huile nutritive à environ 18 900 filles du primaire. Une alimentation régulière contribuerait à améliorer l'éducation de base et augmenter le taux de fréquentation scolaire.

En 2003, le projet a couvert 119 écoles primaires dans cinq provinces du pays : Gikongoro, Gitarama, Kibungo, Kigalingali et Umutara. A partir de janvier 2004, le nombre des écoles recevant l’aide du projet est passé à 200 avec un effectif moyen d'environ 160 000 élèves. Des comités de gestion des cantines scolaires ont été installés dans chaque école pour assurer le fonctionnement quotidien des cantines. Leurs membres ont mobilisé les parents d'élèves pour l'approvisionnement des cantines en eau, bois de chauffe et légumes. Le PAM a fourni aux écoles la farine de maïs, les haricots, l’huile, le sel, les ustensils de cuisine et les réservoirs d'eau indispensables au bon fonctionnement des cantines. Des équipes ont été formées et sont allées sur le terrain pour suivre les activités et encadrer les membres des comités de gestion.

Actuellement, près de 120 écoles sont dotées d'infrastructures qui permettent aux cantines de fonctionner régulièrement. Le projet vise à équiper 200 écoles. Dans chaque école, des comités de gestion sont mis en place et assurent la gestion quotidienne des activités du projet auxquelles participent aussi les parents d’élèves. Ces derniers apportent l’eau, le bois de chauffe, les légumes, et une cotisation financière permettant de payer les cuisiniers et les ouvriers qui travaillent à la cantine. Les femmes sont très actives. On en compte au moins deux par comité de gestion. Certaines dirigent même ces comités. Le projet est bien perçu par les villageois, les autorités administratives, scolaires et les élèves aussi. Il y a moins de retards à l'école, moins d'absences et d'abandons du fait que les enfants prennent un repas à l’école. La cantine scolaire profite surtout aux orphelins, nombreux à devoir s’occuper des plus jeunes pour qu’ils aient suffisamment de quoi manger chaque jour.

Les cantines scolaires profitent aussi aux mères de famille qui disposent de plus de temps à consacrer aux travaux domestiques et champêtres, étant rassurés que les enfants prennent leur repas à l'école. Les cantines scolaires offrent des emplois aux jeunes chômeurs dans les villages. On a aussi observé la tendance des parents à ne plus retenir leurs filles à la maison pour des travaux domestiques ; les jeunes filles prennent en charge leur habillement comme les uniformes scolaires, les frais scolaires (dans certains cas pour les autres membres de la famille), le matériel scolaire. Dans certains cas, elles participent aux dépenses alimentaires de leurs ménages respectifs ; afin de ne plus solliciter les services de leurs filles pour les travaux champêtres, certains parents utilisent une partie de l'argent obtenu de la vente d'huile reçue du PAM pour engager de la main d'oeuvre temporaire ;

Des écolières, conscientes qu’elles ne pourront plus bénéficier de la provision de l'huile par le PAM après l’école primaire, s'efforcent d’épargner une partie de l'argent obtenu de la vente d'huile pour financer leurs études secondaires. Quelques jeunes filles ont pu acheter des chèvres pour faire de l’élevage. Les écolières qui ramènent, chaque mois, un bidon d'huile à la maison reçoivent une attention particulière de la part des parents quant à leurs études. Elles déclarent toutes être l'objet d'un traitement particulier et surtout disposer actuellement de suffisament de temps pour "étudier leurs leçons". Par ailleurs, il a été observé que les parents ayant des filles à l'école sont les plus motivés et les plus nombreux à contribuer financièrement pour le fonctionnement de la cantine scolaire.

Les effets encourageants produits par la distribution de repas aux élèves dans les écoles ont largement contribué à une bonne appréciation du projet par la communauté, dans son ensemble. Ces effets sont bien visibles tant au niveau des filles qui bénéficient de la ration à emporter qu'au niveau de l'ensemble des enfants qui prennent les repas à l'école.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)