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En quête de justice pour les autres
par Sara Sighinolfi
Sara Sighinolfi, volontaire VNU spécialiste des droits de l'Homme reçoit un prix de récompense pour ses activités bénévoles au profit d'associations qui défendent les droits de l'Enfant à Madagascar. (Photo: programme VNU)Mananjary, Cote Est de Madagascar, place du marché : Malala, 23 ans, et son fils Raivo, sept ans, font la queue pour faire l’enregistrement pour un jugement supplétif. Ils ont marché à pieds nus depuis Nosy Varika, à plus de 70 km de Mananjary, pour participer à l’opération « Actes des naissances » organisée par la Trano Aro Zo a choisi de devenir l’épouse d’un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle a appris à la radio locale qu’à Mananjary une « Maison des Droits » pourrait l’aider à réclamer son acte de naissance auprès du Tribunal et un soutien financier pour elle-même et l’enfant. « Disposez-vous d’un acte de mariage ? », demandent les para-juristes de la clinique juridique à Malala. Niant, les jeunes étudiants lui expliquent ses droits et lui proposent des solutions en se référant aux lois nationales et aux textes internationaux de protection des Droits humains. Depuis mars 2005, en tant que Volontaire des Nations Unies, Spécialiste en Droits de l’Homme, du Projet de Bonne Gouvernance du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), j’étais chargée d’apporter une assistance technique pour mobiliser les partenaires, gouvernementaux ou non, sur des actions visant à garantir à tout citoyen, comme Malala, la prise de conscience des droits et les capacités pour les réclamer auprès des responsables. La clinique juridique de Mananjary, citée ci-dessus, n’est qu’un fruit de cette mobilisation. Mon poste prévoyait une étroite collaboration avec le Ministère de la Justice de la République de Madagascar d’un côté et la société civile malagasy de l’autre. Dès mon arrivée à Antananarivo, encore pionnière sur la situation des Droits humains dans le pays, j’ai pris contact avec le Ministère de la Justice. Le dialogue, l’échange réciproque et constructif des connaissances, des capacités et des savoir-faire et l’esprit d’équipe ont été le pain quotidien de nos échanges. Ensemble pour une cause commune : faire avancer le respect des Droits humains pour tous les citoyens de Madagascar partout dans le pays. Tous ont rapidement compris les enjeux et ont recherché des solutions participatives et réalistes tenant en compte les contraintes financières, matérielles et techniques. Fruit de cette coopération positive a été la formulation et la mise en œuvre du projet « Appui à la Promotion et Protection des Droits humains » visant en l’appropriation des droits humains par les professionnels de la justice et la réactivation de la Commission Nationale des Droits de l’Homme dont le mandat avait expiré en 2002. Au cours de mes visites auprès des quatre visites de quatre Tribunaux de Première Instance et établissements pénitentiaires de la Grande Ile, j’ai tenu des formations pratiques sur l’application des instruments internationaux relatifs aux droits humains à l’intention des magistrats, des avocats, des policiers, des gendarmes et des agents pénitentiaires des juridictions. Nous avons simulé des procès sur des cas courants de violation et rédigé le jugement faisant référence à un texte international ratifié par l’Etat partie sur la torture, sur la détention arbitraire et le mariage forcé. Ces simulations ont été enregistrées sous un format vidéo et font aujourd’hui l’objet d’une large diffusion. J’ai contribué au contenu d’un manuel de poche qui illustre et énonce en termes simples, imagés et en langue malagasy le respect des normes internationales des droits humains en milieu judiciaire, policière et pénitentiaire, ainsi que les bonnes et les mauvaises pratiques en matière d’application. Cet outil a été accompagné par deux guides pénaux sur la justice et l’uniformisation de la rédaction des décisions de justice. Ces formations ont abouti à la constitution de quatre réseaux de protection des Droits humains, qui constituent une structure de relais des Droits humains au niveau local, englobant tant la société civile que les entités étatiques. Il s’agit également d’un système de surveillance des cas de violation et d’une plate-forme de dialogue sur des situations de non-respect courantes. J’ai mis en contact le Ministère de la Justice et le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour réorganiser la Commission Nationale. Son mandat a été révisé selon les Principes de Paris sur le statut des institutions nationales pour la promotion et la protection des droits de l’homme. La mobilisation des acteurs nationaux sur les droits humains m’a engagée aussi dans un travail de proximité avec les organisations nationales de la société civile (OSC) œuvrant pour la défense de ces droits. A cet égard, j’ai appuyé la coordination de 60 organisations de défense des droits humains, regroupées dans le Comité Technique aux Droits Humains (CNTDH) et dans la Confédération nationale des Plates-formes en Droits Humains (CNPFDH), pour la rédaction d’un rapport relatif aux droits civils et politiques. En tant que Volontaire des Nations unies pour les Droits humains, j’étais très engagée -de façon bénévole et dans mon temps libre- à aider des associations qui travaillaient dans le cadre des Droits de l’enfant, pour lesquelles je poursuis actuellement la recherche des financements depuis l’Europe. Ce sont en effet les sourires des enfants de l’Orphelinat Solofo d’Antsirabe et des petits transporteurs des briques des rizières de Mandroseza (Antananarivo), regroupés dans le groupe folklorique Gasy Tsara, qui me donnent la motivation de continuer mon travail pour l’humanité pour garantir à ces nouvelles générations un avenir meilleur et surtout un présent meilleur. |
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