« Le volontariat est essentiel à la cohésion sociale »

André Carvahlo, ancien collaborateur au siège du programme VNU à Bonn, lors de la célébration de la Journée internationale des Volontaires du 5 décembre, à Aboisso en Côte d’Ivoire. (Programme VNU)André Carvahlo, ancien collaborateur au siège du programme VNU à Bonn, lors de la célébration de la Journée internationale des Volontaires du 5 décembre, à Aboisso en Côte d’Ivoire. (Programme VNU)
05 août 2010

Abidjan, Côte d'Ivoire: Nathalie Siegrist, volontaire VNU suisse, rédige des articles d’information sur les volontaires VNU qui appuient l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Pour l’édition II/2010, elle a réalisé une interview avec le Directeur de pays du PNUD, M. André Carvalho sur l’importance du volontariat en Afrique, et plus précisément en Côte d’Ivoire. Voici ci-dessous les propos recueillis par la volontaire.

« Ce sont probablement les initiatives pour instaurer la paix sociale qui rencontrent le plus de succès parmi les différents projets de l’agence du PNUD, selon M. Carvalho. A ce titre, les Mille Micro Projets de lutte contre la pauvreté représentent quelque chose de concret pour les communautés.

L’ONUCI et le PNUD ainsi que différents partenaires internationaux et nationaux ont évalué et cofinancé des microprojets ayant trait à l’agriculture, l’élevage, la pêche, la mécanique, le maraîchage, le bâtiment, la restauration. A travers ces microprojets, des ex-combattants démobilisés, des membres de milices ou groupes d’auto-défense démobilisés, des jeunes à risques ainsi que des femmes et des enfants associés aux groupes armés ont retrouvé une activité économique normale.

« Grâce à ce genre de projets, les personnes se rendent comptent qu’elles peuvent résoudre leurs problèmes par elles-mêmes, en tant qu’agents de changement », explique M. Carvalho. Cela permet aussi aux gens de se revaloriser et de dire : « aujourd’hui je suis quelqu’un car je vais au travail », souligne-t-il.

L’année internationale de la jeunesse en 2010 est l’occasion de parler d’une population que le PNUD a depuis longtemps pris en considération dans ses projets : « Le problème en Côte d’Ivoire n’est pas un problème identitaire Nord/Sud contrairement à ce qu’on dit. Le problème majeur de ce pays c’est l’emploi des jeunes », avertit M. Carvalho.

Grâce à des financements gouvernementaux espagnols et norvégiens entre autres, de grands chantiers de réinsertion professionnelle des jeunes ont pu être entrepris par le PNUD à Bouake, Bassam, Korhogo et autour d’Abidjan essentiellement. C’est que l’exode rural est fort et les jeunes viennent tenter leur chance dans la capitale économique du pays.

Une jeunesse que M. Carvalho essaye d’encourager aussi à d’autres niveaux du programme du PNUD, notamment en soutenant des associations de volontaires étudiants dans leurs projets de lutte et sensibilisation contre la corruption : « Les jeunes ivoiriens veulent une autre image que celle de leurs aînés, ils veulent se défaire d’une image de corruption. Et ils le font à travers le volontariat justement. »

L’élan volontaire se développe affirme le Directeur, il manque cependant un « champion », un jeune leader au niveau du gouvernement du pays ; une personne qui pourrait ouvrir la voie. Il manque aussi un système national de volontariat. A défaut de programme national de volontaires, le PNUD a cependant lancé un projet pilote de volontaires nationaux ivoiriens à petite échelle. Le HCR fait face en effet à un nombre conséquent de déplacés internes et a émis le besoin de faire recours à des volontaires ivoiriens pour venir en aide aux déplacés.

Personne mieux que des volontaires ivoiriens ne connait les réalités locales de ce pays et de sa population. Le PNUD et le programme VNU ont donc lancé ce projet pilote de volontaires nationaux pour le HCR. C’est donc quelqu’un de foncièrement convaincu de l’utilité du volontariat pour le développement que nous avons rencontré en la personne de M. Carvalho.

Car dans une société ivoirienne très affectée par les conflits, le besoin de recimenter la société, de réapprendre à vivre ensemble est urgent et doit se faire au travers de valeurs essentielles : « La Côte d’ Ivoire a véritablement toutes les richesses nécessaires pour se développer.

Ce qu’il faut maintenant c’est de la solidarité pour réinsérer les laissés pour- compte. Le volontariat c’est le don de soi, c’est le meilleur moyen d’exprimer sa solidarité. »

 

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)