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Informer les citoyens du Mali sur leurs droits
par Marie De Coune
19 juillet 2005 Bamako, Mali: Marie de Coune est Volontaire des Nations Unies en mission au Mali, spécialiste des droits humains prêtant assistance à l'UNESCO dans des projets qu’elle coordonne au sein du bureau multi-pays de la capitale Bamako qui couvre également le Burkina Faso et le Niger. La mission de Marie est financée par le gouvernement de son pays natal, la Belgique. Je travaille au Mali depuis juin 2002, cela fait trois ans maintenant. Avant de travailler comme Volontaire des Nations Unies (VNU) à l’UNESCO, je travaillais pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Je coordonnais le travail des agences des Nations Unies. Elles sont dix au Mali qui coopèrent pour mettre en œuvre des programmes au bénéfice du développement, dans le cadre de l’UNDAF (United Nations Development Framework). Pour cela des groupes thématiques interagences ont été créés, comme par exemple le groupe sur les questions de droits humains et de genre dont les membres se réunissent régulièrement. Ces différents groupes constituent des cadres d’échanges sur les activités des agences du Système des Nations Unies dans leurs domaines respectifs, et cherchent à identifier les possibilités de synergies partenariales entre les différentes agences. La promotion des droits humains et le respect de ces droits, c’est ce qui m’intéresse et qui est actuellement au centre même de ma mission de Volontaires des Nations Unies. Une des premières priorités de ma mission a été d’organiser et de coordonner des réunions entre responsables d’agences de l’ONU. En effet, il est primordial que les agences sur place coordonnent leurs travaux afin de multiplier les résultats sur le plan du développement local. Les représentants des agences de l’ONU, par exemple, se réunissent tous les mois pour faire le bilan des activités, parler de l’avancement des travaux et ils se concertent sur les tâches à poursuivre. Ce suivi leur permet d’harmoniser les procédures et les programmes pour réaliser ceux-ci. Une revue annuelle fait le rapport des progrès réalisés. J’ai beaucoup aimé mon rôle d’animatrice du groupe de la communication. Notre travail a donné naissance à un site Internet commun aux agences et à un bulletin d’information annuel. Le Mali compte parmi les cinq pays les plus pauvres du monde. La pauvreté se manifeste par exemple au quotidien à travers la mendicité et le trafic des enfants, la malnutrition, la prostitution et a parfois pour conséquence un certain matérialisme chez les gens. Elle a forcément des répercussions sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Le Mali est certes un pays démocratique depuis une quinzaine d’années, mais il n’est pas épargné par des problèmes comme la mauvaise compréhension du rôle du citoyen et de l’élu par exemple. En promouvant les droits de l’homme et la citoyenneté, l’UNESCO et le programme VNU cherchent à donner aux gens une meilleure connaissance de leurs droits et obligations en tant que citoyens (droit à l’éducation, à la santé, à une situation économique et sociale favorable). Comme Volontaire des Nations Unies j’aide l’UNESCO à instaurer une culture de la paix mais également je continue de collaborer aussi avec d’autres agences comme l’UNICEF et le PNUD. Il y a actuellement une quarantaine de VNU (nationaux et internationaux) au Mali, présents dans plusieurs agences ou projets des Nations Unies. Ils ont par exemple, dans un projet spécifique VNU, aidé à développer un tourisme durable en pays Dogon. Les activités touristiques, qui auparavant, bénéficiaient essentiellement à des agences de voyages ou des sociétés étrangères à la région, ont pu donner également du travail aux gens originaires de cette région. Les femmes par exemple font du maraîchage et tous ces petits projets améliorent la situation économique des familles. Un autre projet VNU, celui-ci d’appui à la décentralisation, vient de se terminer en mai 2005. L’appui que les volontaires ont donné est un bon exemple de ce que les VNU apportent au pays pour fortifier les structures locales de la démocratie. Ils étaient 17 VNU dans ce projet, majoritairement des volontaires nationaux en poste dans la capitale Bamako et dans cinq régions du pays. Les volontaires ont formé des citoyens locaux à la décentralisation par l’enseignement du droit des citoyens. Aux élus des communes et à leurs agents, ils ont enseigné l’usage des nouvelles technologies de communication. Grâce à l’ordinateur, les élus locaux pourront avoir un meilleur accès à l’information. Ma mission de VNU m’a donné une expérience de terrain que je n’avais pas eue auparavant. Cela a été vraiment l’occasion pour moi de mieux comprendre la complexité des problèmes de développement sur le terrain. Cette première expérience sur le terrain m’a énormément apporté. Elle m’a permis de découvrir la vision globale et générale de l’action de l’ONU dans un pays en développement. Le projet de « Formation aux droits humains, à la citoyenneté et à la démocratie locale » que j’ai suivi pour le Mali et le Burkina Faso lors de l’année passée à l’UNESCO m’a permis de mieux comprendre les besoins des populations concernant la formation à la citoyenneté. En effet, si les gens au Mali vont voter (le taux de participation aux dernières élections était particulièrement élevé), ils ne font pas toujours le lien entre le vote et le devoir que l’élu a envers eux. Les dirigeants des municipalités, les partis politiques, tout cela est bien en place, mais le citoyen moyen n’en comprend pas vraiment toujours les rouages. Heureusement, le Mali vient d’adopter un programme national de deux ans d’éducation à la citoyenneté très prometteur. Cependant il y a beaucoup de travail à faire parce que le fossé est large entre les dirigeants politiques à Bamako et la population et leurs élus locaux dans les villages en brousse. En fin de mission, je rentrerai en Belgique, d’abord pour récupérer parce que la tâche a été éprouvante, mais aussi pour parfaire ma formation et commencer un DES en droits humains à partir de septembre. Ensuite j’examinerai les possibilités de poursuivre une activité dans le domaine des droits humains, en Afrique, ou dans une autre région du monde. Pour terminer j’aimerais dire que dans un pays pauvre comme le Mali, le volontariat se concrétise avant tout par la solidarité qui existe entre les habitants, particulièrement prononcée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. |
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