Espoirs de paix
par Mariam Asngar Loneban

Mariam  Asngar  Loneban, conseillère électorale dans la province de Rutana, fait partie de l'équipe des volontaires VNU qui donnent un appui à la Commission Électorale Communale Indépendante (CECI) et la Commission Électorale Provinciale Indépendante (CEPI) provinciale pour les élections de 2010 au Burundi. (Programme VNU)Mariam Asngar Loneban, conseillère électorale dans la province de Rutana, fait partie de l'équipe des volontaires VNU qui donnent un appui à la Commission Électorale Communale Indépendante (CECI) et la Commission Électorale Provinciale Indépendante (CEPI) provinciale pour les élections de 2010 au Burundi. (Programme VNU)
30 juillet 2010

Après 13 années de guerre civile, les Burundais se sont rendus très tôt ce matin dans les bureaux de vote pour accomplir leur devoir civique en élisant leur président de la république pour un  mandat de cinq ans.

Aujourd’hui, aux petites heures du matin, mon chauffeur et moi avions quitté Makamba, mon lieu de résidence, et pris la route pour Rutana, ma province d’affectation. Rutana est l’une des 17 provinces du Burundi ; elle est située au sud du pays à la frontière de la Tanzanie. Le parcours s’est fait sans heurt sur une route serpentée au milieu des collines, le tout couvert de verdure et d’un ciel dégagé au couleur bleu d’azur rendant le paysage encore plus  magnifique.

D’habitude nous rencontrons sur notre route des paysans transportant soit des tiges de bananes, soit des sacs remplis d’avocats, ou encore des contenants pour huile de palme ; mais en cette journée du 28 juin 2010, hormis quelques taxis de brousse qui faisaient leur descente en sens inverse, la route était d’un calme exceptionnel, et je ne cessais de me poser de questions : ce silence est-il un signe annonciateur de quelque chose ? Où sont passés nos compagnons de tous les jours ? Ces braves hommes qui croupissent sous d’incroyables charges attachées sur des vélos que nul ne peut pédaler mais qu’il fallait pousser sur une cinquantaine de kilomètres à cause de cette forme de grandes  falaises, un passage obligatoire qui relie Makamba à Rutana.

Je n’avais pas de réponse aux questions qui tourbillonnaient dans mon esprit jusqu’à mi-chemin, lorsqu’à ce moment là, dans la voiture de loin, le chauffeur et moi apercevions des casseurs de graviers tapant sur des grosses pierres et les réduisant en petits morceaux.  Ont-ils déjà voté ou simplement avaient-ils décidé de s’en abstenir donnant ainsi privilège à leur activité économique ? Personne de nous deux ne pouvait répondre à leur place mais quelque soit leur choix, tout  ce que l’on sait, c’est que cela fait partie de la démocratie.

Une demi-heure après, et nous voilà dans Rutana Communal, les premiers bureaux de vote visités sont ceux situés dans l’enceinte de l’école primaire de Rutana. Il y en avait sept au total ; d’impressionnantes files d’électeurs attendaient tranquillement pour aller voter chacun à son tour, avant de repartir vaquer à leurs occupations. Tout s’est bien passé dans le respect, pas même une seule petite bousculade. Tous les membres de bureaux de vote ont également  répondu présent au rendez-vous à la grande satisfaction de la Commission Électorale Communale Indépendante (CECI) et de la Commission Électorale Provinciale Indépendante (CEPI) ; ces membres de bureaux de vote ont pour mission d’assurer la bonne gestion du processus électoral ainsi que la transparence du scrutin.

Ensuite nous nous sommes rendus au Stade de Rutana qui a également abrité un bureau de vote, même scénario, avec un taux de participation assez élevé en matinée, un taux de participation qui s’est effrité en début d’après-midi, où les électeurs se présentaient à compte-goutte… Mêmes scénarios observés dans les autres communes de la province, en l’occurrence Bukemba, Giharo, Gitanga, Musongati et Mpinga-Kayové, mais qui s’expliquerait par la participation d’un candidat unique resté seul dans la course aux présidentielles après le désistement des partis de l’opposition.

Dans ce petit pays de l’Afrique de l’est, les élections présidentielles de 2010 ont montré la détermination d’une population dont la volonté se résume dans le retour d’une paix définitive et la dotation d'institutions libres et démocratiques pour le pays.   

 

 



Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)