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La protection des civils au Nord-Kivu
par Kristen Pétillon
Une Equipe conjointe de protection de la MONUC négocie le retrait de militaires d’un village situé dans le territoire de Walikale à l’est de la République démocratique du Congo. (Programme VNU)Etre volontaire VNU pour la Mission des Nations Unies en République du Congo (MONUC) est bien plus qu’un simple statut : c’est un engagement enrichissant sur le plan personnel et professionnel. J’ai pris mon poste de volontaire en septembre 2008 à la Section des Affaires Civiles du bureau de la MONUC à Goma au Nord-Kivu. J’aide la section à coordonner les missions des Equipes conjointes de protection (JPTs en anglais) dans le but d’améliorer la protection des civils en collaboration étroite avec les Casques bleus de la MONUC. Les équipes sont formées de collaborateurs des sections des affaires civiles, des droits de l’homme, de la protection de l’enfant, de l’information publique et des affaires politiques de la mission. Elles vont dans les localités à l’est où des groupes armés étrangers sont toujours présents et déterminent sur place les besoins des populations en matière de sécurité. Les informations qu’elles recueillent sur les tendances sécuritaires et les mouvements de population permettent à la mission de mettre en place des dispositifs de sécurité adaptés aux menaces potentielles auxquelles les civils sont confrontés. Ces dispositifs sont par exemple les alertes rapides qui utilisent les cellulaires et les messages textes. Les équipes patrouillent dans des régions isolées et difficiles d’accès, où elles s’installent avec une tente et un équipement sanitaire rudimentaire, souvent pour plusieurs jours. J’ai fait une mission de trois jours avec une Equipe conjointe de protection dans le territoire de Walikale où la MONUC venait d’installer une base mobile. Tout de suite après notre atterrissage, nous avons formé, avec les Casques bleus, une équipe de médiation pour empêcher une nouvelle attaque entre deux groupes armés congolais. L’un avait installé ses forces dans un village et l’autre menaçait d’y reprendre ses positions. Après plusieurs heures de négociation, nous avons réussi à séparer temporairement les deux armées tout en exigeant le retrait progressif des militaires du village et de deux enfants soldats enrôlés par l’une des armées. Ma première mission après l’attaque d’un village dans le territoire du Lubero m’a laissé un souvenir inoubliable. Nous sommes partis sur place, dès que l’alerte a été donnée. Il faisait nuit et depuis notre tente j’ai observé ces hommes, femmes et enfants qui se collaient contre notre équipe de peur d'une nouvelle attaque. Des rebelles étaient venus au village et ils avaient tué plusieurs des leurs et incendié des maisons. Ces familles avaient fui en emportant un minimum avec elles. Ce qui m’a frappé, a été de voir certains jouer de la musique et danser malgré le désarroi de la situation et aussi les enfants qui riaient sans vraiment comprendre ce qui se passait. J’ai appris beaucoup de choses cette nuit là, par exemple que notre présence pouvait à elle seule contribuer à mettre des personnes hors de danger et aussi qu’il faut savoir mettre ses émotions de côté dans des moments aussi intenses et difficiles que celui-ci. Les casques bleus ont patrouillé le village toute la nuit et, à l’aube, les familles ont pu rentrer chez elles. A ma connaissance, six volontaires VNU soutiennent les équipes conjointes de protection de manière régulière. La protection des civils est un défi permanent qui nécessite des ressources humaines et logistiques considérables. Volontaires VNU ou professionnels de la mission, nos tâches et difficultés sont les mêmes. Je fais intégralement partie de la MONUC et, comme mes autres collègues, j’aide la mission à remplir son mandat de protection des civils à l’est. En France, j’ai eu la chance de cultiver l’esprit volontaire grâce à une vie associative dynamique qui m’a beaucoup apporté en connaissances et rencontres. Un stage à l’ONU à New York et mon affectation de volontaire VNU à la MONUC ont apporté en plus le dévouement à la cause du développement et de la paix. |
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