Des sourires sur leur visage : les programmes d’alimentation scolaire en Afghanistan
par Devaki Shrestha

UNV volunteer with WFP in Afghanistan Devaki Shrestha (right) interviews a girl on the impact of UN activities in her area. (D. Shrestha/UNV)UNV volunteer with WFP in Afghanistan Devaki Shrestha (right) interviews a girl on the impact of UN activities in her area. (D. Shrestha/UNV)School facilities in Badakshan often left a lot to be desired: this girls' classroom had no desks or chairs. However, with WFP support conditions were improving elsewhere. (D. Shrestha/UNV)School facilities in Badakshan often left a lot to be desired: this girls' classroom had no desks or chairs. However, with WFP support conditions were improving elsewhere. (D. Shrestha/UNV)UNV volunteer Devaki Shrestha (right) and UNV colleagues prepare for IVD in Afghanistan. (D. Shrestha/UNV)UNV volunteer Devaki Shrestha (right) and UNV colleagues prepare for IVD in Afghanistan. (D. Shrestha/UNV)UNV volunteer Devaki Shrestha (left) worked in Afghanistan for six years, four-and-a-half of these for WFP. (D. Shrestha/UNV)UNV volunteer Devaki Shrestha (left) worked in Afghanistan for six years, four-and-a-half of these for WFP. (D. Shrestha/UNV)
09 juin 2008

Faizabad, Afghanistan: Lorsque j’ai découvert le programme VNU, j’ai été impressionnée par l’idée qu’en étant volontaire, je pouvais apporter une contribution et apprendre en même temps. En 1998, je fus sélectionnée comme spécialiste pour le programme VNU en Afghanistan. Mis à part quelques intervalles périodiques, j’y suis restée jusqu’en décembre 2007. Durant mes missions pour le programme VNU, qui ont duré six ans et demi, j’ai travaillé avec le Programme alimentaire mondial (PAM) pendant environ quatre ans.

En tant que volontaire VNU, la réalisation la plus précieuse à mes yeux fut simplement l’immense sentiment de satisfaction. Je pense avoir contribué autant que possible avec le désir profond d’aider des gens qui en avaient vraiment besoin. Rétrospectivement, malgré les combats menés pour survivre, le bonheur vu sur le visage des gens étaient comme des rayons de soleil; et leur attitude “ne jamais dire mourir” me fait encore réver à  l’Afghanistan.

Je me rappelle une mission à Faizabad, dans la partie nord-est de l’Afgahnistan, avec mon équipe au printemps 2006. La province est connue pour ses vues panoramiques et la beauté vierge de ses paysages. Après une demi-heure sur une route difficile depuis l’aéroport, nous atteignions le bureau régional du PAM à Faizabad. Le bureau régional appuyaient des zones où la nourriture était précaire, ciblant les personnes vulnérables dans les districts les plus reculés.

A cause du terrain montagneux accidenté, la gestion logistique était un cauchemar, surtout durant la saison des pluies et l’hiver avec la neige. La largeur des pistes était juste suffisante pour un seul véhicule à la fois. Les approvisionnements en nourriture pour l’hiver commençait généralement au mois de juin. S’ils étaient retardés, nous devions alors faire face à de nombreux défis à cause des véhicules bloqués par des glissements de terrain ou embourbés etc.

Le 25 mai, nous sommes partis pour le District de Sohada. Notre objectif était d’observer l’impact du programme du PAM pour l’alimentation scolaire. Les terres arables sont limitées dans cette zone et les gens extrèmement pauvres. La plupart dépendent de l’agriculture de subsistence et du travail comme main-d’oeuvre.

Nous avons vu beaucoup d’écoles. Nous avons parlé avec les enseignants, les écoliers, les parents et les communautés. Les conditions d’apprentissage était vraiment désolantes à voir. La plupart des écoles n’avaient même pas de bâtiments. Les meubles étaient un luxe pour ces enfants innocents. Les écoles qui avaient des bâtiments proposaient des bancs et des bureaux, mais la majorité des enfants de la région n’en avait pas. Beaucoup d’entre eux devaient s’assoir dans des tentes fournies par l’UNICEF lors de la Campagne Retour à l’école,probablement en 2002. Les enfants dans les tentes s’asseyaient sur des toiles en plastiques, s’ils n’avaient pas apporté avec eux des sacs. Au lieu d’avoir des sacs à dos pour leurs livres, les enfants venaient avec des sacs en plastique et certains transportaient des sacs faits à partir de cartons vides de jus de fruits. Lorsque un certain nombre d’enfants transportaient de tels cartons, c’était très coloré.

Le bureau régional du PAM à Faizabad soutenait le programme d’alimentation scolaire pour environ 131 700 écoliers, dont 60 000 filles. Chaque mois, ils recevaient une ration de blé à rapporter chez eux. L’objectif était de les encourager à venir à l’école. Afin de combler le fossé entre les sexes, les filles recevaient en prime de l’huile, de sorte que les parents fussent encouragés à envoyer leurs filles à l’école.

Comme la plupart des écoles n’avaient pas de bâtiments, de données de gestion ou ne gardaient pas trace des inscription des enfants, les taux de présence et de succès étaient pratiquement inexistants. Lorsqu’on leur posait la question, les enseignants et les directeurs d’école faisaient une simple estimation de tête. Le manque d’enseignantes dans les zones reculées signifiait que les filles arrêtaient l’école après la cinquième année car les parents refusaient qu’elles assistent à des cours où les enseignants étaient des hommes.

Nous avons visité une école pilote, construite avec l’aide du PAM, à Sohada. Ce bâtiment nous a au moins donné l’espoir que les choses pouvaient s’arranger grâce au partenariat avec les communautés. Le gouverneur du district participait activement à rassembler les communautés. Le terrain fut donné par l’un des mollah, qui était également enseignant dans l’école. Les communautés autour de cette école étaient plus ouvertes et y envoyaient plus facilement leurs filles. Les membres de la communauté ont également participé aux activités de l’Initiative verte pour l’Afghanistan (GAIN) en plantant des arbres autour des locaux de l’école. Les enfants étaient chanceux et assistaient à leurs cours dans des salles de classe. Ils avaient le plaisir de s’asseoir sur des bancs et de poser leurs livres sur des bureaux.Pendant ma visite de la région, l’appui du PAM se révela un facteur positif de l’augmentation des inscriptions et de la présence pour les garçons et les filles. Les gens avaient pris conscience de l’importance de l’éducation. Le soutien alimentaire supplémentaire avait encouragé les parents dans le besoin à envoyer leurs enfants à l’école plutôt que de les envoyer travailler. La plupart ont même commencé à envoyer leurs enfants à l’âge de cinq ou six ans, ce qui n’était pas courant auparavant.

Un autre changement visible fut que les communautés acceptèrent des classes mixtes garçons-filles jusqu’à la troisième année, ce qui n’était pas possible pendant le régime des Talibans. La plupart des membres de la communauté et des enseignants ont dit que l’aide alimentaire devrait encore se poursuivre pendant deux ans jusqu’à ce que les élèves inscrits terminent leur niveau élémentaire et ce pour réduire les chances d’abandon.
 
Bien que les enfants aient classe dans des tentes, il étaient contents de venir à l’école. Des sourires sur leur visage. Peut-être était-ce là, le résultat le plus parlant du programme.

Devaki Shrestha est népalaise. Elle a un diplôme en développment social. Elle a obtenu son second diplôme de deuxième cycle à  l’Institut International Coady, au Canada, en 1988.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)