Le Volontariat : Expérience et Réalités
par Adama Daou

21 septembre 2006

Dans la quiétude du voyage qui m’emmène vers la République du Cap-Vert, je vis déjà les premières heures d’un volontaire. Je quitte provisoirement le Mali comme un soldat qui rejoint son poste, je médite sur le Cap-Vert, ses réalités, sa culture et dans quelle atmosphère je vais travailler. Très vite, la fierté et l’engagement dominent les émotions. J’imagine déjà les scénarios les plus parfaits pour relever des défis que j’ignore encore. Mon capital d’expérience sur l’Environnement me donne l’espoir de faire avancer le portefeuille du Programme Environnement du bureau de pays du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
 
Le premier contact avec le bureau de pays se révèle encourageant : accueil chaleureux du Représentant Résident du PNUD, le ton est donné, on rappelle que la Coopération Luxembourgeoise finance intégralement ma mission de volontaire des Nations Unies au Cap-Vert. Elle a pour but d’appuyer l’action du PNUD pour l’Environnement par la mobilisation de volontaires. Les enjeux, les défis à relever, et surtout, les attentes par rapport au poste de volontaire VNU spécialiste de l’Environnement sont passés en revue. Je mesure l’ampleur de ces nouvelles responsabiltés et la marque de confiance m’impose déjà le devoir de réussir.

Affecté à l’Unité de Pauvreté et Environnement, au début mon quotidien se résume à parcourir la documentation disponible sur les défis environnementaux du pays, les actions initiées et les projections dans ce domaine. Le processus de planification marque l’étape active de mon rôle de volontaire. L’apport en tant que volontaire au cours de cet exercice est significatif certes, mais le processus participatif et les étapes qui aboutissent aux produits me semble plus pertinents. Ma perspectice des questions environnementales a changé, je réalise que dans un contexte de developpement durable ces questions doivent être abordées de façon globale surtout dans un pays comme le Cap-Vert, où l’Environnement est un facteur important du développement.

L’environnement s’est considérablement dégradé ces dernières années sous l’effet du défrichage et des cultures intensives pratiquées sur les terres de faible rendement, laissant les collectivités aux prises avec le déboisement, l’érosion et la dégradation de leurs terres agricoles. Face à cette crise écologique, de jeunes volontaires se mobilisent sous les activités du projet « Jeunes et Environnement » financé par le PNUD et le programme VNU pour préserver la durabilité économique et écologique de leur communauté. Le projet réalise des activités de préservation et de réhabilitation de l'environnement urbain et rural  en mobilisant de jeunes chômeurs et en améliorant le cadre de vie  tout en créant des emplois durables. Rien que dans six municipalités de l’île de Santiago, des jeunes ont monté près d’une quarantaine de projets qui rétablissent l'élevage de porcs, des lapins, l'aviculture, l'agriculture, l'horticulture, la pêche artisanale, le recyclage de déchets et la recupération de meubles anciens.

Le Cap-Vert a été le premier pays engagé dans la réforme du Système des Nations Unies. C’est ici qu’a été créé le premier Bureau conjoint des agences de l’ONU afin de renforcer l’impact de leurs interventions. Cette représentation unique regroupe le PNUD, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), et le Fond des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF). C’est une chance unique pour moi, la volontaire, de participer à cette première expérience. L’ambition est forte et très vite l’engagement de tous permet de mettre en place cette réforme avec une vision plus efficace d’aider les partenaires et surtout l’intégration des compétences des différentes agences des Nations Unies. La nouvelle structure de bureau a suscité de nouveaux placements de volontaires VNU au sein des unités : une reconnaissance de la valeur ajoutée du volontariat.

Quelle est la valeur ajoutée d’un volontaire VNU ? Pas d’unité de mesure, mais des indicateurs sur la qualité des appuis et des contributions dans le suivi et le développement des projets, l’expertise et l’approche dans la mobilisation des ressources. Dans le domaine de l’environnement, contribuer à la formation, à l’appui méthologique, la technique des partenaires, que sont les institutions, les populations, les jeunes, la société civile pour prendre en charge la gestion durable de leur ressources naturelles, représente pour moi une valeur inestimable.

Mon expérience de volontaire VNU a été aussi soumise à des défis et contraintes au quotidien, d’abord la maîtrise de nouveaux concepts, les méthodes de travail, la communication en portugais avec les partenaires nationaux, leur rythme de travail. Tout cela a été très utile pour moi, j’en tire des leçons : les conseils et l’appui des collègues du programme VNU est capital dans le travail du volontaire, et aussi pour surmonter certaines difficultés. L’écoute, le savoir-faire et l’expérience des supérieurs facilitent la compréhension des besoins et priorités des partenaires. Le volontariat c’est aussi un avantage : celui de renforcer ses connaissances, de se former auprès des autres.

Le volontariat exige l’amour de ce que l’on fait, de la patience, une adaptation et un capital de confiance des autres.  Je suis convaincu que le chemin de retour sera plus comblé de bons souvenirs et d’une riche expérience.

Le programme VNU est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)